Chamonix Mont Blanc en un jour

On discute de cet itinéraire parceque c’est celui qui est proposé par didren en ouverture du sujet pour être parcouru a pied. C’est pour ca que j’ai tout de suite été un peu dubitatif.
C’est aussi celui utilisé pour le record de Hilary giraldi, mais avec une belle equipe de support et probablement beaucoup d’infos sur les conditions.

Ueli steck mettais 2h20 pour l’eiger face nord, donc en 12 h les doigts dans le nez pour les amateurs?
Je pense que ce genre d’ordre de grandeur n’a pas trop de sens en alpi. Meme si il serait intéressant de simplement comparer les records avec les temps moyens pour juger les performances.

Si on parle purement d’effort physique, il n’y a qu’a regarder les dénivelés et chacun peut se faire son idée.

j’ai pris volontairement quelque chose de plutot long, le ratio etant probablement plus grand sur les efforts plus court (encore que 12h dans la FN de l’Eiger en bonne conditions, sans faire la queue et en la connaissant c’est pas non plus delirant).

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Franchement, c’est pas une fois que vous êtes au fond d’une crevasse de 50m, comme il en existe là bas que vous pourrez efficacement la sortir du trou. Car a mon avis, c’est trop tard pour elle …
Cela ne doit pas être facile de se relever quand on a le cul passé dans un pont de neige ! :wink:

Je trouve ces ordres de grandeurs, les X5, etc, assez réalistes.
Par exemple, ce n’est pas de l’alpi technique, mais sur un parcours trail ou rando neige, j’ai constaté que :

  • je marche 2 fois plus vite que les plus lents et 20% plus vite que la plupart des gens rencontrés (pauses comprises).
  • je cours 2 fois plus vite que je ne marche.
  • les gagnants des trails vont 2 fois plus vite que moi.
  • les extraterrestres (Kylian Jornet etc) vont 15% plus vite que les gagnants des trails auxquels je participe.

Par exemple, sur un 20km et 1200m d+ :

  • les plus lents mettent 12h en marche
  • je met 6h en marche
  • je met 3h en trail
  • le gagnant met 1h30 en trail
  • un Jornet mettrait quoi, 1h15 ?
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Il y a combien de km et de D+ pour le église-sommet-église, par l’itinéraire évoqué ?

Ca part encore sur des délires forumesques… Et comme d’ab de la part d’experts du net.

Concernant le tarif guide, ça me semble assez simple à expliquer :

  • Il va devoir globalement prendre presque 3j : ça demande de partir la veille au soir (22h j’imagine avec un client, un truc du genre ?) donc de dormir en journée la veille, et une journée de repos après.
  • C’est engageant, bien plus qu’une sortie classique. Du one shot comme ça implique de partir avec un inconnu qui prétend avoir le niveau physique, sans certitude que ça passe.
  • Ca implique de passer le couloir du Goûter plein milieu d’aprem.
  • Pas tous les guides le proposent, loin de là. Que ce soit pour des raisons de niveau physique ou d’envie de se mettre dans un chantier comme ça.

Je l’ai fait 2 fois à la journée (une fois des houches, l’autre fois en descente par les airs), et j’ai déjà croisé un guide et son client qui le faisaient. Du coup je pense que je peux me permettre quelques remarques.
Déjà, le client du guide était complètement rincé quand je l’ai croisé, à mi chemin entre Vallot et le sommet. Alors qu’il avait forcément un certain physique. Ensuite, chaque fois que je l’ai fait, j’ai pris méga cher à un moment (bon je suis un peu débile aussi, j’étais mal acclimaté chaque fois). Petite sieste d’1/2h au Goûter une fois, et je dormais à moitié un peu plus haut l’autre fois.
C’était il y a un moment, depuis j’ai bien progressé, mais ça donne quand-même une idée de l’effet que ça peut avoir sur l’alpiniste moyen. Et sur les chances de prendre un but aussi.

Bon et sinon les comparaisons de l’autre en parlant de records ou autre, complètement lunaires comme d’habitude bien sûr. Quand je l’avais fait par les Houches, j’avais mis 17h je crois, ce qui est probablement un horaire assez classique pour des gens « normaux ».

Depuis les Houches il y a un peu plus de 4000m, c’est pour moi la manière sympa de le faire, vu que tu pars vraiment du pied. 4200m de mémoire en comptant les ressauts.

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Relis moi mieux, puis va faire un tour là-bas et tu comprendras.

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L’acclimatation est l’un des points critiques. À moins de revenir d’un séjour de plusieurs semaines au‑delà de 5 000 m, on n’est généralement pas totalement acclimaté pour les 4 800 m du Mont Blanc. C’est un facteur déterminant pour tout alpiniste, amateur comme professionnel, qui ne passe pas son temps à évoluer dans le massif du Mont Blanc. Les autres massifs français culminent 1 000 m plus bas, ce qui ne permet pas d’atteindre le même niveau d’adaptation physiologique. C’est déjà bien mieux en Suisse.

