Posté en tant qu’invité par ThomasR:
Voilà effectivement un débat qui fait toujours autant parler.
Si évidemment on voulait être puriste et écologiste à fond, on pourrait se dire que le rocher et son environnement végétal et animal sont fragiles, donc on ne va pas grimper, on ne doit même pas penser à équiper. D’ailleurs, certaines falaises sont interdites à la grimpe pour respecter le biotope, et c’est bien.
Certains pensent que les prises collées sont préférables aux prises taillées, car on peut enlever celles-là. D’autres répondent qu’on peut boucher une prise taillée, c’est vrai aussi. On peut aussi considérer qu’une prise collée est souvent visible du bas, puisqu’elle constitue un relief, alors que la prise taillée est en creux et ne se découvre souvent qu’au dernier moment après tatonnements. Pour cette raison, à choisir (le faut-il?), les prises taillées sont moins inesthétiques et respecteraient plus le « jeu » de l’escalade.
Certains voudraient que l’on n’aille même pas dans voies taillées/collées! Malheureusement, puisqu’elles sont là, qu’elles sont destinées à l’escalade sportive, on y va! Et parfois on y découvre des prises taillées, et on se dit que c’est quand même dommage. Mais si la voie est belle, on ne le regrette pas forcément. A Chambly, dans le Jura, presque toutes les voies, dures ou moins dures, sont taillées. Certaines discrètement, certaines honteusement, probablement toujours parce qu’il le « fallait » pour garder l’homogénéité de la voie. Alors aurait-il fallu ouvrir ce site majeur du Jura ou le laisser dans l’ombre? Maintenant qu’il est là, autant en profiter sans dégrader le reste.
Et puis si la taille abime le rocher, et là j’en reviens à mon premier paragraphe, c’est à mon avis moins dommageable pour le biotope du lieu (des morceaux de rocher se détachent souvent spontanment des falaises) que d’en enlever la végétation, que d’y laisser ses ordures ou même ses filtres de cigarettes (car nombreux sont les grimpeurs qui fument et qui ne ramènent pas leurs filtres chez eux - moi je ne la faisais pas, puis je l’ai fait, puis je ne fume presque plus!), etc.
Enfin, moi qui aie ouvert en Italie deux voies à Finale Ligure avec des amis allemands, sans tailler mais en enlevant beaucoup de morceaux de rochers et des végétaux (oui, je l’ai fait aussi, comme quoi!), je pense qu’ouvrir n’est pas indispensable à une vie de grimpeur, mais ça laisse des bons souvenirs, et ça peut faire plaisir aux autres.
Au faut, si vous taillez, taillez confortablement, je trouve énervant de mettre mes doigts dans une daube sicatée. Tant qu’à faire!
Thomas.