Grand Concours de But!

Posté en tant qu’invité par Joebar:

bon bah moi c’est pas compliqué : j’ai commencé à buter systématiquement en avril. Le plus beau dans l’histoire, c’est ce we fabuleux de mai en Vanoise, avec l’objectif avoué : la Grande Casse (si possible descendre par la petite face N, bah voyons). Montée d’apocalypse le vendredi soir dans la tempete et la nuit, le vent et le froid nous marravent la face dès que les conversions sont du mauvais côté : trop bon. « Impec’, demain on aura d’la peuf ». Tu parles, le lendemain, ça continue de peufiser, et ça pue de partout. Au moindre rayon, va-z-y que ça coule. Trop bon, « bon bah on peut aller à la Pte de la Réchasse ». On y va, le surfeur est content, dégouté y s’arrete rapidement. Et nous autres skieurs, à force de rien voir et de sentir moyen l’affaire, de faire la meme chose : c’est le but! Redescente à plat jusqu’à la cabane, où on restera cloitrés jusqu’au lendemain. Neige sans discontinuer toute la nuit : la grande casse, faut plus rever, c’est fini, on reviendra. Midi, redescente pour admirer la montagne qui purge de partout (joli spectacle, tout Pralo a du se régaler). Donc un we de buts de base, mais qui venait alors s’ajouter à une liste un peu longue à mon goût :-)) Depuis pour conjurer, chui monté à la Grande Lance. Là pour buter, il aurait fallu que j’y mette vraiment du mien. Ah si : j’ai fini de buter mes skis :smiley:

Posté en tant qu’invité par denis:

Départ à 2h30 du mat pour une matinale au couloir de la Dent Jaune aux Dents-du-Midi, Valais… On espère être de retour pour 11h à Lausanne… Tout commence, comme prévu à 1200m d’altitude sur la route bloquué par l’avalanche… C’est parti pour 500m de portage -en théorie-. En une heure, tout va bien on a fait un peu moins de 500m mais la commence le bordel…des arbres couchés partout…on ne voit plus le chemin… Il nous faudra 45min pour monter moins de 100m, les skis se coincent partour… C’est pas grave, on continue…Sorti de la forêt, on se rend compte que l’on est dans la mauvaise combe…on s’est planté de chemin, on est 500m trop à gauche. « C’est pas grave’ ça passe, là haut… » S,en suit un déchaussage, puis un montée dans un couloir raide ou on enfonce… Evidemment, il n’y avait pas eu de regel… Sorti du couloir: « tiens ça commence à se couvrir »… Maintenant, notre but est de rattraper la voie de montée, mais on traverse des pentes à 40, avec juste en dessous des barres d’une cinquantaine de mètres…avec de la neige bien molle. On avance 50m, on réfléchit, puis de nouveau 50m, etc… Il est déja 6h, et il nous reste plus de 1000m à monter…le couloir est encore 400m plus haut. On s’arrete pour réfléchir, puis brouillard complet… Il faut se rendre à l’évidence c’est le but… On redescend sans avoir même aperçu le pied du couloir. Mais pour faire mieux, on se goure de chemin à la descente grâce à un classique « Mais si ça passe! » et on se retrouvre dans des arbustres… de nouveau une bonne vingtaine de minutes pour descendre un soixantaine de mètres… Au total, on aura presque descendu 300m…pour plus de 4h de galère…

Posté en tant qu’invité par Ben:

Est-ce que les buts à Chamonix-Zermatt comptent? Parce que j’ai l’impression que c’est une des plus belles pépinières à but qui soit qui mériterait même sans doute d’ailleurs un concours à lui tout seul: qui s’est pris le plus de buts à Cham’-Zermatt?

bon perso j’ai un taux de réussite de 1/2 donc petit joueur (mais beau but avec coinçage au refuge du vélan 2 jours et descente dans 80cm de poudre bien flippante)

mais je connais quelqu’un qui vient de réussir pour la première fois (à 60 ans), à la 6e tentative, avec toutes sortes de buts: bivouac dans les séracs au dessus des vignettes, ensevelissements dans une avalanche…

Posté en tant qu’invité par gros moërell:

Dans le même registre, les buts sur le mont blanc pourraient remplir quelques pages… tiens, je vais mettre le mien.

