Place et avenir du Terrain d'Aventure

[quote=Dam]J’suis pas trop d’accord avec cette phrase.
Avant de dire qu’il y a « de moins en moins/pas assez/plus » de « trad/engagement/ta » il faut deja faire toutes celles qui existent …
Des dizaines (centaines?) dans le seul site du Verdon, Beldonne et Chartreuse en sont truff’ees, des dizaines a Presles, et dans les calanques …, et je ne parle meme pas de la montagne.

Alors Non ca ne manque pas. Il suffit d’en avoir envie et de chercher un tout petit peu hors des sentiers battus.[/quote]
Je pense que Circus faisait clairement référence au massif du Caroux qui est un des grands site de TA du Sud Ouest en dehors des pyrénés et où l’on peut grimper toute l’année.
Le peu de réponse que j’ai eut pour le moment sur le plan d’équipement sont très (trop !) vague…
Si je dois faire au minimum 200 km pour aller faire du TA, non seulement ça va douiller sur le budget grimpe mais bonjour aussi l’aspect écolo. Pour peu que j’arrive et et que je trouve la voie entièrement spitée, je risque de faire un malheur…

Le problème c’est qu’il ne faut pas se faire d’illusion : l’escalade sportive gagne du terrain sur la TA et empiete sur lesplates-bandes de ce dernier.

On est d’accord !

Posté en tant qu’invité par tetof:

[quote=Dam]J’suis pas trop d’accord avec cette phrase.
Avant de dire qu’il y a « de moins en moins/pas assez/plus » de « trad/engagement/ta » il faut deja faire toutes celles qui existent …
Des dizaines (centaines?) dans le seul site du Verdon, Beldonne et Chartreuse en sont truff’ees, des dizaines a Presles, et dans les calanques …, et je ne parle meme pas de la montagne.

Alors Non ca ne manque pas. Il suffit d’en avoir envie et de chercher un tout petit peu hors des sentiers battus.[/quote]
Sauf que Circus parlait du Caroux. Par ailleurs, pourquoi faudrait il sortir des senties battus pour faire autre chose que de la grimpe sportive !
Ayant pratiqué aux USA, j’ai pris plaisir à grimper dans des méga classiques vieilles de 30-50ans, en très bon rocher, avec peu d’approches, sans y trouver de goujons.
C’était un vrai plaisir et je ne comprends pas pourquoi en France il faudrait nécessairement sortir des sentiers battus pour faire la même chose.

Les arguments concernant la protection du rocher en mettant des goujons fait un peu rire. Nous ne sommes pas sur le Grès fragile du Wadi Rum ou dans les classiques du Yosemite.
Ok, cela peut être ponctuellement une solution à un problème bien précis. Mais qu’elle est le % de goujons placés pour cette raison dans les classiques de Chartreuses ? 0,1 % 1% ?

C’est la voie qui est aseptisée, c’est à dire nettoyée, les rochers douteux sont retirés et des protections permanentes aussi fiables que possibles (des spits quoi) sont placées. Un bon coinceur bien placé ça tient bien sur, mais le problème c’est qu’on ne parvient pas toujours à bien le placer donc à avoir une voie aseptisée (même si tu lustres tes friends)

Salut à tous,

J’ai appris à grimper en France, sur goujons, et je me suis mis aux coinceurs quand j’ai voulu faire des trucs un peu plus dure en montagne (où les sangles ne suffisaient plus). J’ai pu trouver facilement des falaises équipées de goujons où je pouvais également placer mes propres protections et ainsi apprendre en toute sécurité à évaluer mes placement. Depuis, je suis allé en Argentine et j’ai découvert que la grimpe sur coinceurs pouvait être autre chose qu’un « entrainement » pour l’alpinisme.

Quand on grimpe sur goujons, on lis la voie à l’avance pour deviner les mouvements et optimiser l’ascension. Dans le « trad. », on doit également (en plus des mouvements) penser à sa stratégie de protection: voir où on pourra placer tel ou tel coinceur/friend/sangle etc. Je trouve cette dimension tactique intéressante et elle fait en grande partie l’attrait du « trad. » à mes yeux, que ce soit en voies de une ou plusieurs longueurs.

