Place et avenir du Terrain d'Aventure

Pour faire suite à une discussion sur un éventuel (troll ?) équipement du massif du Caroux, je lance ce sondage pour introduire une réflexion sur la place et le devenir du terrain d’aventure, notamment en France.
Quelles valeurs, quelles opportunités, quels risques, est il souhaitable de promouvoir le TA et si oui comment ?

Comme le sujet est passionnant et donc souvent passionné, essayons de rester dans la cordialité, qui n’est pas pour nuire à la richesse des débats.

Petite lecture en amuse bouche : http://www.escalademag.com/index.php?option=com_content&task=view&id=949&Itemid=55

Merci

NB : on peut choisir plusieurs réponses.

Bon ben j’ai répondu 1 et 4…

1 car j’en connais qui frustrés de ne pas être au top en escalade sportive, prennent leur pieds en TA (où il y a moins de monde pour les voir tirer au clous :rolleyes: ) et se permettent de « toujours » critiquer ceux qui font de l’escalade sportive… sous prétexte que c’est moins ceci, moins cela… que c’est pas ça « l’escalade »…
Enfin, toujours les mêmes rengaines :frowning:

[quote=Mö]1 car j’en connais qui frustrés de ne pas être au top en escalade sportive, prennent leur pieds en TA (où il y a moins de monde pour les voir tirer au clous ) et se permettent de « toujours » critiquer ceux qui font de l’escalade sportive… sous prétexte que c’est moins ceci, moins cela… que c’est pas ça « l’escalade »…
Enfin, toujours les mêmes rengaines sad[/quote]
Ça existe certainement, comme la réciproque aussi probablement.
Un peu comme l’opposition alpinisme/escalade, pourtant je ne trouve pas nécessaire de tout opposer ou hiérarchiser.

Déjà pas mal de réponses au sondage, ce serait sympa d’avoir aussi des commentaires, non pas pour déclencher une guerre de religion, mais pour connaître les différentes approches et sensibilités personnelles.

[quote=Gepi]Ça existe certainement, comme la réciproque aussi probablement.
Un peu comme l’opposition alpinisme/escalade, pourtant je ne trouve pas nécessaire de tout opposer ou hiérarchiser.[/quote]
Exactement.
Le top restant encore de pratiquer un maximum de pratiques (!) tout en respectant les choix et/ou « obligations » de ceux qui font autrement.
Comme les grimpeurs qui restent en salle… c’est certainement domage (pour eux surtout) mais bon, s’ils y trouvent ce qu’ils cherchent…!

Posté en tant qu’invité par Guilhem:

Le « Terrain d’av »? … C’est surtout une des pratiques de la grimpe qui démontre que ce sport est avant tout une histoire de liberté et de nature… Pour moi qui pratique avec autant de plaisir le bourrinage sécurit dans les couennes concrétionnées de 25m et voies classiques sur coinceurs, je crois qu’au même titre que l’équipement (même sur goujons de 12), le « Trad » est un moyen d’expression personnelle et de créativité. Grimper où on veut… choisir son itinéraire… ouvrir dans l’inconnu… gérer l’aspect psycho… l’incertitude… bref,le début de l’aventure … ce qui procure un plaisir de liberté que l’on ne peut pas retrouver en couenne si ce n’est peut être lorsqu’on ouvre une nouvelle voie dans un spot secret (?)…

L’avenir? J’espère que nous serons assez intelligents pour conserver des espaces de pratiques variées… histoire de pouvoir vivre un peu d’aventure sans être obligés de partir à l’autre bout du monde…

Manque une option en ce qui me concerne : « juste une autre facette de l’escalade »

OK, je l’ajouterai lors du bilan du sondage, merci pour ton avis.

Je l’espère aussi, et merci pour ton témoignage.
Comme toi et Mö je préférerais garder la possibilité de menus avec fromage ET dessert, mais si la pratique du TA venait en tomber en désuétude alors on entrerait (déjà ?) dans un cercle vicieux :
Peu de personnes pour partager et transmettre les richesses d’une pratique et donc encore plus de rééquipements (en pensant bien faire) faisant disparaître les derniers lieux de pratique, sous la demande du nombre croissant de licenciés.

J.Marc a montré comment son club promouvait localement le TA, mais au niveau national existe t-il une coordination ou un débat structuré sur ce sujet, que dit la fédé ?