Posté en tant qu’invité par gros moërell:

Avec Serge (le même que pour l’autre somptueux but de la saison, http://www.skirando.ch/forums/read.php?f=6&i=22761&t=22729), on décide de faire le mont blanc pour le week end de l’ascencion.
Pas par les grands mulets, c’est bon pour les touristes, ni par les 3 monts blancs, on veut pas de remontée mécanique ni la foule des cosmiques (de toutes façons on a appris qqes jours plus tard la chûte du câble de l’aiguille du midi) mais par le versant italien et le refuge du Gonella.
On prend la voiture, passe le tunnel du mont blanc (ben oui, petit saint bernard fermé…), montée vers la cantine de visaille, quand on est arrêtés par un barrage de militaires. Ne causant pas l’italien, on comprend quand même plus ou moins qu’ils vont faire des exercices de tir dans le coin et qu’on ne peut donc pas passer. On négocie, ils téléphonent à un gradé parlant français, on lui explique qu’on est là pour faire le mont blanc et que promis on trainera pas dans leurs pattes… finalement ils acceptent de nous laisser passer, B4m (militaire) évité de justesse.
Donc départ sur le glacier du miage après un petit portage sur la route et la moraine, on s’encorde pour le principe. Arrivés en bas du glacier du dôme, on voit qu’il est beaucoup trop ouvert pour qu’on skie dessus, passage par le sentier d’été donc. Ca se fait skis sur le sac (déjà lourd de 4 jours de bouffe et du matos d’alpi), dans du mixte rocher/neige qui enfonce avec câbles et échelles par endroits, un vrai bonheur. Quelques jolies séquences de flippe accroché au rocher, de marche avec de la neige jusqu’aux cuisses et plus si affinités, on arrive au refuge à 18h au lieu du midi prévu, morts crevés. Pour achever de nous casser le moral, arrivent deux italiens frais et dispos équipés d’altiplumes et de F1 pleines de trous pour gagner du poids et qui montent comme des balles.
Petit descriptif du refuge d’hiver gonella pour ceux qui ne connaissent pas: sale, humide, pas de coin cuisine, nulle part où s’asseoir, un vrai bonheur. Mangeage, dormage, on se lève à 4h pour partir à l’assaut du gouter et, si la forme suit, du mont blanc dans la foulée (sinon une nuit au refuge du gouter est prévue). Là, mauvaise surprise, on voit pas une étoile et le grésil se met à tomber. Pas question de partir dans ces conditions, on se recouche en mettant le réveil à 6h pour voir ce qu’il en est. 6h, même tableau, donc lever final à 10h. Eclaircie en début d’après midi, reconnaissance sur le glacier du dôme pour le lendemain (enfin c’est ce qu’on croit). Vers 3500, ça se couvre à nouveau, c’est orageux, redescente au refuge. Toute la soirée on assiste à un ballet de flocons qui ruine nos espoirs d’ascencion le lendemain. Obligés donc de redescendre le samedi matin (couloir sous le gonella bien sympa d’ailleurs), fin de la galère.

Posté en tant qu’invité par Jérôme:

…c’est vrai qu’on a pas encore mis noir sur blanc la définition du but. Mais typiquement, ça, ça n’en n’est pas un.
En revanche c’est un très beau pinaillage qui devrait pouvoir concourir dans la catégorie régionale, et qui reste un excellent entraînement pour de beaux buts futurs!

Posté en tant qu’invité par Jérôme:

J’ai l’impression que 2 catégories à savoir Météo et Conditions neige se détachent mais avec un très gros poucentage de but météo quand même, le brouillard nottamment, ressort clairement - en s’en doutait - comme un facteur clé de succès.

Mais je pense qu’en moyenne tout le monde a encore quelques efforts à faire pour aller attaquer des courses un peu plus intrinsèquement butogènes, c’est à dire avec des endroit qui s’enneige difficilement, qui chauffent trop vite par rapport au reste, qui ne dégèlent jamais, qui sont toujours ravagés par les boulettes, qui se plaquent dangereusement à la moindre averse de neige etc.

Bref la saison paraît avoir été prolifique mais peut mieux faire sur l’inskiabilité!

…dément le « where there is a will there is a ouai! », une vraie devise de shaddock barbu!

