Equipement progressif paroi du masque au roc des boeufs

Bonjour à tous,

En parcourant la paroi du masque au roc des boeufs il y a une semaine dans le cadre d’une initiation à la grimpe sur coinceurs, nous avons été surpris de constater encore l’apparition d’une nouvelle voie équipée sur cette face qui sert d’école au terrain d’aventure.

-Jusqu’à il y a deux ans, cette paroi était de manière informelle réservée à la pratique du trad, et surtout à l’initiation, tant le terrain s’y prète à merveille (rocher solide, difficultés modérées, protections très faciles à placer et abondance de lunules).

-L’année passée, sous l’initiative non concertée d’un club local, la voie Delirium est rééquipée intégralement dans la partie centrale de la face, et une voie supplémentaire reprenant en grande partie « la voie des jurassiens » et « boeuf musqué » est également équipée. L’initiative est discutable mais offre deux voies écoles équipées, tout en préservant la partie gauche de la face.

-Malgré que le problème ait été brièvement évoqué à la réunion des équipeurs de la FFME, cette année une voie est équipée au milieu du secteur le plus parcouru en trad, quasiment dans la voie « à nous les petites lunules ». Cette voie est en partie distincte mais passe à moins de 2m de la voie trad, supprimant ainsi tout l’interêt d’un parcours sur coinceurs.

Précisons que la face est du roc des boeufs présente environ 3km de largeur « exploitable » pour la grimpe. Les dalles compactes permettant l’équipement de voies écoles y abondent. Pourquoi venir les équiper dans la seule paroi pouvant servir d’école de trad du département (en repassant dans des voies déjà existantes et parcourues) ?

Au delà de ces questionnements de partage de territoire de pratiques, le fait de nettoyer ces voies en profondeur (coupe d’arbres, purge systématique, grattage et décapage de la végétation), pose la question du respect du support sur lequel on grimpe.

Est ce bien normal de s’acharner à ce point sur des zones de paroi naturellement impropres à la grimpe, au dépend des espèces animales et végétales qui y vivent ?

On est en montagne au sein du PNR des Bauges et du géopark. Si les grimpeurs veulent conserver un minimum de crédit auprès de ces instances, il faudrait se montrer à la hauteur quant au respect des milieux dans lesquels on évolue.

Photo:

voie A: côte du Rhone

voie B: à nous les petites lunules

voie C: Delirium

Voie D: voie des jurassiens ou boeuf musqué

En rouge les nouvelles voies équipées, ainsi que la voie C entièrement équipée sur spits
topo masque inf

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Le but de ce post est d’ouvrir à la discussion autant que d’alerter sur plusieurs points qui semblent essentiels:
-comment préserver des sites de pratique du trad exempts d’équipements sur spits?
-comment préserver l’histoire de ces voies sans que tout soit irrémédiablement rééquipé?
-comment adapter nos pratiques en ayant un impact moins fort dans la « préparation » des voies?

C’est clair que pour avoir fait la voie spitée parallèle à Boeuf Musqué, ça fait vraiment mal au cœur de voir plein de plaquettes à côté de superbes lunules (le moyen d’assurage idéal pour les débutants en escalade trad !).
Ca me fait écho à la modeste arête à Jojo à l’Ecoutoux qui fait l’objet d’équipement sauvage, avec des déséquipements tout aussi mérités.
Je suis pas contre un spit dans une dalle lisse où il n’y a vraiment rien pour se protéger, mais je trouve que c’est abusé de spiter à côté d’un belle fissure, d’un arbre, d’une lunule…
Alors c’est sûr que ça évite de réfléchir une ligne de spit, ça permet d’engager quand l’équipement est neuf (mais… certaines voies deviennent-elles infréquentables quand l’équipement vieillit, dans le Vénéon il y a des voies qui ont déjà eu 2 rééquipements, quid de la maintenance dans 30 ans ?).

