Effectivement. Depuis 1900 ans environ.
Le Loup en France
Donc d’après toi, il n’y a pas eu de réaction en cascade, et ceci notamment parce que l’agriculture a pris le relais pour maintenir le type d’habitat qui était entretenu par cette mégafaune, c’est ça ?
Et si l’élevage en plein air venait à disparaître, ça pourrait être le cas ?
En montagne peut-être, mais en plaine, les deux coexistaient, pour fournir l’équivalent de la chasse et de la cueillette, et notamment des protéines animales et des végétaux.
C’est aussi surtout qu’avant une bonne partie des troupeaux devaient servir uniquement à la subsistance locale, dans une économie où la nourriture occupait une place prépondérante, et où donc le coût de la viande était proportionnellement au reste bien plus élevé qu’aujourd’hui.
En gros, pour schématiser, on ne peut plus fonctionner avec le loup et les troupeaux dehors parce qu’on veut produire trop de choses.
Effectivement, la spécialisation des montagnes dans l’élevage, que ce soit ovin, bovin ou autre, est assez récente : moins de 200 ans, et pas « des millénaires ». Elle a notamment été permise par de meilleures infrastructures de communication (routes napoléoniennes, chemins de fer etc.) qui ont permis à différentes régions de faire jouer leurs avantages comparatifs par le commerce.
Et il ne faut pas idéaliser le passé. Les Alpes du Sud, au 19ème siècle, c’était une véritable catastrophe : plus de forêt et une sur-exploitation généralisée de sols fragiles générant une érosion massive qui a conduit à l’expropriation de villages entiers pour le RTM (restauration des terrains de montagne), dans un contexte de grande pauvreté, et du coup d’émigration massive (cf. les belles demeures des « mexicains » de l’Ubaye). Je simplifie, bien sûr.
Pour en savoir plus, il y a pas mal de documentation dispo. J’ai eu la chance de contribuer à une analyse de l’histoire de l’agriculture en Haute Romanche, que je vous recommande, ainsi que ce super livre sur l’histoire de la commune de Chaudun (05).
Ce n’est qu’un exemple, mais j’avais été frappée en visitant le cimetière de Prapic, de l’âge très élevé des décès survenus vers la moitié ( il me semble) du 20ème siècle. Du coup je me demandais quelles étaient leurs conditions de vie et/ou leur résistance.
Effectivement, quand on consulte des photos de la région de Vallouise datant de fin XIX début XX, on voit qu’il n’y a quasiment plus de forêts, d’où ravinement etc.
[Edit Modération: HS]
Eh bien alors, soit le pastoralisme français a une utilité, comme par exemple la gestion des paysages, soit il n’en a plus, et il faut arrêter.
Bonjour,
Autour de moi (Haute-Maurienne), les jeunes s’y mettent (et disent clairement qu’ils ne s’y mettraient pas s’il n’y avait pas d’aides).
A propos de la biodiversité, et de l’utilité des moutons pour maintenir les paysages ouverts, il y aurait beaucoup à dire, mais je vais me contenter du principal, ce que je vois : oui, les troupeaux maintiennent le milieu ouvert, notamment dans des zones qui étaient historiquement fauchées -donc les plus riches en biodiversité- mais à quel prix ? Une fois que le troupeaux sont passés (selon un chargement qui n’a strictement rien à voir avec le pastoralisme d’antan) il ne reste rien. Un désert. Pas une fleur, pas un insecte. Dès le mois de juin en Vanoise.
Si on rajoute à cela un été aussi sec que celui que nous sommes en train de vivre… Ah ça, pour avoir un milieu ouvert, on a un milieu ouvert ! Avec de plus en plus de plages de sol nu.
En Haute-Maurienne, aux dires des éleveurs, 400 brebis (soit des troupeaux d’environ 1000 têtes).
En zone à loup : bergers subventionnés à 80% sur base 35h, 100% en coeur de parc national.
Pas pour rien si les jeunes s’y mettent !
Ca fait rêver.
Bien d’accord, mais une forêt n’est pas un espace mort. Il y a aussi une biodiversité, même si ce n’est pas la même que celle des pâturages. Si il n’y a plus d’élevage, il y aura moins de pâturage et plus de forêt, ça peut être un problème socio-économique (quelle activité professionnelle pour les anciens éleveurs, nécessité d’importer la viande et le lait au lieu de produire localement, …) mais je ne comprends pas pourquoi ce serait un problème pour la biodiversité.
Quel drame. C’est vrai que la forêt amazonienne c’est vraiment chiant. De la forêt à perte de vue et une biodiversité très pauvre c’est bien connu sans doute la plus pauvre du monde. Il est temps d’y introduire quelques troupeaux de moutons bien voraces. Avec des tonnes de patous parce que là ya pas que des loups.
Bon je retourne dans ma cité. Au revoir
[Edit modération : la réponse n’est pas toujours obligatoire]
Parce que ce ne sont pas les mêmes espèces qui vivent en milieu ouvert qu’en forêt.
Ces espèces seront mises à mal si les prairies disparaissent.
J’ai bien compris. Ce que je ne comprends pas c’est que j’ai l’impression que vous pensez que les espèces qui vivent en milieu ouvert sont « mieux » que celles qui vivent en forêt. Et je ne comprends pas pourquoi.
Je ne pense pas qu’elles sont mieux.
C’est juste que celles-ci déclineront, voire disparaîtront, donc moins d’espèces en tout.
Sans compter qu’il y a peut-être ( sûrement ? ) des interactions avec les espèces forestières.
A vous lire on dirait que c’est du tout ou rien. Les espaces ouverts ne vont pas disparaître totalement et la France être recouverte de forêt sur 100% de son territoire non urbanisé.
Il y a des tendances dans un sens ou dans l’autre, et le monde est en perpétuel changement. Certains idéalisent un peu le passé ici, comme si rien n’avait jamais changé durant les siècles précédents et si ce qu’ils ont connu pendant leur jeunesse était un idéal à conserver pour l’éternité.
Oui, mais il faut distinguer les changements progressifs et ceux qui sont brutaux.
Pour la nature, un changement trop brutal fait que les espèces n’ont pas le temps de s’adapter, et ça peut entraîner des conséquences en cascade.
Bon, je ne pense pas que si quelques troupeaux de brebis disparaissent des pâturages, l’impact sera majeur pour la biodiversité dans son ensemble, mais il risque de l’être beaucoup plus pour certaines espèces en particulier, et pour les habitants ( humains) des zones concernées.
Avant qu’il y ait une forêt comme en Amazonie en France, de l’eau aura coulé sous les ponts.
https://www.kloranebotanical.foundation/forets-primaires-de-france-et-deurope
Constat à la fois simple et triste : la France métropolitaine, alors qu’elle compte 17,3 millions d’hectares de surface forestière4 , ne compte pas de forêts primaires, en tout cas pas au sens de la définition adoptée par la FAO.
Donc même avec beaucoup d’eau ayant coulé, de toute façon, ce sera une forêt qui a subi à un moment les conséquences directes de l’action humaine.