Posté en tant qu’invité par Chuba-k:

Début janvier, Jabby (Erik le briseur de lame nitro) m’annonce une trilogie (peu avant que montagne mag en parle – il y a de l’espionnage dans l’air), qui monte doucement en difficulté (couloirs N des Rochers de Vallorin, du Clocher des Pères et des Grands Moulins…alléchants et à notre portée).

Le 20 février, Le vallorin se fait s’en problème, en bonne condition (photo et vidéo pour nous faire mousser); ensuite on enchaîne avec le fameux Clocher des Pères, rtt posée le 17 mars, on file à 3. En passant devant la coulée du bas du couloir, on juge que « c’est pas la peine de se faire chier dans de la neige pourrie », que « les boules de neiges merci bien »…et puis « on n’est pas là pour battre des records », que « si c’est pour se la raconter avec ce couloir s’est pas notre genre »…blablablabla…bref on se fait dessus et on se rabat honorablement sur la col de la balmette tout comme shahsha (l’honneur est sauf, sauf que l’on sort même pas le col trop chaude la neige…).

Mais voilà il me faut ce couloir juste pour dire que « c’est pas si difficile que ça et qu’on a bien fait de ne pas le faire »; là je continu de faire mousser l’objectif à mon amoureuse et le jour J on prend une rtt, on file en douce, pendant que les 2 autres sont dans le Queras (à s’enchaîner des couloirs, quel con j’aurai dû y aller), le hold-up est bien programmé 20 cm de fraîche, le coin a été repéré, j’ai imprimé tous les topos du web (un annuaire), j’ai tout potassé (je peux dessiner la montagne les yeux fermés), bref ça va être la classe internationale, on part le 28 mars… et là même doute devant ce bas de couloir, « ça peut pas être là », « t’inquiètes, je pense que plus haut vers 1700m il y a un autre couloir ça doit rejoindre, en plus regarde on voit des traces ça peut pas être autre chose », on y va gaiement on monte ce couloir qui se redresse et s’amincit, en regardant deux tarés en ski habillés en ballerine sans tutu nous doubler et faire demi tour, « ha y-aurait-il un problème ? » « mais non regarde ils reprennent la direction du col de la Balmette pour rattraper leurs potes, ils doivent chercher à cumuler le déniv », …« ils sont cons ce couloir c’est une tuerie,… y-a de la neige à gogo que pour nous 2!! » On continu, on prend la petite branche de droite la pente est de plus en plus raide, mais même avec de la neige jusqu’à la taille on passe en miniski, on se rassure en visant ce qui semble être un petit replat qui devrait nous permettre de tourner à gauche pour rejoindre la fin du couloir, il reste 200m de déniv, aller on bourrine plus que 10m sous le replat, et là gros bruit, je lève la tête…trop tard la neige m’a déjà retourné et me pousse à bloc vers le bas, je cris (j’ai presque appelé ma mère), effrayé en me demandant combien de m3 de neige me pousse au cul dans cette putain de pente, ma copine me regarde passer bien calée sans un gros bloc, 100m seulement plus bas je m’arrête…« bon on va s’arrêter ici ça ira pour aujourd’hui », on y était presque « 200m c’est comme si on l’avait fait »…en fait non on a loosé, j’ai complètement merdé sur l’itinéraire, pensant assurer, « pas la peine de prendre les topos j’ai tout dans la tête »…quel blaireau…en descendant on regarde 2 skieurs dans le bon couloir, complètement dégouté je finis cette sortie en assurant à ma copine qu’« il est déjà trop tard pour remonter »…bonjour le hold-up. Il me faudra un 3ème essai pour le sorti.

Troisième sommet : pour les Grands Moulins, on a choisi le versant ouest avec ma copine, « juste pour repérer » et parce que « c’est pas forcement en bonne condition dans le N », blablabla…bref on se fait dessus.

La trilogie n’est pas faite exactement comme prévue, alors on l’a modifie avec le couloir N de Shahsha au Grand Miceau, pour se rattraper, sauf que là on se prend un but à 100m pour cause de plaque à vent (d’après notre fine analyse largement influencée par cette énorme barre, qui rend l’expo si effarayante), le lendemain un mec (Emmanuel…dont j’ai oublié le nom) le rentrera sur son site sans avoir vu de plaque…(aurions nous mal analysé la neige à cause d’une petite frayeur…certainement pas, c’est pas notre genre d’avoir la trouille…).

