Les voies du seigneur (TMB, part I)

Posté en tant qu’invité par benoït:

Combien pour la suite ? J’achète, j’achète !

Posté en tant qu’invité par dalle en pente:

z’yva, eh, capitaliste!

et les camarades, alors ?

benoït a écrit:

Combien pour la suite ? J’achète, j’achète !

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

Malheureux !!!

Ne parle jamais d’ argent avec Étienne, sinon, ta faillite est faite !!!

:frowning:

Posté en tant qu’invité par Benoït:

Je paye en monnaie de singe : les albums de mes vieux !
Les titres après la suite…

Posté en tant qu’invité par jc:

Step’ a écrit:

C’est beau, l’Ardèche.

A qui le dis-tu ! J’y suis « né jusqu’à l’âge de 18 ans ».
Ardéchois (art des choix?) coeur fidèle.

Posté en tant qu’invité par françois:

jc a écrit:

J’y suis « né jusqu’à l’âge de 18 ans ».

tu as mis 18 ans à naître?
ben dis donc!

Posté en tant qu’invité par pierre:

AlbanK a écrit:

pierre a écrit:

PS : je ne le savais pas, que j’étais né à Orléans …

T’inquiète Pierre, tu lui trouveras vite d’autres tares !!!

Non, non, Alban : tu n’as pas compris ce que je voulais dire … pour une fois que je n’avais pas fait de faute d’orthographe !

Je veux dire que c’est pas croyable comment l’Urbain arrive, en racontant son histoire, sa vie, ses doutes, ses joies, ses peines, à raconter mon histoire, ma vie, mes doutes, mes joies, mes peines … ton histoire, ta vie, tes doutes, tes joies, tes peines … les votres, les leurs…
Le cadre, le contexte, l’endroit : c’est égal.
Je suis né à la source, tu es né à la source, ils sont nés à la source, etc…
Il n’y en a pas beaucoup, des gus, qui sont capables de faire ça.
Sur ce forum, et ailleurs.
Merci à eux.

On les aime.

Posté en tant qu’invité par Step’:

Alors… heu… le suivant… comment il s’appelle, déjà…

Ha oui, Julien, chuis con, c’est marqué dans le titre.

Là, ça va être compliqué. Parce que Julien, aucun d’entre nous ne peut vraiment prétendre l’avoir connu.
Je vais donc devoir me contenter du minimum : rôle, caractéristiques techniques, bref rappel historique.

En préambule, je voudrais signaler que, dans chaque société humaine normalement constituée, on désigne un membre pour jouer un rôle délicat, ingrat bien qu’indispensable : je veux parler du bouc émissaire, bien sûr. Quand Dieu se fâche, ce qui arrive souvent, c’est lui qu’on sacrifie, et en général, Dieu se calme.
Bon, sacrifier, sacrifier… vous n’êtes pas obligé de le pulvériser non plus. Une petite entaille suffit. Comme ça, il survit, et peut resservir à la prochaine occasion. Dans le cas contraire - l’execution sommaire -, il vous faudra élever tout un troupeau de boucs émissaires, et ça revient cher en fourrage. Sans compter que, pour assurer la reproduction, il va vous falloir introduire quelques chèvres. Remarquez, question chèvres, on avait tout ce qu’il fallait sous la main, à commencer par votre serviteur.

Julien était tout désigné pour remplir cet office.

Pour commencer, l’âge. Julien était le plus jeune d’entre nous. Je l’ai échappé belle.
Un an de moins. Soit douze mois. Soit 365 jours environs. Soit 8 760 heures. Ou, si vous préférez, 525 600 minutes. Je vous épargne les fractions de seconde.
Autant dire qu’on fumait des goldos alors qu’il était encore élevé au sein.

Autre caractéristique qui vous désigne illico au poteau d’execution : la taille. Julien était le plus petit d’entre nous. Johann l’a échappé belle.
Dix bons centimètres de moins. Je vous épargne les micromètres.
On aurait pu croire que ce déficit était la juste conséquence des 3,1536 x 10 exp 7 secondes de retard à l’allumage.
Il n’en était rien, l’avenir le prouva.

Enfin, pour ne rien arranger, Julien n’était pas sourcien, ni même orléanais : il venait de Menestreau-en-villette, petite bourgade solognote dont la simple évocation suffisait à provoquer l’hilarité générale.
Peut-être faut-il que je précise que les sourciens restaient entre-eux, sans contact avec le monde extérieur, jusqu’en troisième. Sauf accident.
Des lycées, par contre, y’en avait pas en campagne. La seconde était donc l’occasion d’élargir notre géographie : Sandillon, Jargeau, La Ferté-St-Aubin, St-Cyr-en-Val, Marcilly-en-Villette, Vienne-en-val.
La cohabitation avc les barbares se passait bien, les liaisons mixtes étant autorisées.

