Définition (provocante) de l'autonomie en falaise

Qu’en pensez-vous? J’ai l’impression que ça exclut une grande partie des grimpeurs (y compris moi) qui pourtant arrivent à grimper sans encadrement et sans soucis.

Je m’interroge surtout sur l’idée qu’il faut pouvoir enchaîner 8 fois sur 10 un 6a, et aussi sur l’idée qu’il faut régulièrement grimper jusqu’à la chute. C’est sur que ça facilite la progression, mais je pense pas que ça soit obligatoire.

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On mélange tout et n’importe quoi.
Être autonome, c’est être capable de pratiquer l’escalade en maîtrisant tous les savoir-faire, la liste est longue : techniques d’assurage, manœuvre de cordes, conduite à tenir dans diverses situations selon la météo, le déroulement de la course/voie, rôle du leader et du second, capacité d’initiative, improvisation, etc.
Le niveau n’a rien à voir. On peut être autonome dans du 4, du 5, du 6…à chacun d’adapter le niveau en fonction de ses capacités du moment. Selon le niveau d’entraînement, on fait du 6c ou du 5, ce qui ne remet pas en cause l’autonomie.

Ne pas grimper de nuit.
Ne pas faire de feu quand c’est interdit, que cela salit la falaise ou abime les arbres alentours.
Respecter le parking, l’accès, le voisinage, les périodes d’interdiction.
Informer une institution, une association, quand on découvre un problème d’équipement ou d’instabilité du rocher.
Brosser les prises et ne pas mettre de tickets.
Ne pas monopoliser une voie ou un secteur. Ne pas encombrer le pied des voies.
Eviter le bruit excessif (dont la musique).

Ce n’est pas une question d’autonomie, mais d’éducation ! Et de savoir-vivre en collectivité…

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Je pense qu’il y a un peu d’exagération car cet article se place dans la vision du prérequis avant d’entrer dans la phase « entrainement » en falaise et oublie donc un peu la vision purement loisir de ceux (les plus nombreux en fait) qui « grimpent » en falaise sans vision d’entrainement. Par contre c’est un point de vue d’autant plus important et intéressant à avoir avec les nouvelles populations de l’escalade qui ont commencé avec une vision « fitness/perf » et arrivent en falaise après, plutôt que d’être arrivés à l’escalade pour la falaise et d’avoir commencé en salle par facilité logistique.

Pour la partie en rouge sur le niveau j’aurai bien tendance à la séparer en 2 points:

  • Le niveau que l’on annonce. Effectivement quand j’ai commencé on m’a toujours dit que mon niveau c’était ce que je faisais à 80% en tête à vue dans des rochers et des styles différents.

  • Le niveau nécessaire pour aller en falaise. Là je trouve que justement si on s’en tient à la règle du dessus on peut aller en falaise de façon autonome avec un niveau inférieur, moyennant un peu d’humilité dans le choix parce qu’on connait son vrai niveau de compétence. Après ce qui est sur c’est que le 6a certain est le niveau qui assure un grimpeur de trouver de quoi s’amuser dans 80% des cas.

Pour la question d’aller régulièrement jusqu’à la chute, dans le cadre d’un entrainement effectivement ça semble primordial. Et cet élément n’est possible que dans des terrains qui permettent la chute sereine et qu’on trouve proportionnellement plus au delà de 6a.

Par contre le coup d’insister sur le fait que le casque n’est pas obligatoire en falaise me gêne un peu dans un contexte qui adresse un type de grimpeur justement peu expérimenté dans son jugement, et potentiellement grimpant dans des niveaux relativement bas. A part pousser des trops pleins de testosterone à ne pas le mettre en oubliant qu’il protège surtout la tête du grimpeur contre ses propres chutes, particulièrement dans le facile, ça n’apporte rien. Celui qui aura le niveau de juger n’aura pas besoin qu’on lui rappelle.

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Certains points font sourire. En vrac :

« Ne pas grimper de nuit. »
« Grimper SANS LONGE. »
« savoir installer une moulinette SANS AUCUN MATERIEL A PART LA CORDE ET SON BAUDRIER »
« Estimer quand le casque est très recommandé ou pas. Au pied de la falaise ou en grimpant. Pour rappel, le casque n’est pas obligatoire lors de la pratique de l’escalade. »
« Etre autonome en falaise demande d’être capable d’enchaîner un 6a en tête durant 8 séances sur 10 »

Très stéréotypé comme comportement.

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Votre avis concernant le « ne pas grimper de nuit » ?
Ça me semble évident que quand la falaise est en milieu naturel/sauvage, et fréquentée, pour donner un temps à la faune nocturne.
Mais quand on est en zone semi-urbaine, pas en grande voie, je vois moins de raison de ne pas grimper de nuit. J’ai raté quelque chose ?

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Poser des moulinettes quand le soleil se couche est grimper encore quelques voies à la frontale c’est pourtant très courant.

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Je l’ai fait plusieurs fois, d’où mon interrogation…

Je m’arrête pas au « c’est très courant », suffit de passer quelques minutes en salle à observer les gens assurer pour voir pas mal de gestes pas recommandés (voir dangereux) et pourtant très courants !
C’est un autre sujet, mais du coup, même si finir dans la nuit c’est courant, je me demande si j’ai pas raté quelque chose.