Le « trad » offre également un défi physique/gestuel intéressant, celui d’optimiser la pose de la protection quand on est dans une position délicate ou dure à tenir (il faut plus de résistance que pour clipper une dégaine). Découvrir que le « crux » d’une voie c’est de mettre le friend, et pas de faire tel ou tel pas… ça veut dire que savoir choisir et placer rapidement la bonne pièce devient une compétence clé du grimpeur de trad., quelque chose qu’on peut travailler et améliorer au même titre que son placement de pied ou sa capacité à tenir les reglettes!

Tout ça ne m’empêche pas de m’éclater en grimpant sur goujons. Les deux facettes de l’escalade (et toutes les situations intermédiaires du type voies sur pitons, à compléter etc.) m’inspirent dans la mesure où elle mettent à défi le physique, la gestuelle et le mental.

Concernant l’avenir du « trad. » en France, je dois avouer qu’en dehors du Caroux, je ne connais aucune « falaise de trad. » comme on en trouve en Argentine ou aux USA (par exemple les Gunks comme l’explique Tetof). Je trouve ça dommage que faire des voies en trad. oblige soit à attendre l’été pour aller en haute montagne, soit à jouer au sanglier pour passer avant les équipeurs et leurs goujons sur des sites non répertoriés (et devoir éventuellement souffrir du mauvais rocher etc.). D’un autre coté, je reconnais que le goujon « démocratise » la grimpe dans la mesure où l’investissement initial pour débuter en tête est tout de même plus accessible.

Bref, comme pour beaucoup de choses ici bas, tout est dans l’équilibre entre la liberté de faire du trad. si on le souhaite et l’égalité d’accès qu’offre les voies sur goujons. Et vous allez me dire… la fraternité dans tout ça?

Fabien

Posté en tant qu’invité par maël:

pas de trace, c’est vite dit… je reviens juste d’Indian Creek, 10 ans après avoir fait mes premières envolées verticales là-bas lors d’un séjour universitaire…
quelques constatations:

  • Les crux des voies de « sport-trad » sont devenus très facilement repérables à cause de l’érosion des fissures, provoquée par l’arrachement des cames sur ce grès si fragile. C’est à un point tel que quand tu discutes avec les locaux, ils sont presque prêts à équiper ces crux à demeure, pour sauvegarder les fissures, et leur droit de grimper face au lobby des assurances qui en ont marre de compter les cartons…

  • Chez les jeunes grimpeurs, la plupart préfèrent rester dans les gym(=SAE) ou faire du bloc, faute de moyen pour acheter toute la quincaillerie et d’envie de s’exposer sans connaissance (un friend mal placé ou trop loin dans ces fissures s’arrache ou casse, la sanction est rapide et amère). les autres acceptent de subir ces ‹ gear failure › et que le temps de récupération de leurs blessures fasse partie de l’apprentissage.

Tu ne perces pas le rocher et le modifie donc moins, mais uniquement si tu les laisses à demeure, sinon c’est pire.

Posté en tant qu’invité par tetof:

Ca ne m’étonne pas. J’ai toujours été étonné que le Trad existe au USA. La culture Trad avec sa prise de risque me semble vraiment très très éloigné de la culture de l’américain moyen.
En France, il existe également un décalage entre la culture Alpine de la prise de risque et la culture du français moyen. Néanmoins, j’ai l’impression que le décalage est moins important qu’au USA. La France (et l’Europe) sont des pays ou des Alpinistes ont fait des « grandes » carrières politiques. Ca me semble impossible au USA.
C’est d’ailleurs très paradoxale que la France avec Chamonix et son plus jeune cimetière de France/d’Europe soit à la pointe de l’aseptisation des pratiques grimpantes.
A quelques exceptions près, les pratiques/pratiquant Européens prennent plus de risques que les pratiques/pratiquant Américains. Les bigs walls Yosemitiques sur coinceurs impressionnent la galerie. Mais, il y a moins de mort à Yosemite en 50 ans qu’à Chamonix en 1 été.
.

