Le débat est intéressant et il permet de choisir son camp entre altruisme ou misanthropie.
Je débute et considère que je ne connais rien à l’escalade. Pour autant, il me semble facile de faire ce simple choix par rapport aux exemples que vous citez.
Quelqu’un, plus haut, a cité « le bon sens » et le « civisme ». Et bien, si d’autres on choisi à tord de grimper sans l’expérience requise, croyez bien qu’ils ne sont pas suicidaires pour autant…
Il s’agit juste de méconnaissance de leur part. Celui qui voit l’erreur se commettre sans intervenir est criminel.
L’argument qui consiste à ne pas intervenir ou ne pas insister devant le « petit coq au torse bombé » (qui croit tout savoir et refuse l’aide), est tout aussi criminel et médiocre à mon sens. Bien plus encore que le sentiment médiocre qu’éprouve le « petit coq » lui-même, qui lui, pêche par ignorance. Tout cela pour éviter une engueulade?! Mais ce n’est pas d’engueulade dont il s’agit ici, c’est d’une vie, voir de plusieurs.
Il est donc juste que celui qui « sait », soit mis en garde à vue si il y a accident. L’enquête et le jugement établiront sa responsabilité.
L’autre solution consisterait à exiger un permis breveté pour avoir accès à ce sport. Ce qui finirait invariablement à mettre en place par la suite, une police dans nos montagnes afin de légiférer les abus et les manquements des uns et des autres. Bref, c’est le serpent qui se mord la queue et on n’en sort pas.
Dans un domaine très comparable au problème débattu dans ce post, je vous lis depuis qqs temps et je constate un certain dénigrement du débutant de la part des plus initiés. Pas tous évidemment, mais nombreux sont les initiés qui se retranchent derrière un discours arguant la sécurité et ne transmettent pas leur savoir. Je me suis vu refuser par exemple, l’explication des risques encourus par l’utilisation d’un Grigri, sous l’évident prétexte de la sécurité. Moralité, je suis sorti de ma question « ignare » mais… conseillé par un pro.
Face à cela, je suis donc obligé, soit de commettre une grosse bêtise, soit de payer ma formation. Dans tout les cas, l’idée est qu’il faudra payer … soit de sa vie, soit de façon monétaire. Non pas que je sois pingre, mais sur quels éléments probants puis-je établir que j’ai besoin de cette formation si je ne connais pas le risque encouru?
Comme tout ignare débutant, j’ai besoin d’une prévention qui passe sur la connaissance technique mais aussi sur la connaissance morbide du risque. Il y a bien longtemps que la sécurité routière a compris l’utilité de communiquer en montrant l’accident et ne s’arrête pas au seul slogan « attachez vos ceintures ».
Je me fais volontairement l’avocat du diable dans cette question qui requiert là encore une notion de bon sens. c’est pourquoi je vais opter pour la formation, mais verser dans la dérive sécuritaire à tout bout de champ représente à me yeux une grande lâcheté, un formidable « non-dit », qui sert possiblement les petits intérêts de certains mais qui ne s’immisce pas dans une logique constructive.
Pour ma part, j’ai hâte d’acquérir cette connaissance afin de la partager avec d’autres… voir de la défendre. On ne fait pas ce sport seul comme l’on pourrait faire du lancer du marteau ou de la muscu… on le fait tous ensembles.