Bref, nous avons réussi une trilogie un peu butée et arrangée, c’est pas le tour du proprio mais bon on fait avec se que l’on a entre les pieds. Bon je pense me prendre un but sur ce « concours à but », pour texte trop long…avec aucune création de cotation, sauf si on accepte le Btos.mo3.a.f (tos: trilogie l’objectif de la saison; (mo3: modifiée pour faire trois), af (avalanche, fourfoiement)…s’il vous plait…aidez moi je ne veux pas être définitivement un looseur.

Chuba-K (du team extrême 30°, « ceux qui aimeraient bien envoyer du gros dans le 35° », qq images sur jabby.free.fr)

Ps1 : je suis un fan de vos petites randos
Ps2 : je vais au pré de madame Carle en 46min (en partant de Briançon)
Ps3 : l’ancien n’y connaît rien en couloir
Ps4 : vot site c’est de la bombe
Ps5 : je peux faire de la pub sur vous sur C2C (ha merde vous êtes déjà connus je crois)
Ps6 : le Grand Pic de Belledonne c’est sympa, mais Chamchaude 10 fois dans la même journée c’est moins bien.
Ps7 : effectivement le ski de rando peut être un bon sport d’intersaison.
Ps8 : j’aimerai tellement envoyer du gros comme vous, mais je suis trop vieux…je préfère les pentes extrême de 30°.
Ps9 : je vends des miniski bricolés de 12kg
Ps10 : j’ai fait pas mal de sorties (sans compter les sorties en luges)
Ps11 : vivement septembre que l"on reprenne le snow de rando
Ps12 : je suis en manque de …muscles aux mollets.

Posté en tant qu’invité par joebar:

jerôme, tu veux de l’inskiabilité?
http://www.skirando.ch/sortie13889.html?uid=8039

Fin mars je vais au Pertuis, c’est sur la route de la Suisse depuis grenoble, donc impeccable. Portage 5min, puis chaussage. Ah, ça n’a pas regelé… boah, pas grave, le couloir est plein W. Je grimpe pi ça enfonce pas mal quand meme. Ah tiens, le voilà, le cou…loargllllll. Des boules grosses comme des camions ravagent tout le 1/3 inférieur. Même pas peur, j’escalade le truc, me hisse, glisse, repars à l’assaut. Oh la belle langue de neige : 2m de large, qui va bien me dépanner à la descente. Le couloir tourne, les boules ont tourné aussi. Ravagé intégral, il est, ce satané Pertuis. Mouarf, j’ai plus rien à bouffer et chui mort. Tant pis, je vais quand meme voir la vue la-haut. Géniale, la vue d’ailleurs. Et donc, ce n’est PAS le but! Quel intérêt, me direz vous, dans ce concours? Eh beh tout l’intérêt réside dans une nouvelle cotation de but : le B0ed pour entêtement débile. Le truc qui sert à rien, si ce n’est à risquer de cartonner à la descente tellement c’est inskiable. Super le Pertuis, j’ai juré de jamais y refoutre les pieds si ya pas 3m de peuf.

Posté en tant qu’invité par Jérôme:

Ah ah ! Ca c’est du bon ! 600m de boulette à descendre ça c’est vraiment n’importe quoi ! Le inskiable-quand-même-skié n’est certes pas un but, mais c’est très quand même très louable ! Surtout s’il faisait beau et que le soleil ne narguait de tous ces rayons !

Chuba-k >> Ouééé un fan un vrai ! Et qui loose autant que nous ! Ah ça fait plaisir de voir qu’on fait des émulent et que d’autres butent avec autant d’ardeur que nous !

Posté en tant qu’invité par âlex:

Il me vient bien à l’esprit un but (rétrospectivement) sympa mais c’est pas un tout jeune. Tant pis pour le Nimp’But d’Or 2004, j’ai ptet une chance au classement toutes saisons.

