Posté en tant qu’invité par Jean-Marie:
Bon, il semblerait que je vous doive des excuses. Je m’excuse donc pour mes propos bassement anti-américains qui semblent avoir heurté certains. C’est d’autant plus con de ma part que cela ne fait pas avancer le débat, les suivants se sentant parfois obligé d’en rajouter. Je voulais juste faire un trait d’humour.
Pour qui je me prends ?
Tout petit déjà, je faisais de la montagne et de l’escalade, ce qui ne m’empêche pas d’être limite dans du 6a sur coinceurs. J’apprécie aussi les voies bien protégées, ce qui me permets de me croire un peu moins mauvais et d’aller voir à quoi ressemble le 6c (avant de décider que c’est vraiment au-dessus de mon niveau). Bref, je ne suis pas un extrémiste anti-spits., tous les genres me semblent intéressants. Pour avoir un peu grimpé aux Etats-Unis, j’ai néanmoins apprécié leur éthique plutôt strict côté équipement et ait été surpris de voir que de nombreux grimpeurs anglo-saxons préfèrent voler sur leurs coinceurs (dont ils maîtrisent la pose) plutôt que sur un spit anonyme dont ils ne connaissent pas la (longue) histoire. J’ai même vu un grimpeur vert de peur (ce n’était pas feint) à l’idée de voler sur un spit. Je me suis aussi lamenté des dégâts causés par les pitonnages-dépitonnages successifs. Pour résoudre en partie le problème les grimpeurs US dépitonnent en ne tapant pas le piton vers le bas. De la sorte, le trou créé se prête assez bien à la pose d’un coinceurs et à l’escalade libre(au lieu d’un trou rond et fuyant, style première longueur de Serenity crack au Yosemite, on obtient un trou étroit en bas). Est-ce une solution intelligente ? en fait, le refus de la pose de spits aboutit ici à une « taille » peu rationnelle de prises et emplacements de coinceurs dont il est permis de douter (et je doute fortement de la pertinence de cette solution).
Notre activité a donc un impact sur le milieu. Faut-il minimiser cet impact ? Si oui (mais vous avez le droit de penser que cela n’a aucun intérêt), on peut donc discuter de la meilleure manière de le faire. Il me semble que les spits sont parfois une solution intéressante et utile lorsque les autres solutions abîmeraient plus le rocher. Mais autant s’en passer dans la mesure du possible, la solution la plus élégante restant l’usage maximum des coinceurs. Les spits viellissent, pas toujours bien et souvent, un nouveau trou est foré juste à côté, la vielle cheville restant en place, ce qui n’est pas beaucoup mieux qu’un trou de pitonnage. N’est-il pas parfois plus facile de remplacer un piton viellissant (à condition de ne pas trop attendre) ?
De plus, la pratique actuelle fait qu’on n’emporte plus de pitons (sauf cas rares) mais tout plein de beaux coinceurs qui n’abîment pas le rocher. D’où l’intérêt du terrain d’aventure « soft » qui me semble une solution plutôt consensuelle que les purs et durs du T.A. peuvent considérer comme tout autant consumériste et facile que les voies entièrement équipées. Mais je pense que c’est une solution intéressante qui laisse de la place pour l’initiative (chacun se protège comme il veut, a le plaisir de découvrir l’itinéraire).
Quant aux pratiques des professionnels, effectivement, j’aurais dû ne rien dire ou bien développer plus amplement. Je ne dis pas que tous les guides pratiquent le promène-couillons. Ceci dit, cette pratique regrettable existe. Aussi, quand je vois une voie rééquipée par des professionnels, je me demande quel est leur but. Evidemment, ils n’ont pas besoin des spits pour passer (moi non plus d’ailleurs) mais dans le climat de judiciarisation de la société, ils peuvent être tenté de privilégier une approche minimaliste du métier : emmener des gens en montagne avec un risque 0 (mais on sait bien que cela n’existe pas) et faire un travail vite fait-bien fait. Dans le cas présent, je ne demande pas mieux que de me tromper. J’ai d’ailleurs appris à grimper avec un guide qui ne s’est pas contenté de m’emmener en montagne mais a cherché à développer mon autonomie (sens de l’itinéraire, efficacité dans les manœuvres de cordes, responsabilisation…). Heureusement que certains (la plupart ?) guides ont cette approche économiquement irrationnelle (maintenant, je grimpe sans guide et je ne pense pas faire trop de conneries grâce à son apprentissage).
Quant au côté jeune con dont on semble vouloir m’affubler, effectivement j’ai 30 ans mais quand même 15 de montagne, 18 points de suture (chute de pierre, maintenant je mets toujours mon casque), 2 fractures aux doigts (la même chute de pierres puis un début d’arrachement dans une prise), 1 ligament croisé postérieur en moins (accident de moto), quelques beaux vols (dont 8 mètres sur un camalot). Bref, je sais ce que veux dire avoir mal, et avec la pluie de ces jours derniers sur Paris, je morfle. Je ne suis donc pas un inconscient et je réfléchis avant de parler (et aussi avant d’aller grimper, grâce à l’expérience durement acquise).
Enfin, ma remarque sur le côté peu agréable de l’équipement dans la Demenge concerne mon ressenti à ce moment précis, dans cette voie classique et alors que je pensais aller en T.A. soft. Je croyais avoir été clair à ce sujet et n’ai jamais insulté quelqu’un pour ce qu’il est mais juste exprimé mon désaccord avec des pratiques. Désolé si j’en ai blessé certains mais sachez que les propos offensants de certains m’ont meurtri.
Voilà, c’est tout…pour l’instant
PS: serait-il possible de s’autodiscipliner et d’éviter les gros mots, les injures…(les webmestres n’ont pas que cela à faire)
PS2: la sécurité ne passe pas par l’équipement en place mais par l’adapdation de la voie à son niveau (d’où l’importance des topos et/ou de garder de la marge, la montagne étant pleine d’imprévus). Sûr que si je vais aux Drus demain, je vais me faire très mal!