Posté en tant qu’invité par Bubu:
Voilà pourquoi à entre l’héliski et une pratique normale
de la montagne, je n’y vois plus grande différence.
On peut considérer que du point de vue du skieur il n’y a pas de différence, même si je ne suis pas de cet avis: je ne viens pas seulement bouffer de la poudre en rando, je sais apprécier les autres aspects d’une course, ce qui me fait ne pas regretter d’être sorti si je n’ai pas eu de la très bonne neige.
Mais je le répète, du point de vue des autres skieurs, il y a une différence énorme.
Il n’y a plus d’aventure quand on sait qu’on peut être
chez soi dans une heure, un jour, sans effort.
C’est l’avantage du ski: si le temps se gate, on peut être en 20mn dans la vallée au lieu de 2h si on était à pied en été.
L’effort du skirandonneur, c’est devenu un effort asceptisé.
La neige, le froid, dans son gore tex ultra-étanche, c’est plus rien.
Et même qu’en ne sortant pas n’importe quand ou en renonçant avant la tempète, sans gore tex ultra-étanche mais seulement avec un pauvre collant et une petite polaire, la neige et le froid peuvent ne plus être rencontrés du tout… c’est de la triche !
Il faut bien comprendre que certaines personnes (dont je fais partie) ne sortent pas en montagne pour transpirer, pour revenir fatigué, pour en chier, pour en baver, pour se mettre au taquet, pour vaincre les Dangers de la Montagne… Même s’il m’arrive de revenir fatigué, d’en baver, de me mettre au taquet, c’est une erreur de ma part d’appréciation de la difficulté ou de mes capacité, mais c’est mon problème, ce n’est pas la montagne qui veut ça, c’est juste que je fais n’importe quoi.
A QUI APPARTIENT LA MONTAGNE?
Sur ce point, je suis d’accord avec Francois, et j’ai déjà exprimé mon avis.
Ce n’est pas une démarche élitiste pour se réserver la montagne.
Il faut commencer par savoir ce qu’on veut: on souhaite aller en montagne. Mais qu’est ce que la montagne ? Si on considère que ce sont les espaces naturelles d’altitude ayant subis une faible modification par l’homme, tout le reste en découle. On se place ainsi dans une optique « je m’adapte à la montagne pour la modifier la moins possible afin qu’après mon passage je puisse toujours appeler cela ‹ montagne › selon la définition ci-dessus » au lieu de se dire « j’adapte la montagne à mes envies, quitte à ce qu’après moi cela ne ressemble plus du tout à ce que j’ai vu au départ ».
Et donc je dois m’adapter. C’est-à-dire que je dois apprendre comment aller en montagne sans tout casser et sans me casser. Mais cet apprentissage n’est pas immédiat, il faut du temps, et ce n’est jamais fini.
Et donc ceux qui n’ont pas encore acquis les connaissances nécessaires pour aller à un certain endroit en sont exclu.
Mais avec un minimum de connaissance, une partie de la montagne nous est accessible, ce n’est pas fermé. Et plus nos connaissances s’accroissent, plus la part qui nous est accessible s’étend.
Ainsi, au lieu de parcourir la montagne en détruisant tout ce qui nous entoure sans vouloir développer son autonomie, on y accède en modifiant le moins possible ce qui nous entoure grace à ses capacités que l’on a construites petit à petit.
Pour parcourir la montagne sans la détruire, il faut se construire. C’est la seule chose que la montagne impose: soit on y va pas, soit on la détruit, soit on se construit. Mais l’attraction qu’elle exerce sur nous (tout à fait explicable sans introduire de magie ni de religieux, mais c’est une autre histoire) voudrait plutôt que l’on opte pour la 3ème solution…
Peut-on alors toujours considérer les loisirs de montagne comme des « préoccupations bien futiles » ?