Infos route d'accès au Pré de Madame Carle

Les refuges sont apparus dans le derniers 1/3 du XIXe, bien avant la voiture donc. Il faut arrêter de penser que les pratiques très particulières qui sont les nôtres aujourd’hui valent de toute éternité (et il faut l’arrêter d’autant plus qu’elles sont l’inverse même du durable).

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Cherches-y donc le coût de rénovation d’Adèle Planchard ou de la Lavey, et le coût que représenterait la reconstruction de la route entre Ailefroide et le Pré de Madame Carle; je crois que la différence devrait répondre à ta question initiale et clore le débat.

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Surtout que pour ces 2 routes, le problème est que même si on les reconstruisait, elles seraient de nouveau emportées, submergées, effondrées.
Et la raison imaginée par Seb n’est pas la bonne

Non, les balbutiements des refuges remontent aux années 1930, mais les premières grosses campagnes de construction des refuges se situent après 1945, à une époque où l’alpinisme, d’ailleurs, s’est démocratisé, avant de redevenir une activité majoritairement pratiquée par les CSP+ à partir des années 2000.

Il y a, en gros deux tendances opposées : celle qui consisterait à « sanctuariser » et celle qui consisterait à reconstruire. On devrait trouver un compromis. Dans cet article de Montagnes Mag, le chiffre estival de 700 véhicules jour au pré de Mme Carle est cité. Si on estime qu’il y a au moins 2 à 4 personnes par véhicule, on atteint 1500 à 2500 visiteurs par jour. Avec des navettes de 50 passagers, il faudrait 46 véhicules pour monter le même nombre de visiteurs. Il y aura forcément de la casse économique, parce qu’on n’aura pas cette capacité de transport.

J’imagine mal qu’on puisse stationner 700 véhicules/jour supplémentaires à Ailefroide, déjà saturée.

J’ai quand même le sentiment qu’Ailefroide et le Pré de Mme Carle ont connu, depuis deux décennies, une hausse très nette de la fréquentation.

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En France, le premier refuge est créé par la STD, c’est les Sept-Laux, en 1875. Suivent La Fare en 1877, La Bérarde en 1877, le Châtelleret en 1883 (je continue ou je peux m’arrêter?). Le CAF et autres STD ont été créés, dans le dernier tiers du XIXe, précisément notamment pour construire des refuges, qui n’ont donc pas risqué d’attendre les années 1930 pour exister.

Pour éviter de raconter des choses pour le moins bizarres, on peut se rapporter à un article sur le sujet dans la Revue de Géographie Alpine de 1975.

Et dans son article de 1922 sur la création de la route de la Bérarde (de même dans la Revue de Géographie Alpine), André Allix explique bien qu’elle n’a été créée que pour desservir les refuges du Vénéon - c’est le CAF et le Touring-Club qui ont payé la route, route qu’en revanche St-Christophe a refusé de financer parce qu’elle ne servait à rien aux locaux (et d’ailleurs la route une fois créée les voitures ne s’arrêtaient jamais à St-Christophe). Pour résumer: les alpinistes, parce qu’ils étaient des bourgeois, roulaient en voiture (ce qui à l’époque était très rare), et se construisaient donc des routes pour accéder plus facilement à leurs refuges. La construction de ces routes était donc parfaitement élitiste.

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Et aujourd’hui, la tendance est plutôt contraire, en tout cas sur ce forum.. Une certaine « élite » juge que tout le monde peut se passer de voiture, marcher ou pédaler.

Ben si justement le principe d’un refuge c’est d’être éloigné des routes. Sinon c’est un hôtel.

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éloignés certes, mais de façon « raisonnable ».

Article sur l’impact de l’éloignement et des navettes sur la fréquentation à la Bérarde et la fréquentation des refuges->
" Et du côté des refuges ?
Plus haut, les refuges ont eux aussi fini par être déçus, selon Laurent Soullier. « Après un mois de juin prometteur, celui de Temple Écrins avait de gros espoirs, mais à partir de la mise en place des navettes, sa saison a été quasi catastrophique », renseigne l’élu. La situation est identique au Carrelet et l’Alpe du Pin a « moyennement travaillé », poursuit le maire. De son côté, le refuge du Promontoire a « mieux fonctionné, car il est accessible depuis La Grave », analyse l’élu."

c’est pourtant bien 2 arguments régulièrement avancés ici et dans les articles de presse.

Je ne dis pas que l’un est comparable à l’autre je dis que l’équilibre économique de l’un dépend de l’autre et qu’un moindre accès à ces refuges, signant sans doute leur arrêt de mort, autant peut-être arrêter des les entretenir par de l’argent public ?

