Posté en tant qu’invité par amoureux de la montagne libre:
Je vois quelques réactions (peu nombreuses mais sérieuses) au sujet de l’article
de presse diffusé concernant le ski de montagne en Suisse.
Je pense qu’en France nous risquons d’aller bien au-delà de ce qui se passe en Suisse. En effet, je crois avoir compris que la nouvelle proposition de rédaction du premier alinéa de l’article L 2333-81 du code général des collectivités territoriales est rédigé ainsi (sauf erreur de lecture de ma part) :
« Une redevance pour l’accès à un site nordique dédié à la pratique du ski de fond
et aux loisirs de neige autres que le ski alpin et aux installations collectives destinées à favoriser la pratique de ces activités, peut être instituée par délibération du conseil municipal de la commune dont le territoire supporte un tel site, ou de l’établissement
de coopération intercommunale compétent, dès lors que le site comporte des
aménagements spécifiques tels que le balisage, ou des équipements d’accueil
et fait l’objet d’une maintenance régulière, et notamment d’un damage au moins partiel ».
Si ce projet vient à terme, les risques pour la pratique de certaines activités de montagne (hivernales pour débuter mais pouvant à terme être étendues) et d’ailleurs serait à mon avis les suivants :
1/ s’appuyer sur cet article pour faire payer l’accès à des itinéraires de randonnée pédestre y compris estivaux. Il suffit d’aménager un parking avec un point « accueil »
2/ Créer des stades de randonnée sur l’exemple des domaines skiables. A cet
égard, les collectivités locales pourraient également s’appuyer sur la loi montagne pour prendre des arrêtés du même type que ceux concernant les domaines skiables pour leur délimitatioon mais aussi pour les tarifs de secours.
3/ L’accès au terrain d’aventure non encadré, non aménagé tel que la haute montagne (mais on peut aussi imaginer les canyons, les GR, évidemment les PR, les sites d’escalade, etc…) pour le ski de montagne et l’alpinisme notamment pourrait être payant voir même contrôlé dans un avenir plus ou moins proche pour des raisons sécuritaires et/ou environementales. Il suffit de devoir traverser un domaine payant comme c’est le cas dans certaines stations de ski (cas de Beille en Ariège-Pyrénées)
4/ A terme, ce pourrait être l’exclusion de tout espace de liberté et d’espaces de gratuité si un tel sytème venait à se développer et il ne manquera pas de le faire au non du sacro-saint développement durable qui devient la nouvelle Bible plus commerciale qu’environnementale.
Que pourrait faire les CDESI ?
Pas grand chose à mon sens, si ce n’est que d’observer la situation face à
la volonté d’une collectivité locale et servir de faire valoir dans le cadre d’une consultation à la suite d’un travail du type inventaire encours demandé par les DDJS (Il s’agit bien d’un risque réel si tout l’arsenal juridique se met progressivement en place.
Je sais que certaines fédérations ont déjà réagit ou vont réagir officiellement dans les jours qui viennent. Mais je suis quand même étonné que cette évolution sournoise qui semble se dessiner en Europe (pas seulement en France) ne soit pas dénoncée plus vigoureusement dans l’intérêt de l’ensemble des pratiques de sport nature.
Je suis encore plus stupéfait que des personnes s’engouffrent sans autre réflexion dans un tel système où le recensement des lieux de pratique pourrait bien constituer la base du système commercial et d’encadrement des activités de nature.
Si nous allons voir encore un peu plus loin, c’est aussi organiser une
certaine forme monopolistique de l’encadrement avec une poignée de BE (parfois se comptant à l’unité dans certains lieux) assurant le plus souvent une entente tarifaire par ailleurs condamnable mais manifestement tolérée (principe des tarifs syndicaux interdits dans la réparation automobile depuis des décennies mais tolérés pour certaines activités du milieu montagnard et de l’escalade)
Il me semble que la situation est assez inquiétante et que les semaines à
venir seront déterminantes pour l’avenir de nos pratiques.
Qu’en pensez-vous ?