Le Devenson, terre de zizanie

Posté en tant qu’invité par un iconoclaste!:

Quel déluge verbal! Décidément, lorsque l’on parle du Devenson, toutes les passions se déchaînent! Nostalgiques du piton, vous allez trembler lorsque vous découvrirez avec horreur la multitude de voies modernes au Devenson dans le nouveau topo de la FFME…
Quant à cette nouvelle voie, pomme de la discorde, quelques précisions s’imposent.

Tout d’abord, la Coryphène s’étire sur 226 m de hauteur. Mais son départ se situe quelques mètres au-dessus de la mer. D’où les 230 mètres de hauteur de « La mémoire… » qui démarre au raz de l’eau.

En outre, il ne faut pas confondre « hauteur » et « développement » qui, comme son nom l’indique, représente la longueur d’escalade parcourue; à la différence de la hauteur qui désigne une différence d’altitude.A mon avis, c’est le développement qui est significatif car il rend mieux compte de l’effort physique. A une dizaine ou une vingtaine de mètres près, on n’est pas loin des 380 m moyen de développement. Gardons à l’esprit que les cordes ne sont pas marquées tous les mètres et ne constituent pas des instruments de mesure. Mais peut-être pourrions-nous proposer un métrage précis à un géomètre grimpeur…?

Quant aux interférences avec la Coryphène, il est vrai que « La mémoire… » coupe deux fois la Coryphène. La première fois, sous le dévers central au sommet du jardin médian de la Tour Save. Le relais moderne a été volontairement décalé à droite afin de ne pas faire de l’ombre à ce mythe. Ainsi une cordée répétant La Coryphène sera toujours contrainte de réaliser son relais sur coinceurs ou pitons avant de s’engager dans la dernière cheminée sous le sommet de la Tour; ce choix respecte l’esprit de la voie ancienne. Et la seconde fois, au collet de la Tour Save. On ne peut guère faire autrement puisque le collet constitue le carrefour de toutes les voies qui s’inscrivent dans cette Tour ?! Et malgré toutes les apparences, la dernière longueur n’emprunte nullement La Coryphène. Il faut se méfier des habitudes. La dernière longueur de « La mémoire… » qui se développe sur l’arogonite fut en effet ouverte par Guy Abert en 1973 et en solitaire. Elle s’appelait « Loco » et constituait un entraînement personnel pour Guy Abert avant de partir en expédition et pour l’examen de guide de haute-montagne . Elle figure d’ailleurs dans ses topos personnels sur son site internet www.abert.fr . Mais elle n’intéressait plus personne compte tenu de l’extrême exposition…Lors de l’ouverture, Guy Abert laissa en place les lunules fragiles. Les répétiteurs suivants (après 1973) de la Coryphène, se sont ensuite trompés et ont emprunté ces lunules fragiles avant de rejoindre l’arête sommitale. Par le jeu des habitudes et des parcours successifs, le tracé s’est modifié dans les esprits par erreur. Les esprits septiques pourront trouver une autre preuve plus probante dans une bible devenue rare : « Les 400 plus belles escalades et randonnées, Calanques/Sainte-Baume/Sainte-Victoire de Gaston Rébuffat aux éditions Denoël ». Ce dernier cite pour les deux dernières longueurs de la Coryphène : « Rejoindre le collet, puis escalader légèrement à DROITE du taillant de l’arête se profilant à l’aplomb de la Tour (A2, VI). Rejoindre ensuite cette arête. R9 (à droite). Suivre le taillant jusqu’au sommet (V+, V, V+/VI) que l’on atteint au pied de la croix » (croix qui a disparu d’ailleurs…). La voie de Guy Abert part immédiatement à GAUCHE dès le collet ! Je doute fort que Gaston se soit trompé ! LE PASSAGE d’ARAGONITE tant contesté N’A donc JAMAIS FAIT PARTIE DE LA CORYPHENE!
La longueur de Guy Abert a donc été rééquipée sans scrupules en respectant l’engagement d’origine (l’exposition a bien évidemment disparu grâce aux scellements) ; ce rééquipement, qui avait d’ailleurs été partiellement initié par l’ouvreur, a fait la joie de Guy. Tout ceci est mentionné dans le topo internet. Rappelons également que l’engagement de la Coryphène n’a pas été modifié. En effet, le Baoù Rouge, La mémoire et La Coryphène, se coupent toutes trois au même endroit, au centre de la Tour. Et le Baoù Rouge constituait déjà un échappatoire pour les deux ouvreurs de La Coryphène en 1967…Donc statu quo ante bellum… !