C’était un peu avant Noël 1998, j’en étais à mes toutes premières sorties en skirando et donc sans grande expérience du but. Avec des potes du club montagne de mon ecole, on avait décidé de faire un petit raid de 4 jours dans le Beaufortain en faisant quelques classiques style le Grand Mont etc. et en bivouaquant à la belle étoile. Nous ne doutions en effet de rien. D’ailleurs avec ces potes là, on a jamais dormi en refuge ni pris les remontées mécaniques : c’était toujours bivouac et montée à pied avec les sacs énormes. Je comprends mieux maintenant pourquoi c’était toujours les 3 ou 4 mêmes têtes dans notre club montagne. =D

Le raid commença très fort dés le départ de Paris où nous vaquions à nos studieuses études dans notre grande et belle école. En effet après plusieurs changements de RER, nous nous rendîmes rapidement compte qu’attraper le TGV d’Annecy allait nous imposer d’enclencher la post-combustion. C’est donc en courrant, gros sac sur le dos, skis (pas léger les skis, pas des altiplume-lovetech de rigolo madame!) dans une main, chaussures de rando dans l’autre, que nous arrivons à la Gare de Lyon, remontons le quai… pour se voir fermer la porte du TGV au nez à 10 secondes près ! Finalement on saute dans le train de Genève et on arrive à Annecy après que l’un d’entre nous a demandé à papa-maman de venir nous chercher à la gare.
=> B4+t évité de justesse (B4+ car le B4 semble un peu sous-coté dans ce cas : on a failli ne pas approcher les difficultés à moins de 600km… et t pour « train »).

Le lendemain nous sommes gonflés à bloc, les sacs sont prêts, les skis rugissent, l’élastoplaste du gladiateur est appliqué consciencieusement sur nos délicats petons. Premier contact avec la montagne et déjà le but doucement s’esquisse : la route est impraticable depuis plus bas que prévu (barrée ? je ne me souviens plus) mais pas assez bien enneigée pour pouvoir chausser les lattes. Pas grave, on les charge sur les (gros, dois-je le rappeler ?) sacs et on commence à monter tous confiants dans notre entreprise malgré le temps plutôt maussade. Finalement le manteaux blanc s’épaissit et nous pouvons enfin jouer aux vrais skieurs en raid. On pose les affaires superflues près d’une grange et on entame la montée vers notre premier sommet de la traversée. Tout se passe bien, on sourit à la caméra que nous avons apportée pour faire baver plus tard les petits camarades restés à la maison. Progressivement toutefois, les nuages descendent et le sommet se perd bientôt dans la brume. Point trop rassurés par le parcours d’arête final ni très motivés par la perspective d’une vue bouchée, nous nous contentons d’atteindre la base de l’arête et nous replions en hâte vers nos affaires restées au fond de la vallée.
=> B3md

Nous rechargeons nos sacs et poursuivons dans le vallon vers notre futur emplacement de bivouac au pied du Mont Rosset. Finalement le soleil réapparait un peu et nous nous attelons à l’édification de 2 magnifiques igloos… Ou plutot on essaye. En effet aucun de nous n’a vraiment d’expérience en la matière et de toutes façons la neige, plutot poudreuse voire légèrement croutée, ne se prête pas trop à la réalisation de briques. Les autres abandonnent rapidement et se contentent d’élever de vagues murs de neige autour du trou dans lequel ils dormiront. Mon collègue et moi nous acharnons. Je trouve les restes d’une vieille barrière et nous nous en servons pour faire une sorte de toit à notre abri. On pose quelques vagues plaques de neige dessus et de loin on pourrait presque croire que c’est un igloo. Les autres sont verts ! Entre temps le soleil s’est caché derrière la montagne et il se met à faire très froid. pour une raison non encore élicudée j’enlève 5 min mes gants, humides à cause de nos travaux et quand je tente de les renfiler, ils ne sont plus que 2 morceaux de glace ! Occupés à nos travaux, nous ne nous sommes pas rendus compte que l’obscurité s’installait petit à petit sur notre campement. Les autres sont déjà dans leur sac de couchage et aborbent leur ration de pates. De notre côté nous tentons vainement de faire bouillir le peu d’eau non gelée qui reste dans nos gourdes. Finalement ce sont 2 frontales passablement énervées qui se penchent sur notre réchaud : « pourquoi elle veut pas bouillir cette saleté de flotte !? » En désespoir de cause, nous renoncons à toutes idées de pates ou autres soupes chaudes et nous contentons d’un gerblé chacun. On se glisse dans notre petit abri de fortune avec sa porte bien trop grande, ses parois bien trop fines et constellées de trous et zou ! dans le sac de couchage tout neuf acheté la veille cher Décat’.
Malheureusement l’igloo est trop petit pour moi et j’ai la tête et les pieds qui touchent les parois de neige. Sans sursac, mon « duvet » est vite trempé à ses extrémités et je dois me replier en position foetale pour affronter la dure nuit blanche et glaciale qui s’annonce.