Julien acceptait son rôle avec bonne humeur. Par exemple, quand on se moquait de son rire, ça le faisait rire.
Il avait de l’entrainement : ça faisait près de dix an qu’il avait un an de moins.
Depuis ce jour fatidique où il avait sauté une classe.

Julien, il a commencé sa carrière de scientifique à 6 ou 7 ans.
Il était plus intelligent que tout le monde.
Je pense qu’il nous a choisi comme tortionnaires parce que nous étions doux avec nos boucs, mais aussi parce que nos notes étaient correctes.
Pour Julien, la servitude, elle était à 15/20 en maths, minimum.

C’était Johann (17/20) qui nous avait ramené Julien.
Pourquoi Julien ?
Hé bien, je ne sais pas, peut -être parce qu’il se coiffait comme Morrissey.
Sophiane (18/20) et Phan (18/20) le trouvèrent immédiatement « trop chou » (Sophiane), « ouaip » (Phan).
Jean-Christophe (ça compte pas, c’est un littéraire) pu s’initier aux mystères de la mécanique des fluides.
Quant à moi (16,5/20, mais y’a du tipex sous le 6, c’est louche), je profitais des largesses de ses parents pour me mettre à la guitare douze cordes.

Voilà. C’étaient là mes amis les plus proches. Ma bande. La partie agréable de l’univers. Si je ne pose toujours pas de bombes, c’est surtout à eux que vous le devez.
Nous échangions nos livres, nos disques, nos cigarettes, et nos avis hautement philosophiques sur la vie, la mort et l’anatomie féminine.

Je leur devais bien une initiation gratuite à la montagne.

Je suis sympa, quand même.

Posté en tant qu’invité par Step’:

Bien sûr, ils ne se laissèrent pas convaincre facilement. Leurs parents non plus.

Les premiers avaient bien du mal à comprendre l’utilité de vacances à la montagne.
"Mais qu’est-ce qu’on fera (Sophiane) ?

  • Bein… on marchera (moi).
  • Combien de temps (Phan et Johann, en coeur) ?
  • Ho, pas très longtemps… (moi)"

Pour les seconds, les valeurs pédagogiques d’une randonnée itinérante n’étaient pas (plus ?) à prouver. Les incertitudes concernaient plutôt mes aptitudes à ramener tout ce beau monde en un seul morceau.

Exciter les uns sans effrayer les autres me demanda beaucoup de diplomatie.

Durant plusieurs mois, je peaufinais un itinéraire aux petits oignons. L’idée était de faire le tour du mont Blanc. Du moins, c’est ainsi que nous le présentions aux vieux. Ça les rassurait - et, vous savez, à cet âge… Dans le détail, partant du col du Joly et termminant aux Sapieux, nous n’empruntions presque jamais le TMB, jugé d’office trop fréquenté, mais restions toujours au plus près du massif, afin de tutoyer les glaciers en évitant au maximum les beaufs en bob. Quelques ascensions plus alpines (Petits-Charmoz, aiguille du Peigne par la Contamine-Vaucher, dalles de l’Amône) étaient également au programme pour Johann et moi - mais ça, nous nous gardions bien de le dire aux ancêtres.

Au passage, si vous voulez des idées d’initiation, n’hésitez pas à me demander.

Je prévoyais tout : les étapes, les lieux de bivouacs, les dénivelés, les horaires approximatifs, les jours de repos, le budget. Tout était consigné sur une copie double, sous forme d’un tableau plein de chiffres, de noms propres en « az », et de remarques édifiantes sur le paysage ponctuées de points d’exclamation.

Au fait des dernières trouvailles américano-japonaises en matière de management, j’associais ensuite mes camarades au projet, lors de soirées préparatives où je faisais semblant de les consulter.
Il va de soit que mon itinéraire n’était pas négociable, mais j’acceptais de céder sur quelques points annexes :
« Combien d’heures de marche, pour la montée du sixième jour ? »
« Cinq ou six. »
« Hein ? C’est beaucoup trop ! »
« Bon. Quatre et demi. Tu as l’air en pleine forme. »

Le nombre et la fréquence des jours de repos fut l’objet de discussions acharnées. Nos avis sur la question divergeaient furieusement. Personnellement, un jour de repos par semaine me parraissait un luxe. Pour Johann, un jour de marche par semaine semblait constituer une limite à ne pas franchir. Les autres s’en foutaient, les bienheureux.
« Voyons, Johann, tu n’y penses pas ! Si on marche un jour par semaine, on ne sera jamais à Courmayeur avant le mois de septembre ! »
« Voyons, Etienne, tu n’y penses pas ! Si on marche six jours par semaine, on sera morts bien avant Courmayeur ! »

Johann était dur en affaire, principalement pour tout ce qui touchait à la montagne. Je me demande bien pourquoi. Peut-être à cause de la dent d’Arpire.