Enfin, terminons sur des choix anticonformistes ; le nom de la voie peut paraître ridicule. Le nom n’est pas censé refléter l’ambiance générale de l’itinéraire. Il peut aussi rendre compte de l’état d’âme ou des préoccupations des personnes qui ont participé à ce projet (Pensez à la Demande au Verdon, pour la demande en mariage de Guillot…)? Un nom n’est pas forcément choisi afin de faire plaisir aux répétiteurs ! Proposer une voie jolie et bien équipée dans un cadre somptueux, c’est déjà pas mal, non ?! Le nom est certes sibyllin et mérite donc de faire fonctionner ses neurones pour le comprendre… Mais peut-être n’y a-t-il rien à comprendre, tout simplement ?!
Quant au tapage médiatique, il a sans doute sauvé la voie des intégristes du Devenson grâce aux répétitions rapides. Il est difficile de convaincre certains fous…Alors devant certaines menaces, internet fut peut-être salvateur pour la voie mais sera aussi peut-être destructeur pour le calme qu’offre le cirque …Mais ce n’est que précipiter le phénomène avec le topo FFME à venir… Et puis peu importe si les adjectifs du topo sont surfaits, l’objectif est atteint : faire découvrir une jolie voie à des grimpeurs de niveaux modestes. N’en n’avez-vous pas marre qu’on vous présente essentiellement des itinéraires abominablement difficiles dans la presse grimpante, seulement à la portée d’une élite? Mais évidemment, les galets dérangent. Ils ne sont pas destinés à glorifier les équipeurs qui sont tous d’ailleurs d’illustres (!) inconnus dans le milieu et des grimpeurs de niveau modeste. Ils sont juste destinés à sceller une amitié à travers le temps et de laisser un souvenir à leurs enfants…Concernant la « boîte aux impressions », elle est peu visible, en toute objectivité. La plupart des cordées ignorant son existence ne la découvrent pas…Rappelons, pour les détracteurs, que le choix d’une boîte n’est pas nouveau ; Jean-Michel Cambon en avait déposé une au sommet de Ranxerox, à la tête d’Aval. Il en existe également une au-sommet de la Walker du Livet…

Pour conclure, il me paraît plus vaniteux de nommer une voie par le nom de l’ouvreur, tel que couloir Whimper…que de coller quelques galets qui n’ont de sens que pour une poignée d’amis ! De tout façon, le temps ou un irascible se chargera de les faire disparaître. Et n’importe qui d’autre qui aurait équipé dans cette Tour aurait récolté la tempête ; car cette Tour était le symbole du terrain d’aventure dans les Calanques. Inexorablement, une ligne aurait vu le jour…car le Devenson n’est plus, depuis de nombreuses années le sanctuaire du terrain d’aventure dans les Calanques. Un autre aurait détruit également ce symbole… destruction d’ailleurs qui soulève le débat de la réduction des espaces vierges, sur la mémoire de l’escalade traditionnelle et sur la définition des termes confus de « terrain d’aventure »…