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Salut, vous savez qui équipe ça ? J’imagine que c’est des BE qui veulent profiter de la limite d’altitude pour faire de la grande voie avec clients, l’idéal serait peut-être de voir en direct avec eux ?

Et si la discussion ne se passe pas bien, une solution simple reste de démonter les plaquettes et péter/enfoncer ou disquer les tiges. Vu le prix et le temps que ça prend d’équiper une voie, ça les fera peut-être réfléchir. Ca serait quand-même mieux de faire tout ça à l’amiable, mais au vu du contexte, ça serait parfaitement légitime.

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Faut relancer l’ITA (Initiative Terrain d’Aventure) !

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Oui en effet le soucis de l’entretien et du rééquipement est aussi à mettre dans la balance. Typiquement dans ces voies, des cannelures et trous ont parfois été « pelées » de la végétation qui s’y développe. Ça interrogé sur la démarche d’un point de vue du respect du milieu dans lequel on évolue, mais aussi sur l’entretien que va nécessiter la voie. Si la végétation revient la voie sera sans doute délaissée, si la végétation ne revient pas, un habitat rupestre fragile aura été détruit plus ou moins définitivement.

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Oui clairement on sait qui c’est, ce n’ est ni un guide ni un BE, qui de toute façon n’ont pas besoin de l’équipement pour bosser là bas, mais le but n’est pas d’afficher publiquement la personne qui est à l’origine de cette démarche.
Dans l’idéal, échanger autour de la problématique et faire remonter des personnes qui s’opposent à cet équipement permettrait d’avoir du crédit pour protéger ces terrains de pratique, et notamment les voies faciles de ce type.
Un collectif du style d’ITA serait intéressant pour apporter une voie alternative dans une négociation que l’on pourrait imaginer avec le PNR, la FFME, la FFCAM, les ouvreurs…

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Si ce n’est déjà fait, n’hésite pas à compléter le topo Camptocamp.org et à renseigner des sorties pour communiquer, mettre en valeur ces itinéraires.

Les équipements, rééquipements se nourrissent souvent de l’absence d’informations sur les voies anciennes et du manque supposé de fréquentation. Le discours consistant à « maintenir » ou « développer » la pratique a longtemps servi de prétexte en Chartreuse, dans le Vercors ou les Écrins pour justifier à peu près tout. La préservation de notre terrain de jeu passe donc également par de l’information (topo des voies) et de la communication sur la pratique (sorties).

De mémoire, la paroi du Masque est parcourue depuis les années 1970, donc bien avant l’apparition des goujons. Le sujet n’est pas nouveau : il y avait déjà beaucoup de spits à côté des lunules en 2000.

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Si j’ai bien compris en 5 secondes de Google, le comité aurait fournit le matériel pour tout ou partie des 2 voies équipées (Première Ecole, Le masque pour tous qui passerait sur la voie des jurassiens ou boeuf musqué) et pour l’équipement de Délirum (tu as indiqué « ouverture dans les années 80 par ??? P.Chapoutot ? » mais le nom ne date assurément pas des années 80). Je n’ai pas trouvé d’infos précises pour les Lunules mais il est logique de penser c’est la même chose. Hormis les Lunules, le topo du comité semblerait d’ailleurs à jours :
https://www.ffmesavoie.com/Nouvelles-grandes-voies-Roc-des-boeufs

Il semblerait donc qu’il y ait une démarche « structurée », institutionnelle, avec des topos diffusés y compris sur c2c. Le nom de « Le masque pour tous » ne laisse pas de doutes quant à la justification, idem pour les explications dans les topos c2c.

Mais, je ne dois rien t’apprendre. Il aurait été probablement préférable de mentionner cela d’entrée.

En même temps, ça me semble « compliqué » de lancer ce post sur c2c sans que cela ne sorte alors que cette information y est disponible en qlqs clics. C’est évident que les noms, voire plus, allaient sortir en qlqs post. Ca alerte, interroge, à fortiori puisque ces équipements semblent réalisés dans un cadre institutionnel.
Ca semblerait préférable de « jouer carte sur table », ou de s’abstenir.