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Il ne s’agit pas de choses « bizarres » ; il suffit de les lire correctement. Oui, les refuges ont été créés aux dates que tu cites. Réservés à une élite auto-proclamée, ayant leur carte à un club - CAF ou STD. En revanche, la fréquentation « grand public » a commencé, tout doucement (« balbutiement ») dans les années 30.

Au Royaume-Uni

Quand je suis allé grimper au Ben Nevis, en mars 1990, seuls pouvaient pénétrer dans le refuge les membres du British Mountaineering Club, ou les invités. Un jeune couple Écossais de 18-19 ans avait planté la tente en-dessous, et avait passé la nuit sous une forte pluie. Ils ont tenté de venir se réchauffer dans le refuge, les occupants - il n’y avait pas de gardien - le leur ont interdit. Il a fallu que je leur porte une tasse de thé sous l’auvent avant le seuil. C’était incroyable. Élitisme à la con.

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Il ne faut pas rêver: la montagne reste la chasse gardée des CSP+. Cf. par exemple le travail d’Hoibian sur la fréquentation des refuges des Pyrénées. Les rares personnes pauvres qui font de la montagne, bivouaquent (ce qui par ailleurs ne veut pas dire que les personnes qui bivouaquent sont toutes pauvres).

Les refuges restent réservés à une élite autoproclamée, il suffit de les fréquenter pour se rendre compte qu’on y croise rarement des livreurs Amazon ou des femmes de ménage.

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Maintenant qu’il faut réserver en 1/2 pension si on veut avoir une place dans énormément de refuges, ce n’est plus à la portée financière de tout le monde.

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Comment ça, « autoproclamée » ?

L’élite dont tu parles, c’est juste des gens qui ont à la fois du temps et de l’argent; mais est-ce que ça en fait une « élite » ? Le terme me paraît excessif.

(ça se trouve où, le travail d’Hoibian sur la fréquentation dans les Pyrénées ? ça m’intéresse…)

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Je ne sais pas si l’adjectif « gardée » s’applique vraiment au context français (pour le contexte Brittanique, plutôt si, notamment en ce qui concerne la CIC hut).

Personnellement je trouve le prix de refuges assez bas par rapport aux autres logements touristiques. Certes, les CSP+ sont surrepresentés dans les refuges et en montagne, mais ça s’explique surtout par le fait qu’ils ont le temps et l’argent (pas que pour payer les nuitées, mais aussi les trajets, la formation, le matériel).

Mais pas de manière absolue. Qu’il n’y ait plus de route va impacter les accès, mais pas nécessairement les supprimer. Les réactions sont différentes entre le propriétaire de Cézanne qui réagit plus en cafetier-restaurateur de bout de route et le gardien des Ecrins qui s’inquiète moins pour sa fréquentation qui ne changera pas beaucoup (le cas du refuge du Glacier Blanc est dans un entre-deux puisqu’une bonne partie de sa fréquentation se faisait à la journée depuis le Pré).

Et là, pour le coup, si tu supprimes les financements publics pour ces refuges de haute-montagne, tu désertifies complètement la zone; les refuges étant des ERP, avec la règlementation qui va avec, doivent régulièrement s’y adapter ou même simplement s’entretenir régulièrement. Aucune structure privée ne peut financer ça (par exemple le CAF ou une asso de montagne). En plus, les refuges jouent quand même un rôle pas négligeable en matière de sécurité (le PGHM est bien content d’avoir ces relais pour la logistique, l’information de terrain, voire un premier secours éventuel).

Si on suit ta logique jusqu’au bout, plus de route donc plus de financement public pour les refuges, tu entres dans une logique radicale et jusqu’auboutiste; et là, pour le coup, avec… plus rien dans les montagnes, tu vas certainement impacter la vie dans les vallées, et à mon avis, bien plus bas qu’Ailefroide. Comme du temps de Whymper, Coolidge et du père Gaspard…

On verra bien ce que ces refuges (refuge des écrins, glacier blanc, temple écrin, promontoire) vont devenir dans quelques années avec les accès plus compliqués. Personnellement, je pense que c’est ce qui va advenir, de fait.

Ces refuges seront sans doute moins fréquentés, indépendament d’une route reconstruite ou non, parceque les itinéraires de haute montagne deviendront de plus en plus compliqués ou dangereux à cause du réchauffement climatique qui fait fondre inexorablement les glaciers, disparaître de plus en plus tôt les névés, fait apparaître des champs de crevasses, là où on passait en course de neige « rando ».

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À une fréquentation moindre correspondra une rentabilité moindre pour les gardiens…

Y’aura-t-il toujours du monde pour s’engager dans ce métier ?

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