Bref, « Pour la mémoire de nos enfants… » fut une formidable aventure multiforme que j’ai été très heureux de vivre et partager avec des amis remarquables. Certains choix ne font pas l’unanimité et déclenchent quelquefois les passions ; peu importe, la plupart des échos sont positifs. Et puis, contrairement à ce que pensent certains esprits médisants, je ne suis pas mégalomane. A une période de ma vie, je m’ennuyais fortement et disposait d’une bonne réserve d’énergie que j’ai brûlée dans cette Tour, tout simplement. Cette ligne s’inscrit aussi dans une logique de gratitude, d’altruisme et de curiosité intellectuelle ; comme beaucoup de grimpeurs, j’ai grimpé et donc consommé ; cette ligne m’a permis de comprendre l’énorme effort déployé par les équipeurs, en général bénévoles, et donc d’assouvir ma curiosité et d’avoir un autre regard sur ceux-ci ; et de ressentir le sentiment d’avoir acquitté une sorte de « dette » envers le monde grimpant moderne. Aujourd’hui, je passe à d’autres centres de curiosité !

				Samuel

Posté en tant qu’invité par un iconoclaste!:

Cette voie tant contestée, je n’ai même pas encore eu le temps de la parcourir! Tant les contraintes professionnelles m’absorbent… Seul deux parmi ce petit groupe de 10 amis l’ont escaladée; les autres aussi ont d’autres priorités. Elle ne nous monte pas tellement à la tête, finalement, cette voie…

Posté en tant qu’invité par David:

un iconoclaste! a écrit à 00:33 !!! [Passion, quand tu nous tiens :wink: ]

Tout d’abord merci pour toutes ces précisions historiques et ton profssionnaliste (amateur :wink: ).

Quel déluge verbal! Décidément, lorsque l’on parle du
Devenson, toutes les passions se déchaînent! Nostalgiques du
piton, vous allez trembler lorsque vous découvrirez avec
horreur la multitude de voies modernes au Devenson dans le
nouveau topo de la FFME…

Je crains le pire :frowning:

instruments de mesure. Mais peut-être pourrions-nous proposer
un métrage précis à un géomètre grimpeur…?

Un nouveau métier est né : métreur de voie d’escalade :smiley:

Quant au tapage médiatique, il a sans doute sauvé la voie des
intégristes du Devenson grâce aux répétitions rapides. Il est
difficile de convaincre certains fous…

Là, je ne suis pas d’accord … Je pense que la relance du TA est une bonne chose. Qu’elle soit perçue par les équipeurs comme une forme d’intégrisme, je le comprends puisque l’on met fin à 20 années de glorification des Pharaons de l’équipement ayant remplacé leur foué et leur charue par spits et perfo … L’escalade asceptisée n’est pas la seule et l’unique manière de grimper. Le TA a le droit d’exister. Pour exister, il faut préserver certains terains de jeu … Or ce terrain se réduit de plus en plus. D’où la première polémique sur ta voie, à laquelle tu as répondu et tu réponds encore. Même si tu as respecter ta voisine, la coryphène, tu t’es « attaqué », comme tu le dis toi-même, à l’un des symboles de l’escalade en TA et de l’engagement dans les calanques. Il ne fallait pas s’attendre à autre chose …

Mais ce n’est que précipiter le phénomène avec le
topo FFME à venir…

Non au fatalisme !

Concernant la « boîte aux impressions », elle est peu
visible, en toute objectivité. La plupart des cordées
ignorant son existence ne la découvrent pas…Rappelons, pour
les détracteurs, que le choix d’une boîte n’est pas nouveau ;
Jean-Michel Cambon en avait déposé une au sommet de Ranxerox,
à la tête d’Aval. Il en existe également une au-sommet de la
Walker du Livet…

C’est un coutume très répandue en dehors de la France : plus à l’Est ou au sud, ou Outre-Atlantique. Je trouve cela sympathique :slight_smile:

Pour conclure, il me paraît plus vaniteux de nommer une voie
par le nom de l’ouvreur, tel que couloir Whimper…que de

On en peut comparer les époques. L’ascension que tu cites est d’un autre temps !

