Posté en tant qu’invité par Claude:
xav a écrit:
[…]
Je pense qu’on peut former 3 catégories d’escalade :
- escalades de basse altitude :
Souvent, des grimpeurs tombent sur des falaises dont personne
ne se préoccupait ni ne cherchait à savoir si elles se
grimpaient. L’équipement est alors uniformément admis.
Les Calanques, c’est bien en basse altitude, non ? et on y trouve des TA reconnus…
Ce genre de falaises existent mais tu ne peux pas les appeler « escalades de basse altitude ». A noter que l’on trouve aussi des falaises sans intéret en haute montagne.
- en moyenne montagne, l’équipement est aussi accepté,
pourvu qu’il respecte une logique un peu plus « sauvage » :
souvent, les dalles ont été équipées, ou plutôt OUVERTES.
L’équipeur a grimpé, perfo aux fesses, et on se rend compte
parfois qu’il a avancé jusqu’à trouver ( bien loin ) un
endroit + confortable pour « travailler ».
Ce n’est pas systématique.
L’éthique acceptée aujourd’hui sur ces escalades sportives
de moyenne montagne, c’est qu’il n’y a pas d’équipement en
place aux endroits où l’on peut mettre un coinceur.
Est-ce que tu connais beaucoup de voies assez récentes équipées comme ça ?
Autour de Grenoble j’ai l’impression que ça reste une minorité. Sinon je suis d’accord que c’est une éthique intéressante mais il faut que le rocher s’y prête et que l’on n’emporte pas les coinceurs pour 2 ou 3 petits passages.
Ça n’empêche pas que les autres éthiques (équipement complet, pas d’équipement quitte à laisser des pas expos, …etc) gardent aussi leurs intérêts.
Mettre un
coinceur n’est pas infernal, ça nécessite juste un peu
d’entraînement, puis de réflexion.
Ok
Ca permet de garder
l’illusion qu’on est passé sur la montagne, puis qu’on en
redescend sans qu’elle n’en ait rien su.
En gros tu veux dire que l’on prend plus de plaisir à gravir des voies moins équipés. Si c’est ça je suis d’accord.
- Je trouve qu’il ne devrait pas y avoir d’équipement en
haute montagne. Pourquoi ? Je n’en sait rien ; rien de
« je » n’aime pas le « t ».
vraiment valable, aucun raisonnement par A + B, ne vient
étayer ce sentiment…
Simplement, faut se demander si le but, c’est de monter à
tout prix à 4000 m, si c’est de faire une escalade coute que
coute, ou bien si l’on recherche autre chose, le côté sauvage
de la nature, par exemple.
Quand on fait certaines voies dites TA, on est decu sur ce point. Les grimpeurs de TA ne sont pas plus écolos que les autres, souvent moins. Les inombrables relais avec sangles de but ou de rappels dans la face S de la Meije posent beaucoup plus de problèmes d’esthétiques que les voies spitées qui s’y trouvent. Tu vas me dire que les sangles ça peut toujours s’enlever ; j’accepterai cet argument le jour ou tu trouveras un gars reélement près à le faire.
Il y a même des alpinsites qui me traitent d’égoistesquand je récupére un ancrage de rappel inutile ou un vieux piton trop rouillé pour être fiable.
Un ami m’a dit qu’à 4000 sur la Dent du Géant, y’avait pas
[…]
La haute montagne doit tout de même se mériter. Et si je ne
la mérite pas, je n’y vais pas (vous inquiétez pas pour moi,
je respecte cette ligne de conduite). C’est comme le 8 : on
le « mérite » pas forcément tous, par manque d’entraînement ou
possibilités physiques limitées. C’est parfois un peu dur,
mais c’est comme ça…
Mais quand les voies sportives sont plus difficles que les voies TA voisines , par exemple à la Dibona, cet argument ne tient plus.
Bon, à ça, il faut ajouter qu’un piton, ça peut disparaître
de quelques coups de marteau, pas un spit.
Si c’est une cheville, il suffit d’une clef pour que plus rien ne dépasse.
Si c’est un goujeon, alors si l’équipeur à forer asez profond, il suffit de frapper pour faire rentrer la tige, sinon il faut couper la tige filleté, ça demande plus de moyens mais c’est possible.
Ensuite, si on est soigneux, on peut mettre une pastille de sika coloré sur le reste du point. Si c’est bien fait, il faut regarder de très près pour retrouver le point.
Les pitons peuvent s’enlever mais on attend souvent trop et ils se cassent quand on essaye de les sortir. Du coup la lame reste coincé dans la fissure. C’est presque plus grave, car autant on peut faire tous les trous pour spits que l’on veut, autant l’on ne peut pas recréer une fissure vide.
On peut rétorquer que les pitons bousillent les fissures.
On aura raison des deux côtés. Alors ?
Ben alors c’est compliqué ; c’est pour ça que l’on en parle encore.
Ben, je pense qu’on devrait donc respecter les voies
historiques quoi qu’il en soit (l’équipement de l’arête de la
Pointe Percée n’est pas très judicieux : de nombreuses voies
plus dures mènent au sommet et sont équipées… De plus, dans
la partie foireuse du haut, équipement très rare, alors qu’il
est abondant dans le bas, pourtant protégeable plus aisément).
Connait pas
Les équipement sportifs en moyenne montagne sont nombreux, et
parfois de bonne qualité, intelligents, sur du beau, très
beau rocher (Dalles d’Envers, Rochers du Sapey, …). Pas la
peine d’en mettre partout.
Equiper / Essayer de maintenir un terrain vierge, ne sont pas
symétriques : une fois que c’est équipé, c’est fait.
Pas tout à fait vrai, il y a déjà eu des déséquipemnts au moins partiel de sites de couennes. Mais c’est tout de même plus simple d’anticiper.
N’équipons pas la haute montagne.
Cela fait au moins 30 ans que l’on ne peut plus dire ça.
Désormais on a le chois entre :
- N’équipons pas plus la haute montagne.
-
Déséquipons la haute montagne.
Sur ce, je ne m’étais jamais autant étendu, désolé.
et moi donc…
Enfin, ce que j’ai livré, ce sont des ingrédients qui font
que je pense de telle manière. Mais si la recette magique
existait, ça se saurait 