Le marchandage fut donc laborieux, mais en fin de compte, plusieurs jours de repos furent disséminés le long du parcours, et il fut décidé d’une halte de trois jour dans le petit village de La Fouly, qui paraissait si joli sur la carte. Trois jours qui devaient être consacré au remplumage des troupes, chocolats suisses et petites liqueurs alpines.

Il fut par ailleurs convenu, juste pour le fun, de ne pendre avec nous ni montre ni réveil d’aucune sorte.

Voilà.
Il me semble que le projet était quand même vachement bien ficelé.
D’ailleurs, les parents ne s’y sont pas trompés.
Pour les associer à notre entreprise, nous les laissâmes s’occuper de toute la logistique : financement, achat de matériel et transport.

Le reste de l’année scolaire se passa en jeux et en ris.
Nous étions en 1993.
L’été nous préparait un sale tour de cochon.

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

L’autre, il s’y colle le dimanche matin.
Entre mon foutinegue et mes longueurs de piscine …

Pfffffffffffff …

Posté en tant qu’invité par visse:

Hop, chuis le premier à me délecter de cette initiation collective…et j’en suis pas peu fier !!
J’sens que ça va tourner au vinaigre l’été 1993 !!

Posté en tant qu’invité par Francois:

Step’ a écrit:

Le reste de l’année scolaire se passa en jeux et en ris.
Nous étions en 1993.
L’été nous préparait un sale tour de cochon.

Bah! dans le cochon, tout est bon, c’est bien connu…

Posté en tant qu’invité par visse:

Merde, c’t’est Alban le 1er à lire. Ho mais doit y avoir délit d’initié…

Posté en tant qu’invité par miette:

ah j’suis pas tres tres loin non plus .
été 93 ?
c’est à dire que ça faisait quand même un bail que je ne trainais plus mes guetres ou le reste sur les bancs de la communale ou de la fac …

disons que quand je sortais, je passais par la porte au lieu d’utiliser la fenêtre et si j’avais proposé à mes parents de me sponsoriser le super duvet dont je rêvais à l’époque , sous le couvert d’initiation nature et découverte avec les z’amis novices z’ enthousiastes (l’urbain a raison : enthousiastes sur les 6 premieres heures, apres ça se complique), ils m auraient ri au nez . « fais donc plus de baby-sitting ! »

en l’occurence , demande une augment’ à ton boss …

été 93 ? non , ce n’était pas la canicule . il devait y avoir moins d’anglais dans la Condamine Vaucher (quoique je garde un bon souvenir d’un certain Peter, qui me faisait la courte échelle sur le pas de démarrage) .
non, je ne vois pas , vraiment.

Posté en tant qu’invité par pierre:

visse a écrit:

Merde, c’t’est Alban le 1er à lire. Ho mais doit y avoir délit
d’initié…

Bah …
Le premier, le second … le dernier …
Tu n’es pas sans savoir qu’à la fin, certains prétendent que l’ordre s’inverse.
Non, en vérité, je vous le dis : l’essentiel c’est de ne pas le rater, et ce n’est pas si facile, avec cette manie typiquement sourcienne de mettre toute l’histoire sur le même fil !

Posté en tant qu’invité par Bertrand:

Eté 93 : je me souviens qu’il avait neigé plus d’1 mètre vers 2000m aux alentours du 10-12 juillet. La neige était descendue à 1200m en Suisse, cols routiers fermés, etc…Je partais pour 5 semaines d’expé au Lénine et me réjouissais donc de voir les conditions en haute montagne pourries pour un certain temps pour mes petits camarades qui restaient par ici…

Posté en tant qu’invité par Step’:

Arrrrgl…
Bravo Bertrand…
Quelle mémoire, quand même !

Posté en tant qu’invité par pierre:

Bertrand a écrit:

Eté 93 : je me souviens qu’il avait neigé plus d’1 mètre vers
2000m aux alentours du 10-12 juillet. La neige était descendue
à 1200m en Suisse, cols routiers fermés, etc…

Exaaaaact’
En juillet 93, ma p’tite dernière avait 2mois …
Et le petit séjour prévu au camping de La Bérarde s’était terminé dans l’Aude.
Où il avait plu.
Beaucoup.

Et du coup, ça a sûrement dégoûté fifille du camping sous tente : maintenant, quand on bivouaque, c’est « belle étoile » obligatoire !

Posté en tant qu’invité par AlbanK:

Dans l’ Olan, par exemple …

Posté en tant qu’invité par Bertrand:

En tous cas, connaissant maintenant un peu les coulisses, je me réjouis une nouvelle fois de lire tes aventures; le début met l’eau à la bouche, comme toujours…