Pourquoi les SAE favorisent-elles autant le dévers?

La semaine dernière je suis retourné à Altissimo Grabels alors que je n’y étais pas allé depuis qu’ils ont rénové la salle. J’ai été déçu de constater qu’ils ont changé une zone avec deux toits qui s’enchaînaient par une nouvelle zone de dévers alors que la salle en est déjà bien fournie.

Je me suis demandé pourquoi les SAE ont à ce point tendance à privilégier les dévers. À mon sens ça a pour principal effet de rendre l’escalade en SAE très différente de celle en falaise. En effet, on voit rarement des voies en 6a dans des dévers importants en falaise, et on dirait que c’est presque la norme en SAE. À l’inverse, les dalles en SAE sont presque toujours réservées aux voies faciles et dépourvues de voies difficiles alors qu’on trouve quand même très souvent des dalles dans le 6ème degré en falaise.

Une explication (un peu alambiquée mais crédible) est que les voies en dévers nécessitent de la conti et c’est ce que l’on perd le plus vite quand on ne grimpe pas régulièrement. Du coup, si on loupe une séance, on est frustré car on a les bouteilles en 2s à la séance d’après. Et si on ne grimpe pas pendant un mois on perds directement en niveau dans le dévers alors qu’un style plus en placement (dalle ou dièdre) sera plus tolérant à l’irrégularité de la pratique.

Qu’en pensez-vous?

Le risque en cas de chute est moindre dans les devers: pas de possibilité de se faire une cheville en accrochant une prise ou un volume au cours de la chute.

2 Likes

Dans tous les cas, les salles du réseau Altissimo ont trouvé une autre solution concernant le risque en cas de chute: il est impossible de grimper en tête sauf dans les voies vraiment trop déversantes pour être équipées d’une moulinette. Même si la mesure est impopulaire parmi les clients (moi le premier), elle est probablement efficace pour limiter les risques de blessure.

Faux. Les deux salles de Toulouse (St Martin et Montaudran) ont ouvert plein de murs à la grimpe en tête.
Du 7a sur dalle, si c’est facile. Mouarf ! Y’a tous les niveaux dans la salle que je fréquente.
Après, pour les dévers, C’est en effet très différent de la grimpe en falaise. mais dans mon esprit, SAE ou SNE c’est déjà pas le même sport, alors…

Même si je n’ai pas vraiment constaté ce que tu affirmes dans les quelques salles que je fréquente il faut comprendre que la salle et la falaise se différencient de plus en plus. Je me suis même laissé dire lors d’une réunion d’encadrants du club que ce n’était pas la même activité, qu’il n’y avait aucune raison pour que les personnes qui grimpent avec le club en falaise aient une priorité quelconque pour accéder aux salles.Bref, passons et revenons au sujet.

Il faut avant tout comprendre que la structure est en place avant qu’on y ouvre des voies et que plus il y a des dévers plus il sera possible d’ouvrir des voies dures.

On a eu le cas il y a quelques années sur Annecy, quand un nouveau mur a été construit. Les clubs qui font de la compétition
ont voulu et obtenu un grand mur sans voies verticales allant jusqu’en faut. Il y a juste quelques départs de voies (7m max) qui sont verticaux avec un relais intermédiaire. Ils étiquettent bien quelques voies dans le 5 mais elles n’ont en général de 5 que le nom (l’année dernière encore je n’ai pas réussit à mousquetonner le premier point de l’une d’elle… soit disant 5b). Heureusement la salle qu’ils ont construite après était bien plus raisonnable avec une grande surface verticale et de la salle couchée.

Des voies en 7b et plus dans le vertical en salle, il faut admettre que c’est dur à faire en vissant des prises. C’est toujours trop gros, les profils ne sont pas assez variés, pas assez fins (il faudrait des prises plus petites que les vis), pour faire monter la difficulté contrairement à ce qu’on trouve en falaise.

Au temps pour moi, ce n’est en tout cas pas le cas de celles de Montpellier.

C’est certain que la grimpe en SAE et en falaise se différencient de plus en plus. Mais étant plutôt un grimpeur de falaise qui va en salle pour garder la forme quand il fait moche, je suis souvent frustré de voir que le style de voie le plus représenté est plutôt la voie bien physique en dévers.