Dans l’idée oui je connais l’auteur du rééquipement et ses ambitions d’ouvrir des voies écoles, et cette démarche est louable à mon sens.
Mais là où c’est problématique, c’est que ça se fait sur des voies existantes, et de surcroît dans la seule école de trad du secteur.
Personnellement c’est ce qui me perturbe le plus.
Je n’ai aucune légitimité sur ces itinéraires, je suis juste un « usager » pro et amateur.
La place autour est infinie, pourquoi faire ça ici. C’est du foutage de gueule, d’autant plus si la fédé est dans la boucle.

Relis le post de départ correctement tous les éléments sont posés

Bonjour Cambouis,

Puisque tu sembles connaitre l’auteur de l’équipement, as-tu pu discuté avec lui ?

A ton avis, est-il conscient de l’existence de l’escalade Trad ?

Est-il conscient, par ailleurs, qu’il y a un besoin de voie d’école accessible en escalade Trad ?

Oui j’ai pu discuter avec lui par téléphone.
Il est d’après ce que j’ai compris conscient que les voies existaient, et les a parcouru mais que le peu de fréquentation justifiait un rééquipement pour favoriser le passage. Mis en parallèle d’un manque de GV équipées « école » . Ce dernier point que je comprends complètement encore qu’on ne soit pas raccord je pense sur la notion de GV école.
Ce qui ressortait de la discussion était que pour lui la cohabitation d’une voie très équipée n’enlève rien à la voie trad 2 m à côté. Que l’engagement des voies trad restantes entre les voies spitees n’est pas un soucis. Je pense l’inverse. Discussion bloquée ça ne va nulle part.
Je précise que si ces voies équipées avaient été comme « première école » faites dans une zone sans autre voie, j’aurais salué la démarche, car je suis persuadé que les deux pratiques doivent et peuvent exister sans se gêner (les exemples sont nombreux en france et dans le monde).
C’est suite à cet échange que je pense que les grimpeurs de trad doivent faire valoir leur point de vue et leur droit à ne pas voir les itinéraires systématiquement reequipés.
Et il me semble que pour avancer là dessus il est grand temps de réunir les principaux acteurs autour d’une table. Pas seulement la FFME, mais quelque chose de plus large et plus global.

Je ne suis pas pratiquant de trad mais cet argument me fait bondir… on est vraiment dans une vision de l’escalade comme produit de consommation où il faudrait écouler les stocks à tout prix. Il me semble qu’il y a quantité de voies écoles équipées dans la région, pourquoi absolument tenir à en ajouter une dans un endroit « préservé » ? La logique me semble vraiment tordue. La prochaine étape c’est de mettre des escaliers jusqu’en haut d’un sommet parce qu’il n’y a pas assez de passage ? Pas très constructif désolé, disons que c’est le coup de gueule du week-end…

L’argument consistant à « favoriser le passage », « développer la pratique » est classique depuis au moins 20-30 ans, et probablement bien plus. Le deuxième argument est généralement celui de la sécurité.

Ces deux arguments permettent, grosso modo, de tenir un discours populo‑grimpeurs présenté au service de la collectivité : je prends de mon temps (et passe à la postérité) pour vous permettre de grimper en sécurité avec seulement qlqs dégaines.

Par ailleurs, c’est souvent plus facile d’aller équiper là où d’autres sont déjà passés, à fortiori si le terrain se protège bien, que tu es limites dans le niveau et que le terrain ne se prête pas à l’équipement par le haut …
Comme ces veilles voies ont peu/pas d’équipement les marquants sur le terrain, et parfois pas beaucoup informations dans les topos, c’est classique de passer dessus sciemment. C’est plus difficile dans des voies de renoms, où les arguments pour équiper sont généralement la sécurité, et bien évidement une pratique « moderne », moderne au sens années 90 qd on a commencé à équiper les voies en opposant cela à la pratique désuete du rando pitonnage tire-clous.

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