Au matin, j’entends une voie à l’extérieur. C’est nos copains du trou d’en face. Eux ont pas trop mal dormi, mieux équipés, secs et nourris. « Allez debout c’est l’heure ! » s’exclament-ils. Complètement réfrigérés de notre côté, nous n’avons pas du tout mais alors pas du tout envie de sortir de nos sacs et nous retenons de leur suggérer d’aller se faire… enfin vous voyez quoi ! et préférons nous terrer dans un mutisme réprobateur. Fianlement nous tentons sans grand entrain une sortie de notre truc-chose-gloo pour avaler 2-3 Gerblé. La météo est bouchée, tout comme notre moral à tous. Le raid est compromis nous décidons le repli : B4 puissance 3 pour les 3 jours qui restaient à faire.

Pour sauver l’honneur on se dit qu’on pourrait peut-être eventuellement si possible envisager de monter au mont Rosset par la voie normale qu’on croisera dans notre débacle. Fianlement au pied du Rosset, les flocons tombent de plus en plus, la visibilité est nulle, le moral est dans les chaussettes et la météo interrogée par téléphone portable dans un coin avec un peu de réseau annonce limite la fin du monde. Tiens ! a posteriori cette histoire d’igloo, de sale temps, de 4 randonneurs, de Mont Rosset, ça me dit quelque chose…
Tarif : B4md

Bref retour au point de départ, E.T. téléphone-maison, papa-taxi, téléfoot… hein ?! un raid à ski ? koi ça ?? dans le Beaufor-quoi ? Zêtes pas bien !

Posté en tant qu’invité par Sylvain:

Ben si, il en prend aussi, mais c’est pas a moi de raconter …

Sylvain

Posté en tant qu’invité par casscroot:

Que de plaisir à lire ces louables performances! J’y retrouve tant de situations connues (et sûrement qu’il me reste à connaître un jour ou l’autre).

Pour Joe bar : Si tu attend d’avoir 3m de peuf pour aller au pertuis, tu risques d’y buter aussi, fortes chances de B3xae (d’ailleurs, si vous trouvez un godet de pelle et un gant mamut dans le pertuis cet été…). Testé cet hiver, en sortie CAF en plus, parce que se mettre dedans tout seul, c’est un peu petit joueur.

Posté en tant qu’invité par martin:

Voila mon plus beau, mais pas de cette annee (02/2002), et un peu long a raconter:

Rando sur le plateau de Beille (Pyrénées), sur 2 jours organisé avec ma soeur (qui avait deja fait un peu de rando) et 2 authentiques debutants: temps pourri annoncé pour tout le weeek-end, mais on tente quand meme l’affaire: le but est d’aller dormir a la cabane de Boutas le premier soir et de faire un tour pour revenir au plateau de Beille le lendemain (difficulté ski: 1.3).

J1 : On attaque un peu tard, vers 12h; un peu de plat et une descente sanglier plus tard - idéale pour les debutants - et nous voilà au crépuscule à encore une heure du refuge; je prends alors un peu d’avance pour le rejoindre le plus tot possible; apres avoir tourné dans le brouillard+nuit une bonne demi-heure, je le débusque enfin et retrouve le reste de l’équipe un peu plus bas; en suivant scrupuleusement les traces, tout le monde arrive au refuge: B0, mais grosses sueurs froides de mon coté de ne jamais trouver le refuge…