Je rejoins ton sentiment, à voir les différentes SAE « récentes » on pourrait croire que l’escalade ce n’est que du dévers pour gros bras (la tendance actuelle avec l’explosion des salles de bloc y contribue aussi pas mal).
Il y a 2 ans la mairie de Blagnac a construit un nouveau mur, résultat: 2/3 de dévers, le 1/3 restant étant composé de 1/2 vertical et 1/2 dalle couchée. C’est con, les concepteurs de la structure n’ont pas jugé bon de consulter le club pour savoir ce qu’on voudrait, et qui du coup ne correspond pas vraiment au niveau général des pratiquants du club (beaucoup de débutants, et moins d’une dizaine de grimpeurs évoluant dans le 7ème degré). Résultat, surtout en début d’année, tout le monde est entassé sur les mêmes relais qui sont tous côte à côte, et plus grand monde ailleurs.

Pareil dans les 2 énormes salles de Berne en hiver, tout le monde entassé dans les 5a - 6a et des immenses dévers surdurs qui prennent les toiles d’araignée…

Il y a plein de raisons :

  • si tu es un grimpeur de falaise, tu vas en salle pour te faire les bras pour l’extérieur, auquel cas le dévers c’est top…
  • si tu es un grimpeur fitness, tu y vas pour te muscler le haut du corps, le dos : le devers c’est top
  • si tu veux faire des voies dures en deca de la verticale, c’est faisable mais il faut de bons ouvreurs, et les prises (minuscules )sont vites immondes. Assez rapidement la voie est quasi ingrimpable.

Honnetement en salle je fais presque que du devers, je vois pas l’interet de voies couchées (à part pour les enfants, les débutants ou l’echauffement) La technique c’est pas en salle qu’on la travaille vraiment…

2 Likes

C’est quand même faisable de faire des voies dures seulement verticales en SAE pas forcément avec des petites prises, les grosses juste bombées c’est parfois pire. A murmure pantin je me souviens d’un 6c+ dans le style. Jamais tenté le 7 mais je crois qu’il y avait du 7 du même style à côté.
A l’époque il y avait peu de devers à Pantin, je ne sais pas si ça a changé depuis.

oui c’est vrai. qui elles aussi sont couvertes de pof et rapidement intenables (vu que peu de monde brosse)

Effectivement, ça ce saurait !
Les très forts grimpeurs de salles sont des culs de jatte !
Je suis certain qu’un gymnaste de haut niveau (avec les bras et les épaules qui vont avec + du travail de conti) atteindrait un niveau équivalent aux meilleurs grimpeurs de difficulté en quelques séances.

Un peu comme ici :

Même si ça a l’air de bien passer. L’air est surement moins humide qu’en salle !

1 Like

Je me dis aussi que les voies en dévers occupent moins d’espace au sol que les voies en dalles « positives ». Autrement dit, peut être qu’il faudrait une salle plus grande pour aménager une majorité de dalles positives + espaces d’assurage et de circulation nécessaires. (OK on peut aussi utiliser l’envers des dalles pour les vestiaires, etc. voire pour des voies en devers, mais ça ne marche qu’au milieu d’une salle et dans les faits on ne le voit pas souvent)

Dans le 6 en falaise les bras ne servent pas à grand chose, l’été j’ai plutôt l’impression de me faire les bras dans les manips de corde plutôt qu’en grimpant. Donc se faire les bras en salle… à part pour lover les cordes quand on est en falaise je ne vois pas trop l’intérêt.

1 Like

attention je n’ai jamais dit que les grimpeurs de salle n’étaient pas techniques. La quasi totalité des top grimpeurs d’aujourd’hui ont commencé en salle
Je dis juste que ce n’est pas l’endroit où le commun des mortels va améliorer sa technique (sauf peut être justement en dévers)

Oui je pense que c’est une des raisons. Le devers ça permet d’en mettre plus dans le même espace.
Autre raison peut-être, c’est spectaculaire, ça en jette

mais bien sur. Viens faire les classiques en 6 à Presles ou dans les Dolomites, tu me donneras des nouvelles de tes bras !

5 Likes

A petit niveau si ça permet d’améliorer sa technique : comprendre que l’équilibre c’est essentiel, l’appui sur les pieds au lieu de ne compter que sur ses bras. La salle permet quand même de se rendre compte de çà

oui, comme je disais, pour les enfants ou les débutants. je pensais plus à la technique évolulée : les adhérences, les coincements en fissures, les cheminées, la lecture du rocher, etc