Bref, « Pour la mémoire de nos enfants… » fut une formidable
aventure multiforme que j’ai été très heureux de vivre et
partager avec des amis remarquables. Certains choix ne font
pas l’unanimité et déclenchent quelquefois les passions ; peu
importe, la plupart des échos sont positifs. Et puis,
contrairement à ce que pensent certains esprits médisants, je
ne suis pas mégalomane. A une période de ma vie, je
m’ennuyais fortement et disposait d’une bonne réserve
d’énergie que j’ai brûlée dans cette Tour, tout simplement.
Cette ligne s’inscrit aussi dans une logique de gratitude,
d’altruisme et de curiosité intellectuelle ; comme beaucoup
de grimpeurs, j’ai grimpé et donc consommé ; cette ligne m’a
permis de comprendre l’énorme effort déployé par les
équipeurs, en général bénévoles, et donc d’assouvir ma
curiosité et d’avoir un autre regard sur ceux-ci ; et de
ressentir le sentiment d’avoir acquitté une sorte de « dette
» envers le monde grimpant moderne. Aujourd’hui, je passe à
d’autres centres de curiosité !

  			Samuel

Posté en tant qu’invité par Thosber:

Où peut-on trouver le topo mentionné ci dessus?
en tout cas cette voie, plus on en parle, plus j’ai envie d’y aller!
Thosber

Posté en tant qu’invité par David:

Eh bien moi aussi … :wink:

Posté en tant qu’invité par glop:

Juste une question d’un néophyte en TA:

En quoi le fait de trouver des spits dans leur terrain de jeu dérange-t-il les adeptes du TA ???

c’est vrai que le fait d’avoir des échapatoires(par le bas ou le haut …) peut enlever l’adrénaline de ce type de jeux. Bref cela enlève l’engagement d’une voie … est-ce cela une des raisons ?

Merci de m’expliquer !

Posté en tant qu’invité par Cornelius:

Tu as tout compris glop.
si il suffit de tirer un rappel pendulaire pour récupérer une ligne de spit, nous ne sommes plus en terrain aventure.

Un terrain aventure n’est aventure que si il n’y a aucune ligne équipée dedans.
Comme disait quelqu’un dans un autre post, grimper sur coinceurs alors qu’il y a des spit pas loin, c’est comme faire de la randonnée au bord d’une autoroute.

On pourrait aussi sceller des grosses prises en résine dans « la mémoire… » pour qu’on puisse le faire en 4+.
Les adeptes de la version originale n’auront qu’à ne pas utiliser les prises scellées!

Posté en tant qu’invité par Cornelius:

un iconoclaste! a écrit:

Pour conclure, il me paraît plus vaniteux de nommer une voie
par le nom de l’ouvreur, tel que couloir Whimper…que de
coller quelques galets qui n’ont de sens que pour une poignée
d’amis !

Tu aggraves ton cas Samuel.
Te comparer à Whymper, ça c’est très mégalo :wink:

Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi tu est allé équipé là bas.
A te lire tu a l’air plutôt cencé, posé et altruiste.
alors pourquoi avoir agit contre les adeptes de TA, alors que tu aurait pu dépenser toute ton énergie dans une paroi déjà équipée? Ca aurait fait plaisir à tout le monde (car en général les adeptes du TA font aussi des voies équiper).

Posté en tant qu’invité par Phil:

Dans toutes ces discussions intéressantes, on se préocupe de l’avenir d’une forme de pratique de l’escalade plus qu’à la pratique de l’escalade sous toutes ces formes dans les calanques.
Vous n’êtes pas sans (ou vous devez) savoir qu’il existe un projet de parc national sur le site classé des calanques. Depuis plusieurs mois, la fédé et les professionels locaux (compagnie des guides, bureau des moniteurs, et bien d’autres) essaient de trouver un terrain d’entente avec la structure chargée de la mise en place du projet de parc pour conserver notre fantastique terrain de jeu.
Posez vous la question de connaître l’impact d’une telle publicité sur l’un des endroits les plus sensibles du massif.
Pensez-vous que les intégristes de l’écologie, qui sont majoritaires dans le conseil d’administration du futur parc soient favorables à un équipemet « sauvage » des falaises les plus reculées et donc les plus préservées ??
Nous en sommes à peine au stade du conventionnement incontournable de toutes les falaises.
L’équipement (discutable ou pas) et la publicité faits autour de cette « voie » sont préjudiciable à tous les efforts et les énergies dispensées pour le bien de toute la comunauté de grimpeurs, car elle reflète une image contraire à celle que l’on veut véhiculer auprès des responsables du projet.
Il montre une inpossibilité de nous fédérer et malgré notre discours en réunion, notre incapacité à contrôler (dans le sens diriger de manière intelligente) les équipements dans les zones sensibles. Celà va concerner non seulement le terrain d’aventure, mais en cascade, toutes les falaises.
Je crois savoir qu’une partie de la voie a déjà été déséquipée. Je condamne cette pratique tout autant que je ne concois pas qu’on envoie des tonnes de blocs dans la mer et sur les quelques pins qui ont mis des années à s’accrocher sur des minuscules vires et fissures de la paroi pour ouvrir (non équiper) une voie.
S’il s’agit de se faire un nom en passant pour un héros des temps moderne, il y a d’autres moyens plus propres. Là, on joue dans la star-ac et avec par contre des retombées négatives sur tous les grimpeurs.
En conclusion : merci de cette énorme boulette qui va nous procurer encore plus de boulot de diplomatie et nuis obliger à nous rabaisser devant les instances politiques.
A bon entendeur salut

Posté en tant qu’invité par stop le lynchage !:

Arreter de lui taper dessus !
Ce gars la s’est tue les reins et le dos pour equiper une voie qui a l’air très classe dans un environnement sublime. ok, il a collé des galets, ça va,on pas pas le lyncher pour si peu.

Quand au fait d’équiper une voie sur spits proche d’une voie myhtique en TA, c’est vraie que ça diminue l’engagement initial.
D’un autre côté utiliser des friends en TA, réduit également l’engagement, et la corde aussi réduit l’engagement initial…

Mais, bon apparemment il a pas non plus surequipe et a respecté la Coryphene. Le problème c’est qu’à vouloir dire « on garde des terrains wilderness » on empêche toute nouvelle création et on transforme les falaises en musées.
Je pense pas que ce coin des calanques doit devenir un musée, et je propose à ceux qui veulent ouvrir du TA « pur » d’aller ouvrir dans les calanques ! mais ne les transformer pas en musée, ce coin est trop beau pour devenir un musée en plein air !

J’irai grimper dans cette voie des que j’aurai le temps, et ensuite, pourquoi pas répéter la coryphène et les nouvelles voies dans les dévers à gauche.
Les deux pratiques (escalade trad et sportive )doivent (et peuvent) coexister dans un même site.

Je précise que je ne connais pas l’auteur de cette voie…

Posté en tant qu’invité par Etienne:

destruction d’ailleurs qui soulève le débat de la réduction des espaces vierges, sur la mémoire de l’escalade traditionnelle et sur la définition des termes confus de « terrain d’aventure »…

Ta position dans ce débat m’intéresserait beaucoup. Peux-tu la développer?

Je crois comprendre que ton argument est « en créant cette voie je défends un peu le TA car un autre aurait de toutes manières équipé dans le coin, et n’aurait peut-être pas été aussi respectueux de la Coryphène ». Je me trompe?
Si c’est totalement sincère, c’est louable, mais à vrai dire je ne peux pas m’empêcher de trouver ça un tantinet faux-cul… :wink:

Posté en tant qu’invité par glop:

<<Quand au fait d’équiper une voie sur spits proche d’une voie <<myhtique en TA, c’est vraie que ça diminue l’engagement <<initial.
<<D’un autre côté utiliser des friends en TA, réduit également <<l’engagement, et la corde aussi réduit l’engagement initial…

Juste !