J2, plus rigolo: temps maussade, mais bonne neige en perpective: je propose de rallonger la boucle initiale par un petit sommet au nom sympathique, le Bourbourou: 15° de moyenne sur 400m. Mais j’ai un peu présumé des forces et de la rapidité du groupe et apres 250m de denivelé, le plus sage est de faire demi-tour; il faut bien reconnaitre ici qu’on a pu skier agreablement 10 minutes en retournant au refuge; donc refuge, et attaque de la longue boucle qui doit nous ramener au plateau de Beille. Mais le brouillard arrive, au pire moment: alors que l’on est assez près de revenir sur le plateau de Beille, mais dans un terrain valonné complètement paumatoire. En plus, on se retrouve par endroit sur des pentes plus raides, ou l’avalanche me fait peur. Résultat, à 15h, le plus sage me parait etre de refaire tout le tour en sens inverse, ou l’on aura au moins des traces a suivre… et cela, bien qu’on ait fait les 3/4 du tour en 1 jour et demi !
Donc c’est parti, on repasse devant le refuge, on l’on hésite à s’arreter, mais on decide de continuer… remontée de la partie sanglier a pied au crepuscule et tentative, à la sortie de la foret de remettre les peaux: et là, on ne parvient a coller que 7 peaux sur 8… pas moyen de coller une pes peaux (matos de loc), dans des conditions certes difficiles (froid bien humide…). Pas grave, on a plus d’un tour dans notre sac; au moyen de l’eau d’une gourde aspergee sur la semelle, puis du regel qui s’ensuit, on parvient a former une peau de glace, qui limite la glisse…
La promenade se poursuit, dans une nuit maintenant quasi-tombée. Heureusement, dans les dernieres lueurs, nous rattrapons une piste de ski de fond du plateau de Beille; nous croyons etre sortis d’affaire à ce moment-là, mais ce n’etait pas encore fini:

  1. Vu que c’est plat maintenant, on peut enlever les peaux… sauf la peau faite maison, qui forme maintenant une magnifique carapace de glace-neige sous le ski; voila donc notre ami, glissant sur un ski, puis s’arretant brutalement des qu’il pose l’autre ski…

  2. Une piste de ski de fond a la particularité générale de prendre le chemin le plus long pour se rendre d’un point a un autre, cela pour permettre au passionnés de ce sport de faire le maximum de kilomètres; et donc nous avons suivi cette piste, virages inutiles apres virages inutiles… sachant malgre tout que c’etait plus sur que de tenter un raccourci ou l’on avait toutes les chances de se perdre!

Nous voilà en pleine nuit à faire quelques heures de ski de fond quand on tombe sur un plan des pistes ; ahhhh, on va pouvoir se repérer et prendre la meilleure piste! oui, mais là, on a fait fort, pas un de nous 4 n’a une frontale… et c’est grace a la lumière de l’écran du telephone portable que l’on distingue que l’on est proche du but… effectivement quelques minutes plus tard, on reconnait un chemin que l’on avait pris la veille et nous voilà, à 23h, a la voiture! et a 2h du mat a Toulouse
Donc 2eme jour double but au Bourbourou et à la boucle prevue, enchainé sur un bon festival qui m’a fait croire jusqu’au bout qu’on échapperait pas au trou a neige cette nuit-là…

Et pour couronner le tout, il y avait un mec dans le foyer du ski de fond, qui ne nous voyant pas rentrer, a contacté la gendarmerie - qui allait attaquer les recherches et qui avait deja joint nos parents par l’intermédiaire de la plaque d’immatriculation de la caisse!

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par casscroot:

Bien plus efficace que le téléphone portable : les écrans d’APN ou de CaméraDV, c’est grand luxe pour l’éclairage! (bon, c’est vrai que les nouveaux téléphones sont aussi performant sur ce point à présent)

Posté en tant qu’invité par joebar:

casscroot a écrit:

Pour Joe bar : Si tu attend d’avoir 3m de peuf pour aller au
pertuis, tu risques d’y buter aussi, fortes chances de B3xae
(d’ailleurs, si vous trouvez un godet de pelle et un gant mamut
dans le pertuis cet été…). Testé cet hiver, en sortie CAF en
plus, parce que se mettre dedans tout seul, c’est un peu petit
joueur.