Voilà ce que l’on trouve dans la charte de l’équipeur de la FFME : http://www.ffme.fr/texte/ffme/charte-equipeur.pdf
« […]
• Le rééquipement des anciennes voies régulièrement parcourues doit, soit se
faire à l’identique (remplacement des ancrages vétustes), soit en respectant
au maximum l’engagement antérieur (même nombre total d’ancrages dans
chaque longueur). Cette exigence doit être modérée dans le cas de voies de
niveau moyen peu nombreuses dans un massif où il est impossible d’en
ouvrir d’autres du même niveau.
• Laisser délibérément en l’état les grands terrains d’aventure.
• Respecter la classification du site : site sportif, terrain d’aventure, blocs.
[…] »

Ça vous paraît adapté, suffisant, respecté ?

Posté en tant qu’invité par Balthasar au hasard:

Salut,
pour ma part j’ai répondu « une pratique respectueuse » et « une recherche d’autonomie … » mais en réalité je ne me reconnaît totalement dans aucune de ces 2 propositions. Pour moi le TA c’est tout simplement la pratique d’une gestuelle (l’escalade) dans un cadre (la montagne) afin de parcourir des itinéraires (pas forcément les plus simples ni les plus logiques) conduisant à un sommet. Je suis bien conscient que c’est réducteur car cela ne prend pas en compte la grimpe en falaise non équipée. Je découvre en ce moment cette dernière activité étant exilé dans le NE des Etats Unis. C’est très intéressant et plaisant et c’est aussi un très bon entraînement pour la montagne car on va en libre dans des longueurs dures où en montagne je n’hésiterais pas une seule seconde à passer en artif. Mais pour moi cela reste une activité différente de la pratique du TA en montagne, d’ailleurs ici aux US ils ont un nom spécial pour la désigner (Trad climbing).

Je pense très sincèrement que pour ce qui est de la montagne il n’y a pas de soucis à ce faire. Peu seront motivés pour marcher des heures avant de pourvoir grimper des voies équipées. Sans compter que l’équipement de voies longues en montagne est une galère très gourmande en temps. D’ailleurs on voit bien que les tentatives des années 90 (face N du pic sans nom, face S du pavé, face W des petites Jorasses …) n’ont pas fait tant d’émules que cela. Et puis il restera toujours de la place, même dans les parois où des voies équipées ont vu le jour. Par exemple, ça ne me dit absolument rien d’aller faire « Aurore Nucléaire » par contre la George-Russemberger oui et la présence d’« aurore » ne me dérange pas car elle n’interfère pas avec la voie historique (c’est à dire elle n’enlève rien à son engagement …).

Le Proto.

Je n’attendais pas une définition, alors c’est un peu réducteur, mais tu réponds bien à la question de ce que le TA est pour toi.

Ce sont les aspects spécifiques à cette activité avec ses côtés plaisants qui me paraissent intéressant à connaître et faire connaître. On voit en tout cas que tout le monde ne va pas y chercher ou y trouver la même chose. Ta sensibilité semble celle de l’alpiniste, l’intérêt que tu trouves dans le trad est il suffisamment motivant en dehors de l’entraînement à l’alpinisme qu’il représente ?

Tu as probablement raison, mais j’ai l’impression que l’interrogation demeure pour l’escalade en falaises non équipées.

Merci pour ton témoignage.

Ce sont les aspects spécifiques à cette activité avec ses côtés plaisants qui me paraissent intéressant à connaître et faire connaître. On voit en tout cas que tout le monde ne va pas y chercher ou y trouver la même chose. Ta sensibilité semble celle de l’alpiniste, l’intérêt que tu trouves dans le trad est il suffisamment motivant en dehors de l’entraînement à l’alpinisme qu’il représente ?[/quote]
Ma sensibilité est en effet celle de l’alpinisme. Je pense que l’activité en tant que telle est intéressante au delà de l’aspect « entraînement ou substitut ». On y retrouve la gestuelle (placement des protection), la gestion du stress et l’engagement. Comme de surcroît l’activité en elle même (le fait de grimper) me plaît, au final cela fait une pratique très intéressante. Cela dit, à choisir entre une sortie Trad en falaise et une course d’alpinisme en montagne je n’hésiterais pas une seconde et pencherait pour la deuxième option. Pour en revenir au « Trad », c’est intéressant de voir qu’ici (aux US) c’est une pratique en soi, au même titre que le sport climbing. Je pense qu’il y a une proportion importante de pratiquant qui ne viennent pas de l’alpinisme mais plutôt du milieu de la grimpe. Cela provient peut être en partie de l’absence de montagnes dans certaines zones du pays.

