À une fréquentation moindre correspondra une rentabilité moindre pour les gardiens…
Y’aura-t-il toujours du monde pour s’engager dans ce métier ?
À une fréquentation moindre correspondra une rentabilité moindre pour les gardiens…
Y’aura-t-il toujours du monde pour s’engager dans ce métier ?
Mais c’est oublier une partie de son histoire, celle d’après les congés payés de 1936. D’ailleurs, la route du pré de Mme Carle a été construite en 1934, comme on l’a vu plus haut dans la discussion.
C’était l’époque de l’apparition d’une classe de grimpeurs qui bidouillait et campait comme elle pouvait. Je ne suis pas sûre qu’on puisse dire de Livanos que c’était un bourgeois. Pas davantage de Pierre Allain, de Béradini ou Paragot :
On ne peut pas comparer logement touristique et refuges, la vocation, le milieu, ne sont pas les mêmes. En revanche, je vois beaucoup de gens qui séjournent avec des tentes et des vans, y compris sur ce forum. Ensuite, le constat d’aujourd’hui, à savoir qu’il faut avoir du temps et de l’argent pour s’offrir un séjour, ne dit rien de l’évolution depuis 40 ans, bien réelle, à savoir que même dans les campings aujourd’hui, et notamment à Ailefroide, le public est bien plus cossu qu’il ne l’était encore dans les années 90.
Il y a eu, depuis 1993 (récession), et encore plus depuis la crise de 2010, une montée en gamme générale qui est extrêmement rationnelle de la part de l’industrie touristique : mieux vaut attirer un alpiniste ou un grimpeur riche, qui va consommer sur place davantage que ne le ferait un alpiniste smicard qui cuisine sur son réchaud et achète 3 conserves à l’épicerie locale, réservant tout son budget pour le matos et son déplacement. L’UCPA avait été pour beaucoup dans la démocratisation de l’après guerre, prêtant le matériel, ne réservant que les nuitées en refuge… Les cibles actuelles de ce type d’organisme ne sont plus du tout les mêmes.
S’agissant de la baisse de fréquentation du fait de la mise en place de navettes (au mieux), si on considère qu’on a 120 places au refuge des Écrins (construit en 1968-69) et 130 places au refuge du Glacier Blanc (construit en 1948), ça ne fait donc, par jour, que 250 personnes. Si on ajoute, à la louche, une cinquantaine de bivouaqueurs aux alentours (et c’est déjà pas mal), on a donc environ 300 alpinistes par jour sur… 2000 à 2500 visiteurs.
Donc même si une grande part des alpinistes sera vraisemblablement capable de marcher plus longtemps et de faire avec, même en partant d’Ailefroide, ils ne représentent pas même le quart de la fréquentation du pré de Mme Carle. Comme le dit le gardien du refuge des Écrins, c’est bien le refuge du Glacier Blanc et Cézanne qui seront donc les plus impactés.
Une navette atténuerait les choses. Avec deux navettes de 50 personnes par heure, on arriverait à monter entre 300 et 500 personnes avant midi (une part importante des visiteurs monte avant midi pour aller déjeuner au refuge du Glacier Blanc, à Cézanne ou pour pique-niquer en profitant de la vue sur ce qu’on peut encore apercevoir du glacier). Mais la navette, c’est à la condition qu’on puisse au moins aménager une piste, outre un sentier à flanc, pour ceux qui montent à pied, à vélo ou à dos d’âne (pourquoi pas).
S’agissant des navettes, il ne me semble pas raisonnable de les faire partir d’Ailefroide, parce que les gens vont monter s’y parquer et qu’on aura des conflits d’usage avec les grimpeurs, l’espace étant compté. Les navettes pour le pré devraient partir de bien plus bas dans la vallée. Elles existaient déjà, du reste, alors même que la route était intacte, et partaient déjà de Vallouise.
On aura même dans le meilleur des cas, une baisse d’activité, comme on l’a observé pour le Vénéon.
La route ne sera pas reconstruite. Les moyens financiers des institutions ne sont pas extensibles. Dès lors, il est illusoire de s’imaginer que ces mêmes institutions vont injecter des millions d’euros tous les ans ou presque (car ce genre d’évènement sera de plus en plus fréquent) au bénéfice quasi exclusif du bistrotier du pmc.
La solution raisonnable serait donc une piste raccordant les bouts de route restants.
Malheureusement, je pense que relier les bouts restants n’a plus beaucoup d’intérêt. Il manque beaucoup trop de carton au dos de la boîte de céréales pour terminer le jeu… et le peu qui reste sur la boite est lui-même bien branlant. Il y aura au mieux un sentier, qui ne pourra pas passer aux mêmes endroits, puisque certains tronçons n’existeront sans doute même plus après la fonte des neiges l’année prochaine. Des morceaux s’effondraient encore avec les pluies de la semaine dernière