Sinon je pense connaitre un autre moyen d’avoir un maximum de chance de buter au Pertuis : y aller demain, pour ma sortie du mois de juin. Mais effectivement, je vais faire le petit joueur si je fais ça… :-))

Posté en tant qu’invité par david:

Pour Joe bar : Si tu attend d’avoir 3m de peuf pour aller au
pertuis, tu risques d’y buter aussi, fortes chances de B3xae
(d’ailleurs, si vous trouvez un godet de pelle et un gant mamut
dans le pertuis cet été…). Testé cet hiver, en sortie CAF en
plus, parce que se mettre dedans tout seul, c’est un peu petit
joueur.

Pas forcément…

Dans le même esprit on pourrait imaginer un concours de coup de poker, le genre tu pars en te disant il y a 5% de chances que ca la fasse, mais ca vaut le coup de tenter alors on va voir… En l’occurence ce jour là c’était un beau coup de poker, une belle après midi ensoleillé avait juste purgé suffisamment le centre du couloir histoire de monter sans ramer sans trop risquer d’en prendre sur le tronche, mais en en laissant de quoi faire sur les contre pentes…

Posté en tant qu’invité par âlex:

J’ai écrit un autre récit de but mais un peu trop long. Je sais pas s’il répond au critère du concours…
A tout hasard :
http://djenoun.skirando.ch/article52.html

Posté en tant qu’invité par Jibé:

j’avais beau chercher dans ma mémoire, je ne trouvais pas de trace de but cette saison. oh il y avait bien quelques B1 mais pas de quoi fouetter un membre du nimp crew.
mais je n’avais pas dit mon dernier mot. donc samedi matin direction la pointe de Méan Martin,après une nuit dans la bagnole au col de l’iseran, j’ai pété au niveau de la fix un ski en décollant ma peau! c’est d un but au niveau du matériel sans avoir skié
j’ai donc fait la course à pied et j’ai donc passé la journée à regarder mon amie se régaler sur une neige qui semblait fort appréciable. grrrrr!
à noter que nous n’avons pas fait le sommet pincipal.
je propose donc un B1m(atériel)
c’est pas avec ça que je remporterai le concours mais au moins j’ai participé!

Posté en tant qu’invité par Alex:

allez, je me lance :

  • Alex, Luc à ski de rando et Benji en raquettes

  • we de février 2004

  • on souhaite monter dans le vallon de la Lavey pour monter au col d’EntrePierroux

  • arrivée à Saint-Christophe-en-Oisans : il neige malgré l’isotherme 0° prévu vers 1700m, et ça verglace, les chaînes de la 106 de Benji se mettent mal sur mon AX, résultat premier but voiture B1v

  • on repart, problème c’est le gros week-end de départ/retour de stations de ski…donc direction la Maurienne, Valloire pour une tentative vers le refuge et après, peut-être, la pointe des ratissières, mais non encore de la neige, des gens qui chaînent sur la route, etc.
    B1v à nouveau

  • demi-tour, on remonte vers Modane, Bramans, on vise les Evettes ou Avérole, et là on voit encore la route qui monte après Termignon bloquée (chaînage, déneigement de la route…), donc encore demi-tour, B1v, cette fois plus de doute, le vallon d’Ambin va nous accueillir…

  • parking à Bramans, navette en bus jusqu’à la chapelle (départ Grenoble 4h, Bramans 11h, bon score ! :o)

  • refuge au bout de 5h de montée face au vent, avec 30cm de poudreuse sur la route (ah les raquettes) et moi qui trace toute la montée, ça sentait le demi-tour…(eh non on y est arrivés), refuge à -2°C, on glisse sur le sol, Benji est glacé…un vieux tabouret cassé fait office de bûche,et la température passe à +2°C (super)

  • lendemain montée au col Sommeiller, Benji se prend un but technique (in-raquettable ;o)) et nous attend B3d avec un seul bâton c’est pas facile…

  • descente épique, Benji rate la dernière navette à 10min près, je gagne le pile ou face qui désigna celui qui irait en navette et celui qui descendrait à pied (chaussures de ski) les 5 derniers kilomètres menant à Bramans…

  • retour tranquille à Grenoble

  • bref, ça aurait pu être un gros gros but par accumulation de petits buts, mais on n’y a pas mis du nôtre, on était en forme, courageux et on avait la carte et l’altimètre (hérésie je sais) donc on savait que le refuge approchait…

Alex