A quand l’existence de voies équipées de matos des 80’s utilisables uniquement avec du matos estampillé 80’s bandana et collant fluos compris :wink: ?

Bref, adeptes du TA je vois votre souci ! même si je ne le partage pas :wink:

Posté en tant qu’invité par Cornelius:

Tu semble sous-entendre qu’il n’y a que des vieux gâteux qui pratiquent le TA.
Je pourrais me lancer dans une défense du TA pour démontrer qu’il faut bien plus de qualités pour grimper dans du TA que dans des voies aseptisées. Mais tel n’est pas le débat.

Il ne sagit pas non plus (pour moi en tout cas) de lyncher un équipeur particulier.

Je souhaite simplement mettre en garde la communauté grimpante sur la menace qui pèse sur une pratique en voie de disparition, le TA. Il n’est pas menacé par le manque de pratiquant mais par la diminution inexorable de son territoire.
C’est très bien d’équiper. Il faut juste laisser quelques espaces vierges pour que tous les types de pratiques puissent s’exprimer.
Ca ne peut se faire que dans la concertation et l’accord mutuel. Sinon, un jour des intégristes iront scier les scellements de « pour la mémoire » ou chier dans la « Coryphène ». Ca serait dommage pour tout le monde.

Posté en tant qu’invité par glop:

Cornélius,
Comme tu le dis, inutile de défendre le TA , personnellement trouve cette pratique fantastique et j’en admire les pratiquants !

Mais peut-être faut-il savoir pourquoi historiquement a-t’on pratiqué le TA, dans quelles conditions (lieu,époque, matos).

Et pourquoi ne pourrait-on pas pratiquer le TA dans un terrain aseptisé ???
On grimpe pour soit, non ? pas pour l’avis des autres concernant notre engagement !!
Ce que je veux dire par là c’est que L’engagement « mental » que l’on décide de prendre ne pourrait-il pas dépendre que de nous ??

Avec une condition de base à préciser, dans ce contexte il convient de distinguer « l’engagement réel » de ce que je nommerais « l’engagement mental conditionné »

J’explore simplement une piste en émettant une hypothèse … Mais j’en percois déjà les limites et toute perturbation permettant d’agiter ma luciole et la bienvenue :wink:

Posté en tant qu’invité par Pascal:

"Mais peut-être faut-il savoir pourquoi historiquement a-t’on pratiqué le TA, dans quelles conditions (lieu,époque, matos). "

Ca, c’est tout simplement l’histoire de l’alpinisme. En fait par opposition à l’escalade sportive et aux terrains spités, quand ils sont apparus, il a fallu inventer « TA » pour simplement dire qu’on allait faire une voie non (ou peu) équipée, ce que des générations d’alpinistes faisaient auparavant sans se poser trop de questions. Et personnellement j’aurais tendance à penser que « Terrain d’Aventure » et « TA » pour dire en fait « Terrain non équipé », ont été très mal choisis à l’époque et n’ont pas aidé à rapprocher les deux activités.

Posté en tant qu’invité par Helmut Hardt:

Bonjour à tous.

