Posté en tant qu’invité par Claude:
Revenons en un peu au sujet initial…
En face S de la Dibona il y a trois voies TD/TD+, toutes 3 en 6a max. L’une est entiérement équipé, l’autre posséde des spits mais nécessite l’usage des coinceurs et la dernière ne comporte que des pitons. A coté de cette falaise il y a la face SW de l’aiguille orientale du Soreiller ou à part une voie on ne trouve que des voies sportives et il y a la face S du rouget ou à part une voie on ne trouve que des voies TA.
Moi j’appelle ça un partage équitable entre escalade sportive et terrain d’aventure classique.
Pourtant ce n’est pas un équipement homogène sur le site mais je ne crois pas que ce soit ce genre de non homogénéité dont parle malopié.
On retrouve un peu ce genre de partage en face S et SW de la Meije, là encore tout le monde semble assez satisfait.
Je ne suis pas contre les voies modernes tant qu’elles restent à bonne distance des voies TA intéressantes.
Reste à définir « à bonne distance » et « intéressantes ».
Par « à bonne distance », j’entend que la voie ne doit pas etre croisé par d’autres itinéraires de caractères différents, où alors exceptionnellement à un endroit où il y a un échapatoire naturel. Ce qui complique l’affaire c’est que toutes les voies n’ont pas la meme largeur. Je m’explique : Dans une voie sportive tout le monde suit le meme itineraire sauf parfois dans quelques passages entre les points. En gros tout le monde passe dans une meme bande virtuelle d’environ 5m de large. Pour les voies très peu équipées c’est plus compliqué car les différentes cordées peuvent utiliser par erreur ou par préférence des passages différentes. En fait, une voie TA est souvent un système de variantes, le topo décrivant la variante la plus courante ou la variante des ouvreurs, que l’on ne qualifie alors plus de variante mais abusivement de « le bon itinéraire ». Une voie TA peut faire classiquement jusqu’à 50m de large, parfois plus si elle n’est pas guidée par une ligne naturelle, comme par exemple une arete.
Pour la notion d’« intéressante », c’est encore plus compliqué car c’est un peu une histoire de gouts et de couleurs.
En gros une voie TA peut etre interessante car :
- historique (ce qui ne veut pas dire vieux)
- en bon rocher
- avec une gestuelle intéressante
- se pretant bien à l’assurage naturel et évitant donc d’exposer la viande ou le laisser beaucoup de matos dans la voie.
- résoudre un problème, par exemple une face raide.
- approche sympathique (par ex courte, ou longue dans un beau vallon)
- …etc
En général, il se développe souvent un consencus sur l’intéret des différentes voies. Ce qu’il faut bien noter c’est que la nature propose beaucoup moins de potentiels TAs intéressants que de voies sportives. Par conséquent, il semble logique de laisser la priorité à un (non-)équipmeent TA quand c’est possible.
Parmi les voies que je trouve trop équipés, on peut citer l’Y à Chamechaude, les Buis à Presles où la Demande à Presles. En général ce n’est pas vraiment la faute des rééquipeurs car meme avant elles étaient encombrées de trop nombreux pitons. Pour ces voies, je ne suis pas pour un retour à l’équipement d’origine mais pour un équipement qui tienne compte du matériel d’assurage moderne, c’est à dire des coinceurs. Vous allez me dire que je laisse un peu tomber le coté historique (mais qui fait les voies historiques avec le matos historique ?), mais voila c’est peut-etre par égoisme mais développer l’escalade de demain m’intéresse plus que de défendre l’escalade d’hier.
Maintenant, comme la fait remarquer philflip, il faut que je pense sérieusement à appliquer ça sur le terrain (z’inquiétez pas, pour le moment je n’ai pas l’intention de toucher à des voies existantes…)