Là tu confonds les pratiques, en France également il y a nettement moins de morts en escalade qu’en alpinisme. Ce qui cause les morts en alpinisme c’est la neige, la glace, la météo, etc… et beaucoup plus rarement la rupture d’un point en escalade rocheuse sur coinceurs. Comparerais tu le nombre de morts en alpinisme aux US avec le nombre de morts en escalade rocheuse en France ?

On a beau dire ce qu’on veut, on ne grimpe pas pareil au dessus d’un piton (meme un bon) qu’au dessus d’un spit. Je parle pas de logique analytique mais de ressenti. Peu importe l’analyse objective, j’ai presque toujours plus peur de tomber sur un piton que sur un spit de 10 ou 12. Et je pense que c’est le cas de beaucoup de gens. Elle est la la difference entre une vieille voie et une vieille voie r’e’equip’ee.

[quote=BadaBoum]Je n’ai jamais vu ni même surpris au loin, quelqu’un nettoyer un spit.
Par contre coinceurs, friends, crochets, pitons, plombs sont eux choyés, lustrés etc. = ASEPTISÉS quoi.[/quote]
Si on ne chipotte pas on peu dire que dans 95 % des cas un spit est un point qui ne risque pas de s’arracher.
Un coinceur ou coinceur mecanique ou piton a plus de chance que ca de s’arracher (d’autant plus qu’il n’est pas toujours place au mieux).

C’est ca qu’on entend par asceptise. Le fait que les points ne risquent pas de s’arracher. Rien a voir avec le fait que le materiel brille et soit bien huil’e. Hors sujet. 0/20. Vous repasserez l’annee prochaine …

Ok j’avais pas compris. Je connais pas le Carroux. Donc je ne sais pas ce qu’il en est la bas.

Posté en tant qu’invité par tetof:

J2, je ne confonds rien.
Je parle globalement de la prise de risque dans les activités grimpantes.
Le Trad/coinceur est à la culture grimpante US ce qu’est l’alpinisme/piolet à la culture grimpante Française.

Lynn Hill a démarré en posant des coinceurs alors que Destivel a démarré avec son piolet. C’est 2 femmes arrivées au sommet de l’escalade de compétition sont représentatives des 2 cultures grimpantes.

Un massif du Mont Blanc avec quelques dizaines de morts tous les été ne pourrait pas exister au USA. La culture Riquains refuserait cela. La pratique de l’Alpinisme serait interdi dans le Grand Teton National Parc s’il y avait autant de mort qu’à Chamonix.

Chamonix revendique son statut de capitale mondiale de l’Alpinisme. La taille de son cimetière donne amplement raison à Chamonix.

ah ben ça alors ! il me semble pourtant que tu nous faisait tout un pataquès l’autre jour à propos des gros risque en cas de chute et de rupture de point …
Tu me vois ravis de te voir revenu à la raison J2 :wink:

Salut Christophe, je te rejoins sur la différence globale de culture entre les US et l’Europe. Ceci dit, j’ai vraiment l’impression qu’ici (aux US) la communauté grimpante est très nettement détachée de la société dans son ensemble. Les américains avec qui je pratique ne me paraissent vraiment pas représentatifs de l’américain moyen. Donc in fine je ne suis pas certain qu’il y ait une différence notable dans la façon dont les grimpeurs appréhendent le risque aux US et en Europe. Ceci explique peut être le fort développement du Trad aux US, pour pallier l’absence de pratique alpine dans de nombreux coins de cet immense pays.