Il y a quelque chose qui me chagrine dans le raisonnement de certains ardents défenseurs du TA que je lis ici (ou ailleurs), c’est leur volonté d’exclure systématiquement ce que l’on pourrait appeler l’escalade sportive (spitée) des zones où se trouvent des voies TA, de créer en quelque sorte des sanctuaires protégeant ces voies et leur valeur d’engagement. Pourtant, ces mêmes personnes prennent régulièrement en référence ce qui se fait ailleurs en Europe (par exemple en Espagne) en signifiant que, là-bas, les différentes pratiques coexistent sans souci. Eh bien justement, les voies TA y côtoient les voies spitées me semble-t-il, et les choses se passent bien entre les différents pratiquants. Si l’on poussait leur raisonnement initial jusqu’au bout, on pourrait dire qu’à partir du moment où une voie est ouverte dans une face, aucune autre ne doit y être ensuite ajoutée sous prétexte que cela nuirait à la valeur de la première. Forcément, même si je concède que c’est là un peu tiré par les cheveux, le potentiel se limite comme peau de chagrin à considérer les choses sous cet angle. Affirmer aujourd’hui que l’espace de liberté où pratiquer le TA se réduit est une réalité : chaque fois qu’une voie est équipée quelque part, c’est une possibilité de TA qui s’en va ! Pourtant, dire qu’il n’y a plus rien pour le TA, ou que ce sera bientôt le cas est, à mon avis, faux. Des faces pour faire des voies TA, il y en a encore quelques wagons rien que dans le Vercors, Chartreuse ou Belledonne pour ne citer que ce qu’il y a autour du bassin grenoblois. Et je ne crois pas que toutes les voies existantes que l’on y trouve (sans parler des possiblités d’ouverture qui existent encore bel et bien) soient au programme d’un quelconque rééquipement « sportif ». Alors oui, il doit absolument rester une place conséquente pour le TA au sein du potentiel rocheux, mais je ne pense pas que pour le préserver l’opposition systématique aux voies sportives dans les mêmes espaces soit la bonne solution. Défenseurs du TA, vous semblez demander plus de discussion, de concertation, de bonne entente et de partage avec les grimpeurs (et surtout ouvreurs) de voies équipées, mais je crois qu’il serait bon d’appliquer ces exigences à vous-mêmes aussi. L’exclusion de ce que fait l’autre pour préserver son petit espace, dans quel que domaine que ce soit, n’est jamais la bonne solution. Je pense sincèrement que tout le monde a quelque chose à gagner en se cotoyant sur les terrains de jeu : les grimpeurs « sportifs » qui peuvent découvrir ce qu’est une voie TA et pourquoi pas trouver l’inspiration de s’y jeter un jour, les « aventuriers » en se rendant compte qu’une voie spitée n’est pas forcément un sacrilège.
Détracteurs de tout poil, vous pouvez vous lâcher : j’ai mis mon casque lourd !
Bonne grimpe à tous

Posté en tant qu’invité par Cornelius:

Ton hypothèse est très belle glop.
Malheureusement, au risque de me répéter, l’« aventure » du TA disparaît losrqu’on est entouré de voies spitées. Va faire une voie en TA tu comprendras. L’engagement, et donc les sensations ressenties, ne sont pas du tout les mêmes si il y des réchappes faciles (voie spitée à côté) ou pas. Probablement sommes nous trop faibles mentalement pour faire abstraction de ces voies…

Pour Helmut : Ton exemple du vercors et autres massif dans lesquels il reste du TA est fort intéressant. Car tu n’as pas pu citer les Calanques! Dans le vercors ça se passe plutôt bien car il reste des paroies non équipées. Mais pour combien de temps?

Posté en tant qu’invité par glop:

Ok, supposons qu’il existe un sytème de « détrompeur » empêchant l’utilisation de dégaines traditionnelles sur les spits mis en place(donc inutilisables comme réchap si tu es en TA… ),

Trouverais-tu la situation acceptable ?

Posté en tant qu’invité par PhilFlip:

Voila un discours sensé.
Je suis d’accord avec toi Helmut, et plus particulierement je pense que dans les debats TA - voies spités chancun preche pour sa paroisse sans vraiment ecouter les arguments que les autres ont a dire…
Tout ca parce que l’homme est egoiste, manque d’ouverture d’esprit et de tolerance!!!

Posté en tant qu’invité par Cornelius:

Je suis tout à fait d’accord avec toi PhilFlip.
Sauf que je vois les choses dans l’autre sens… ;-(

On ne demande pas aux équipeurs d’arrêter d’équiper, mais de ne pas équiper PARTOUT. Ecoutez ce qu’on dit.

Si on est tolérant et ouvert d’esprit au sens que tu entends, équipons toutes les voies, puis équipons les toutes en Via ferrata puis toutes en escaliers mécanique et ascenseurs (faut pas être égoïste).