Posté en tant qu’invité par Points sur les i:
Il y en a un sur ce forum qui a la tête à zéro.
Quand tu vas dans une voie et que tu constates que l’équipement, l’itinéraire ou quoi que ce soit d’autre ne correspond pas à la description qui en est faite, il est normal et même nécessaire de le signaler aux petits camarades. Il n’y a pas que des grenouilles françaises ou des Aixois qui ont le droit de fréquenter la Sainte, et même parmi ceux-ci il y en a qui ont le droit, notamment les plus jeunes, de ne pas savoir lire entre les lignes ni savoir que tel ouvreur, il y a 20 ou 30 ans, avait pour habitude d’ouvrir de telle ou telle manière. La petite gloriole personnelle qui revient à dire « moi je sais, je suis un happy few » est débile : il n’y a aucune honte à dire explicitement qu’une voie à un équipement craignos. Ensuite, libre à chacun d’y aller (et de se poser les bonnes questions au pied de la voie et d’ouvrir les yeux, sur cela je rejoins petit Toto).
Ensuite, pas de mythologie sur le respect de la volonté des ouvreurs.
Du TA qui passe uniquement sur coinceurs permet de maintenir à l’identique le caractère de la voie et la composante psychologique de l’ascension des ouvreurs. Du TA où les ouvreurs ont posés des spits signifie que les ouvreurs ont pensés nécessaire de protéger la viande dans les passages où ils ont posés des spits. Quand 20 ans après les spits ne protègent plus le passage parce qu’ils sont HS, ou même qu’ils ont été arrachés … et bien c’est ne plus respecter plus le caractère de la voie que de ne pas la maintenir rééquipée à neuf et l’identique.
Si on veut respecter l’ouvreur et le caractère de la voie, et bien on doit justement avoir le droit d’arracher le spit ancien et d’en mettre un nouveau, ou de sortir le piton rouillé pour en remettre un neuf. Si on va au bout de la logique du maintient dans le jus originel, on ne devrait même pas avoir le droit de toucher à la moindre sangle laissée en place.
A titre perso, et je l’assume, un point HS et rouillé je n’hésite pas quand c’est possible à le faire sauter et à remplacer par un point neuf.
Dans des couennes, c’est pareil. Le mec qui a ouvert du 7c engagé sur spit de 8 en 1988 savait tout de même, au moment de l’ouverture, que les spits allaient tenir. 22 ans plus tard, ce n’est pas respecter son oeuvre que de laisser la voie pourrir dans son jus avec des chevilles rouillées qui s’arrachent sous 250 kg. C’est de ne pas rééquiper la voie à l’identique mais avec des points neufs (= solides) qui est revient à dénaturer le caractère de la voie.
Quand La Demande a été ouverte, il y avait des cades et des buis partout dans la voie pour se protéger. 30 ans après, il n’y en a presque plus. Pour respecter le caractère d’origine de la voie, il est donc normal de mettre des points là où les mecs pouvaient protéger et là où aujourd’hui c’est impossible, même avec coinceurs. C’est globalement ce qui a été fait. Y’en a que ça gêne : et bien qu’ils aillent ouvrir des voies ailleurs !
Enfin, pas de mythologie sur la signification du TA ou la prise de risque.
Jouer le cador de bistrot comme le petit Toto est une posture imbécile. Le petit Toto fera dans sa culotte comme les autres une fois à 5m au dessus du spit rouillé ou de la plaquette arrachée, à l’endroit même où le grand Guyomard avait justement jugé nécessaire de protéger le passage. Petit Toto n’est pas un grand homme ou un homme respectable parce qu’il a fait des voies qui ont pourri dans leurs jus, ce n’est pas parce qu’il a su surmonter des risques ou sa peur que sa valeur personnelle et sociale s’en trouve augmentée.