Posté en tant qu’invité par Bravo:

pas de trace, c’est vite dit… je reviens juste d’Indian Creek, 10 ans après avoir fait mes premières envolées verticales là-bas lors d’un séjour universitaire…
quelques constatations:

  • Les crux des voies de « sport-trad » sont devenus très facilement repérables à cause de l’érosion des fissures, provoquée par l’arrachement des cames sur ce grès si fragile. C’est à un point tel que quand tu discutes avec les locaux, ils sont presque prêts à équiper ces crux à demeure, pour sauvegarder les fissures, et leur droit de grimper face au lobby des assurances qui en ont marre de compter les cartons…

  • Chez les jeunes grimpeurs, la plupart préfèrent rester dans les gym(=SAE) ou faire du bloc, faute de moyen pour acheter toute la quincaillerie et d’envie de s’exposer sans connaissance (un friend mal placé ou trop loin dans ces fissures s’arrache ou casse, la sanction est rapide et amère). les autres acceptent de subir ces ‹ gear failure › et que le temps de récupération de leurs blessures fasse partie de l’apprentissage.[/quote]

  • one (comme on dit en anglais)
    Là, le constat est sans appel possible. (comme on dit en français)
    Bravo Maël. (comme on dit internationalement)
    Complètement d’accord, la grimpe asseptisée (j’entends celle qui utilise les friends « huilés » et autres coinceurs néttoyés à l’alcool) fait des dégâts en fissure,
    et accessoirement fait des fissures en des gars.
    Si à chaque plombs, on risque de passer 1 mois à l’hosto, ça fait cher le vol, je comprends les compagnies d’assurances, tu m’étonnes, mais l’engagement est une valeur si valorisante de valorisation de soi…
    Après tout, si les gars aiment signer de leur noms les plâtres qu’ils ont, pourquoi pas. Il faut bien que jeunesse se casse.

Si tu trouves qu’il y a une contradiction dans mes propos c’est que tu ne sais pas lire. Quelle contradiction trouves tu quand je dis que la rupture d’un point est souvent très dangereuse et quand je dis que la rupture d’un point est rare ?

Posté en tant qu’invité par ptitkiki:

BlablabalaBlablabalaBlablabalaBlablabala et encore BlablabalaBlablabalaBlablabalaBlablabalaBlablabala et que de charabia.

Fait un copié-collé des innombrables discours (soporifiques) qui existent sur ce sujet depuis la création du site et vous aurez une véritable idée de ce qu’est le terrain d’aventure :

une aventure verbale sans intérêts permettant de se défouler derrière son clavier.

ps. Ne pas oublier de relancer cette rubrique dans un an quand le sujet se sera épuisé de lui même.

on t’a pas oblige a lire ptitkiki …

???
J’ai beaucoup de mal à comprendre ce que tu veux dire par là.
En France l’alpinisme/piolet me semble concerner bien moins de monde que l’escalade sportive, ne serait-ce que parce qu’elle reste très limitée dans l’espace.
Voudrais tu dire que la grimpe sur coinceurs est peu pratiquée aux US alors que je m’etais bêtement laissé dire que c’était la forme de grimpe la plus courante sur rocher et que les voies spitées étaient rares ? Ils grimpent où alors ? En salle ? Ou alors tu as voulu dire, mais je n’en ai pas l’impression, qu’il faisaient plus d’alpinisme/piolet que de grimpe sur rocher alors qu’en France c’est le contraire ?

Jolie deformation …
Il voulait dire que « La Montagne » la bas c’est cette escalade dite « trad » alors qu’ici « La Montagne » c’est l’alpinisme.
Dans l’esprit du citoyen moyen s’entend.

Posté en tant qu’invité par tetof:

Relis l’exemple comparatif Lynn Hill et Catherine Destivel. C’est 2 femmes ont été les meilleures au monde en escalade sportive et en compétition. On pourrait même dire qu’elles ont un peu inventé le genre.

Regarde leurs histoires et tu comprendras la différence dans l’histoire des pratiques grimpantes francaise et américaine. Historiquement, le grimpeur américain vient du rocher du Yosemite alors que le grimpeur francais vient de l’alpinisme.