Posté en tant qu’invité par Etienne:
Bon, ben puisque les équa diff ne viennent pas je vais essayer de m’expliquer d’une façon un peu plus littéraire - et donc plus longue, vous pouvez zapper si vous êtes pressés…
Je vais prendre des exemples un peu extrêmes pour être plus clair.
Situation 1: le grimpeur tombe, ou plutôt glisse, sur une dalle peu incinée. C’est clair, plus longue est la chute, plus il se râpe, plus il se fait mal. Je pense que tout le monde est d’accord qu’il faut sécher.
Situation 2: le mur est plus raide, mais plein d’obstacles: vires, bartasses, becquets… Plus la chute est longue, plus la probabilité d’en croiser un et de s’y blesser augmente. Autant sécher. Mais attention: comme le disait yadu plus haut, on commence souvent par tomber vers l’arrière. Suffisamment parfois pour éviter naturellement des obstacles peu larges. dans ces cas-là, un assureur à l’oeil vif pourra au contraire laisser filer son premier pour qu’il s’arrête en-dessous de la vire plutôt que pile-poil dessus… Mais ça devient subtil (idem pour les rebords de surplomb: ça fait très mal quand on se les prend dans les dents. Laissez filer!)
Situation 3: le grimpeur est dans un bon dévers. autrement dit, il se retrouvera, non seulement plius haut que le point, mais aussi « plus loin ». Lorsqu’il tombera, la corde en se tendant le ramènera à la verticale du point, et crééra un mouvement latéral qui le fera taper contre la paroi.
Or, la force de choc des cordes est mesurée dans le cas idéal d’un corps tombant verticalement en plein air. Elle ne tient pas compte que la paroi ne dynamisera en aucun cas la fin de la chute, elle.
Deux cas de figure:
- un assureur « façon bcox », qui prend le plus sec possible, tendra la corde presque tout de suite: le grimpeur suivra un quasi-cercle autour du point et sera littéralement catapulté vers le rocher. Bobo garanti, et que la corde soit dynamique n’y changera rien, ou si peu…
- si l’assureur laisse filer la corde à partir du moment où la corde commence à se tendre ( il n’est pas question de « laisser du mou » à l’avance, OK ?), le grimpeur sera là aussi ramené vers la paroi, mais sa vitesse verticale restera plus importante que sa vitesse latérale, ce qui fait qu’il décrira quelque chose comme une ellipse (?) . A la limite, il finirait même par tangenter la paroi et l’approcher avec une vitesse nulle. Et de toutes manières il dispose de plus de temps pour se préparer au choc.
C’est là que le fait de dynamiser prend toute son importance. J’ai vu aux différents Roc Trips de Millau des mecs se prend des plombs plusieurs mètres au-delà du point et ne même pas toucher le caillou en fin de chute. Par contre leur assureur montait de 3-4 m au-dessus du sol. Du grand art!
Situation 4: un mur proche de la verticale. Ici, l’expérience (maintes fois répétée) me dit qu’une chute dynamisée est beaucoup plus confortable qu’une chute séchée. Mais je serais bien en peine de le démontrer. A vos plumes!
Enfin, parce que ce serait dommage de ne plus polémiquer: du fait que j’aimais beaucoup les blocs très hauts dans ma « jeunesse », j’ai une bonne expérience des chutes hautes et sans crash pad. Et je peux dire qu’entre une chute archi-séchée de deux mètres sur un premier point et une chute au sol bien parée de trois-quatre mètres, pourvu que la zone de réception soit correcte, je préfère de loin la deuxième solution. Le grimpeur se fait moins mal aux lombaires et aux chevilles, la corde morfle moins, et le second ne se prend pas les pieds du premier dans les dents. A vous de voir!
A ceux qui sont arrivés jusque là, bravo et merci pour votre courage! :^))))
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