Tu as probablement raison, mais j’ai l’impression que l’interrogation demeure pour l’escalade en falaises non équipées.[/quote]
C’est difficile de se rendre compte pour moi car c’est une pratique à laquelle je n’ai jamais vraiment songé en France. Ceci dit on conçoit bien en effet que la pression de l’escalade sportive soit nettement plus forte en falaise qu’en montagne. As tu une idée de la taille de la communauté « Trad » en France ? Où le Trad se pratique t il préférentiellement ? Dans des sites où sport et trad se côtoient ?

ITA devrait reprendre du poil de la bête et devenir une assos avec des statuts… Il faut relaner le noyautage des CAF et FFME !!!

Non, je n’ai pas d’idée précise sur ces données, mais très peu à mon avis. Il suffit de regarder le forum « partenaires » ou le site de la fédé qui ne compte pas de rubrique TA/Trad (je n’ai pas trouvé) pour s’en convaincre.
Le nombre de sites où il est pratiqué est de quelques pour-cents, combien ? Environ 4%, chiffre à corriger si je me trompe.

ITA ? C’est le groupuscule qui a par exemple stupidement déséquipé la traversée des Dents de Lanfons ?

Je ne réponds pas au sondage, je ne m’y retrouve pas. A peu près tout me semble vrai et faux.

En tout cas ce que j’entends le plus au sujet du TA, c’est que c’est le coût de l’équipement qui est le principal frein.

4ème réponse pour moi aussi.
L’escalade en TA est celle qui me rend le plus autonome, celle qui me donne vraiment l’impression d’avoir maîtrisé une voie dans sa totalité (gestuelle, sécurité, itinéraire) - même si je sais que je marche dans les pas des ouvreurs.
Mais venant de l’alpinisme, cet engouement est assez logique (et c’est assez tardivement que j’ai pris plaisir à l’escalade sportive pour elle-même).

Pour les grimpeurs issus de la salle ou de la falaise sportive, la démarche est moins logique : pourquoi supprimer ces ancrages si pratiques qui permettent d’oser les pas les plus fous sans craindre pour sa sécurité ? Aucun discours, aucune belle photo ne remplacera l’essai sur le terrain.

Alors pour promouvoir le TA, en théorie c’est simple : il faut des sites, et des gens motivés qui en entraînent d’autres (comme les sorties ou stages que nous organisons dans notre club à Strasbourg, mais ça peut se faire aussi entre potes).

En pratique, c’est au niveau des sites, trop rares et surtout en voie de disparition, que le bas blesse. Et c’est un cercle vicieux : si aujourd’hui on équipe à la demande, on pourrait tout aussi bien préserver le TA voire déséquiper pour du TA à la demande ; mais cette demande ne peut être massive que si plein de grimpeurs ont essayé et sont convaincus.
Pour sortir de ce cercle, on n’a pas le choix : limiter les dégâts au niveau des sites (préserver le Caroux par exemple !), et multiplier les séjours ou formations en TA.

Et puis aussi faire remonter à la FFME et à la FFCAM que la sauvegarde des voies historiques procède du devoir de préservation du patrimoine.

Un sondage ne peut pas recouvrir la totalité des nuances sur un sujet comme celui-ci.
5 propositions me paraissaient suffisante pour représenter les principales tendances, mais si aucune ne te convient, tu peux formuler ta propre proposition pour exprimer pourquoi cette pratique t’intéresse(rait) ou pas, ce que tu y trouves(rais) ou pas, si tu lui donnes(rais) un sens éthique particulier.

C’est vrai que les friends ce n’est pas donné, mais n’y a t-il pas des économies possibles sur des renouvellements de chaussons ou autres pour avoir le dernier modèle, l’achat de multiples systèmes d’assurage, … ?
Mais effectivement, s’ils pouvaient baisser un peu le prix du matos, ça m’arrangerait.
Je ne comprends pas bien les différences de prix entre un casque d’escalade et un casque de skateur, … et les écarts avec l’étranger.

[quote=Gepi]Un sondage ne peut pas recouvrir la totalité des nuances sur un sujet comme celui-ci.
5 propositions me paraissaient suffisante pour représenter les principales tendances, mais si aucune ne te convient, tu peux formuler ta propre proposition pour exprimer pourquoi cette pratique t’intéresse(rait) ou pas, ce que tu y trouves(rais) ou pas, si tu lui donnes(rais) un sens éthique particulier.[/quote]
4 propositions sur 5 opposent plus ou moins escalade sportive et TA et sous-entendent que le TA est ce que l’escalade sportive n’est pas ou inversement, pour moi le TA est une pratique différente de l’escalade sportive mais qui ne s’y oppose pas. Le seul problème c’est quand les pratiques se disputent les sites et il serait bon que les voies qui se pretent bien au TA et qui ont toujours été grimpées sans équipement ne soient pas équipées.