Remontée sur rappel coincé : risque de cisaillement ?

Hello,

En lisant ce CR, je vois que les secours ont préféré intervenir plutôt que de laisser le grimpeur remonter sur les 2 brins de son rappel qui refusait de coulisser :

les secours préfèrent que je redescende et qu’ils vont venir nous aider avec l’hélico. Le risque de cisailler la corde en remontant dessus est trop grand.

Ce point m’interpelle.
Dans la même situation (vécue 3 fois en 20 ans), il ne m’est pas venu à l’esprit d’appeler les secours, je n’avais pas spécialement conscience d’un risque particulier (à part que c’est pénible de remonter 45m de corde dynamique…).

Note : je ne remet nullement en cause le choix des auteurs de la sortie d’avoir appelé les secours ; ils ont bien fait, et si les secours se sont déplacés, c’est bien qu’ils le jugeaient utile.

Je me demande si c’est un risque que j’aurais sous-estimé jusqu’à présent.

J’imagine que théoriquement il y a un risque de cisailler la corde en cas de configuration très défavorable.

Mais en pratique, savez-vous s’il y a déjà eu des accidents (ou presque-accident avec un début de cisaillement) de cette nature lors d’une remontée sur les 2 brins d’un rappel coincé ?

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Les spéléo équipent leur cordes de façon à ce qu’elles ne touchent pas le rocher.
Les canyonneurs débraillent les cordes en cas de frottements trop importants.

Certes, en escalade on est sur de la dynamique et à double et non de la (semi-)stat à simple mais ça reste un point de vigilance à avoir.

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C’est pas sur une remontée, mais encore pire juste une descente en rappel…: Rupture de corde lors d’un rappel - Camptocamp.org

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Oui carrément. C’est pour cette raison que dès que l’on doit remonter sur une corde on installe des fractionnements / des déviations / des protections dès que l’on passe une lèvre ou une section coupante.
En canyon même lors de la descente on a des astuces pour na pas niquer la corde (debrayage) sur un frottemment merdique.
Mais ceci dit , il y a pleins de cas où on peut remonter sans soucis.

Corde dynamique, j’aurais dit que cela augmente le risque de frottement en faisant plus le yoyo.
Deux cordes, je sais pas si ca limite le risque, tout dépend la corde qui lâche, celle avec le nœud ou l’autre, voir lien accident!

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Le risque est plus faible qu avec une statique car le frottement est moins localisé de par l effet yoyo, mais il demeure un peu surtout si le frottement est proche du relai

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Ce n’est que mon avis, mais mécaniquement, si on monte bien sur deux brins (et non sur un seul !), alors :

  • il y a deux fois moins de tractions sur chaque brin
  • et la surface de frottement est doublée.
    Je ne suis pas spécialiste de l’abrasion, mais intuitivement je dirais qu’on divise par quatre.
    Si on a une paroi verticale, le risque me parait modéré.
    Autre facteur de modération : si on peut grimper en escalade, la corde ne servant que d’assurage avec un machard. Le poids est alors sur le rocher plus que sur la corde.

A l’inverse, si ca frotte sur une arête qq part, ou si on utilise une corde ultra fine, alors c’est plus joueur…

Non car du coup l’élasticité global est divisé par 2.

Donc 2 fois moins d’allongement au point considéré-> zone de contact + localisée lors de l’effet yoyo

Allongement /2 répartie sur 2 cordes = « même surface »

C’est le pb principal, surtout si cette arête est proche du relai ! et comme les secouristes ne le savent pas, dans le doute,…

Mais si on se tôle, alors le risque de cisaillement devient, j’imagine, majeur.

Et pour répondre à la question initiale: le risque de cisaillement existe aussi en rappel simple, raison pour laquelle il ne faut pas s’amuser à bouger de droite et de gauche pendant le rappel, dans la mesure où cela augmente le risque de cisaillement

il y a eu un accident mortel à Presles (et surement ailleurs) comme ça. Le gars est tombé, le machard n’a pas bloqué.

Tu aurais des tests ou des sources ? Pour moi plus tu as d’allongement plus la corde sur laquelle tu remontes va se couper rapidement. La zone de frottement est plus grande mais toujours la même (OK elle peut bouger sur les 3 premier mouvements) et le frottement est plus important.

Edelrid avait fait des tests. Il n’y a pas de corde dynamique dedans, mais tu vois l’impact du l’allongement sur l’usure. Pour maitriser l’allongement, ils utilisent un fractionnement 3m au desus du point de frottement ou laissent les 20m en amont.

The more rope there is between the anchor point and the edge, the greater the effect of even small movements on the rope due to the increasing elongation. With 20 metres of rope between the anchor point and the edge, the rope sheath was completely severed after just 3 metres with poor technique, whereas with 3.5 metres of rope between the anchor point and the edge, 20 metres of ascent were required to sever the rope sheath with poor technique.

https://www.youtube.com/watch?v=KkQVMkxvGM0
https://edelrid.com/eu-en/knowledge/knowledge-base/sharp-edges-ascending

Je suis curieux d’un test qui ferait vraiment static VS dynamic dans ce cas précis.

Je me souviens avoir fait un rappel de 80m à Orpierre ( 2 cordes de 9mm)
En fin de rappel, au relais où la corde était fixée, les 2 brins frottaient et se déplaçaient d’un mètre environ.
Point trop n’en faut …

Oui moi aussi,
Je me souviens d’une discussion ici même où je pensais que le frottement lors de l’allongement sur une grande distance était plus critique que l’inverse (sur une zone finalement plus localisée) , sans essais, je m’étais un peu perdu en voulant faire des calculs y compris en intégrant l’échauffement en contact,…mais pas l’effet amortissant de la corde dynamique, puis je m’étais laissé convaincre sur le fait que l’effet localisé était finalement plus pénalisant.
Perso pour ma pratique, ce que je retiens c’est que si il y a une arête et que je ne vois pas ce qu’il se passe au contact, je ne remonte pas que je sois en dyn ou en stat. En équipement en stat, on fait bien attention à protéger la corde (manchon, sac) lorsque l’on descend et qu’il y a une arête et à faire des fractio, régulièrement pour éviter entre autres les frottements « pendulaires »

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La question que je me pose c’est plutôt à partir de quel « aiguisement » de l’arête on peut considérer qu’elle peut coupe la corde.
Quand ça appuie sur un rocher un peu anguleux mais pas trop, un peu pourri, est-ce qu’il y a risque de coupure ou pas ???

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Y’a une différence entre juste faire le rappel, et remonter sur la corde. En remontant sur la corde tu donnes des accoups à chaque « pas », et aussi c’est beaucoup plus long.

Egalement la corde était coincée, mais je ne sais pas dans quoi… (dans les arbres, dans une fissure…), c’est potentiellement différent de si elle est juste en contact avec une arête.

D’après le secouriste le risque de cisailler la corde était réel. J’imagine qu’ils ont eu des cas.

En tous cas va falloir que je bosse la remontée sur corde sans jumar, car remonter 40m je pense que ça m’aurait pris 1h…

J’ai toujours en tête cette vidéo de Michele Caminati de corde coupée sur arête. (c’est une chute, donc les efforts sont différents).

En équipement, effectivement je fractionne.
Typiquement on rappelle depuis une vire sur un arbre, et on installe un spit (ou un relais) sur le haut de la face pour fractionner, afin que ça ne frotte pas sur la lèvre de la falaise.

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On avait parlé de la difficulté de remontée sur corde ici :
https://forum.camptocamp.org/t/remontee-sur-corde/