Bien sûr…et si on explose l’horaire, parfois on termine de nuit.

oui c’est clair…
Quand à grimper sans casque je peux lui filer le contact d’un pote, guide, qui en couenne est tombé, s’est retourné et cogné le crâne. Il s’est réveillé un peu plus tard à l’hosto…
Il avait aussi estimé que le casque n’était pas recommandé.

L’escalade ça commence au 6a comme dirait Tribout…

être plus intelligent que le délire sécuritaire des fédérations…

là par contre je suis plutôt d’accord.
Je vois des gens faire des manips hyper longues et compliquées, qui n’apportent queud en terme de sécurité et sans comprendre vraiment pourquoi ils font ça…

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C’est vraiment un melting-pot sans queue ni tête, il y a de bonnes remarques mais aussi des aberrations qui ont déjà été relevées. Il y a des points qui sont clairement une sorte de déformation de « grimpeur fort » qui n’ont rien à voir avec l’autonomie. « Grimper SANS LONGE » fait bien rire effectivement, ça n’a aucun rapport avec l’autonomie.

Comment se considérer comme autonome si on ne peut pratiquer que dans 20%, 30%, ou même 40% des falaises équipées ?

Et alors ? On est autonome dans le choix du lieu où l’on va grimper… Vraiment du grand n’importe quoi :rofl:

Même en posant ce contexte il y a des choses à côté de la plaque franchement…

Ça c’est une aberration. Je vais pas refaire tout l’argumentaire du casque mais bon même dans les gros dévers de grimpeurs forts on est vraiment jamais à l’abris d’un truc qui casse proche du départ ou d’un pied qui passe du mauvais côté de la corde même si « non mais je suis super habitué, ça fait partie de ma gestuelle de ne jamais mettre le pied derrière la corde » :man_facepalming:

En gros ce que fait Fred Vionnet avec cet article, c’est juste faire une liste des valeurs et du niveau des grimpeurs qu’il accepterait de coacher lol (cela dit pour avoir vu une présentation de lui au congrès des médecines de montagne, il fait partie des plus au fait dans le domaine de la performance physique des grimpeurs et de la recherche actuelle sur le sujet)

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L’autonomie en falaise c’est quand tu arrives au pied du rocher, difficilement y avait pas de chemin déjà, et là y a pas de voies non plus mais tu arrives à grimper quand même et tu passes une bonne journée finalement avec ton ou ta camarade et en sécurité surtout!! :wink:

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C’est vrai que l’approche est périlleuse des fois !!!
Faut tailler dans la végétation, opiniatrement…
La grimpe après, c’est les vacances :upside_down_face:

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Du coup dans la grimpe je ne suis toujours pas autonome, je me suis fait défoncer dans les 6a+ du Faron aujourd’hui ! Après autant d’années de grimpe, c’est terrible ! Dois je consulter docteur ? Et j’avais même pas d’assureur, comment on fait ? :wink:

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Des fois il vaut mieux doubler le sécateur et la scie que le N°5 :sweat_smile:

j’ai du mal à en comprendre la motivation.
Si on est dans un endroit sauvage, ça peut se justifier par rapport à la faune
Si on est dans un endroit difficile d’accès et sur une voie par très sécure, ça peut se justifier par rapport à d’éventuels secours.
Mais sinon?
J’ai déjà grimpé à la frontale, voire au clair de lune, et je recommande vivement cette expérience

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ah merde, moi j’ai toujours une longe, donc je suis pas autonome… :dizzy_face:

Bizarre qu’il ait pas mis qu’il fallait assurer au 8 aussi. Et avec un collant fluo.

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J’ai rien compris à cette histoire de longe. En quoi avoir ou pas une longe influe sur l’autonomie du grimpeur?
En ce qui me concerne, parfois j’en ai une, parfois non, donc je ne suis autonome que certains jours?

voilà, c’est ça

Je pense qu’en général, pouvoir gérer des situations où on est emmené à faire une manip sans le matos habituel c’est une composante de l’autonomie. Mais de là à dire qu’il faut se priver de cet équipement je ne comprends pas non plus.

En même temps, rien ne vous oblige à solliciter Fred Vionnet. Dans son texte, il indique simplement ce qu’il attend de ses clients grimpeurs.

Cela doit être plus clair pour les clients qui me sollicitent pour progresser.

Quand on se spécialise dans l’entrainement, ça doit encore plus mettre le bazar dans une séance si les clients ne sont pas à l’attendu.

Par ailleurs, l’entrainement, ce n’est pas pour grimper dans le 6a. Le 6a en couenne sportive P1 à la française, c’est juste pour débuter l’escalade.

La longe, le casque … en couenne sportive P1, je n’en vois pas souvent à la Balme de Yenne et autres sites pour grimpeurs de 7 - 8 (les grimpeurs qui s’entrainement). Cela n’interdit bien évidement pas d’en utiliser en fonction des situations, par exemple sur la falaise homonyme des dalles de Yenne et avec des enfants. Mais ce n’est tout de même pas le plus courant sur les sites d’escalades ressemblant à des SAE et avec des grimpeurs qui s’entrainent.

Sortir 80% des voies d’un niveau pour se considérer dans le niveau, c’est bien le minimum. Ensuite, 99,9% des grimpeurs de 6a P1 à la française ne bougeront pas les pieds du sol dans une fissure en 5.10 (6a) sans même parler d’une off-width.

Rappeler qu’on ne chie pas sous les surplombs, qu’on ne squatte pas les parkings et toutes ces évidences qui ne sont bien évidement pas tjrs respectées … c’est très bien.

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