Lorsque Benjamin Védrines avait battu le record de Kilian Jornet sur l’aller‑retour du Mont Blanc en 4h54, je suppose (hypothèse) qu’il revenait d’une expédition en très haute altitude, et bénéficiait donc d’une acclimatation optimale, pour ne pas dire un « dopage» naturel.

Qd j’avais le pass annuel du Mont Blanc, j’allais « régulièrement » passer la nuit à l’Aiguille du Midi juste pour l’acclimatation. Même si c’est 1000 m plus bas que le Mont Blanc, cela me semblait faire une différence significative au fil des séances. Aujourd’hui, les tentes et autres caissons hypoxiques permettent de s’acclimater depuis la plaine, voire directement chez soi. Pour ceux ne pouvant pas séjourner en altitude, cela doit faire une différence considérable, y compris sur la performance à basses altitudes. A voir ce que dit la littérature scientifique mais la tente hypoxique devrait (conditionnel) permette d’améliorer la VO2 max et en plus sans la fatigue d’un entrainement.

Nop.
3mn de recherche sur internet =

Du 17 au 21 février 2025, il réalise la première ascension en solo auto-assuré de la voie Base sur la face ouest du petit Dru, (une des voies les plus techniques et engagées du massif du Mont-Blanc, ouverte en 2021 par une équipe du Groupe militaire de haute montagne). Il décrit cette ascension comme « l’une des plus folles » qu’il ait jamais réalisées.

Entre le 29 avril et le 2 mai, il se trouve à Chamonix, en compagnie de Nicolas Jean, pour réaliser la traversée du massif du Mont-Blanc en trois jours, avec un enchaînement remarquable de pentes raides. Ils descendent la face nord de la Lée Blanche, des dômes de Miage et de l’aiguille de Bionnassay le premier jour ; la Brenva, le Gervasutti au Tacul, la rampe nord-est de la pointe Yeld et le couloir nord du col du Tacul le deuxième jour ; puis le couloir Couturier (aiguille Verte), la face nord de l’aiguille d’Argentière et l’éperon Migot au Chardonnet le troisième jour.

Le 24 mai, Benjamin Védrines fait tomber le record du mont Blanc aller-retour depuis l’église de Chamonix, toutes pratiques confondues. Il établit un temps de référence de 4 h 54 min 41 s à ski, devançant Kilian Jornet de trois minutes, détenteur du précédent record (4 h 57), à pied. Le record sera battu de 11 minutes, une semaine plus tard le 31 mai, par William Boffelli.

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_V%C3%A9drines

Avec des “si”… pour l’eiger, si on prends vedrines-billon, ils mettent plus de 4h donc si on prend leur temps de reference extra terrestre on passe de 12h à 20h : ca change pas mal la donne non ? Oui, ils n’ont pas cherché le record mais sur un itinéraire plus classique, ils n’en auraient pas été loin.

C’est juste pour dire que prendre des temps records pour etablir les temps “moyens” ca n’a pas beaucoup de sens en alpi. Ca va beaucoup dependre du type d’itinéraire, de la competition pour ce record et d’epiphenomenes particuliers.

Et je passe sur la definition du pratiquant moyen.
Apres quelques années d’alpi, je me considérais comme moyen. Aujourd’hui je vais probablement deux fois plus vite et je me considère toujours comme moyen. Tout ca parce qu’il y a toujours des gens beaucoup plus forts et d’autres beaucoup plus mauvais, et que plus on progresse, plus on rencontre des gens forts.

Comparer des performances purement physiques (vitesse ascensionnelle, etc) c’est beaucoup plus simple mais on a des données sérieuses a foison a ce sujet donc dommage de faire ca au doigt mouillé. Chacun est libre de faire sa propre analyse mais dire :” les records sont 5x au dessus des temps moyens” sans étayer, c’est quand même léger.

Sans prendre en compte la neige, la technicité, les aléas du terrain, le manque d’oxygène, si un Jornet-Védrine met 5h, le traileur champion départemental doit mettre 6h, donc moi 12h en courant et 24h en marchant.
Où est didren, l’auteur de cette discussion ? Tu estimes à combien ton chrono sur un 4200d+ en trail non neigeux ?

J’irais même plus loin…
En fait il n’y a que deux catégories dans la compétition: le champion et les perdants. Et plus tu te rapproches du champion et plus tu te rends compte que t’es un looser. La pire place est la médaille d’argent. Il y a d’ailleurs des études très intéressants à ce sujet. Le troisième est toujours plus heureux que le deuxième. Car il a réussi à rentrer dans le podium alors que l’autre, il a raté la première place.

La deuxième meilleure place en fait, est celle du dernier… le type qui rentre déjà la nuit, quand l’organisation est en train d’enlever le décor… mais qui arrive pile avant la dernière barrière horaire, après d’avoir bien souffert pendant tout le parcourt. Lui, il nage dans le bonheur :blush:

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Je te remercie pour ces infos. Je n’avais pas pris le temps de chercher.

C’est donc encore plus étonnant que Benjamin Védrines mette une mine aux meilleurs de la discipline. Jacquemoud et Jornet ne sont pourtant pas des peintres, surtout dans un terrain aussi facile que la voie normale du Mont Blanc.

Si les infos de Wikipédia sont correctes, on dirait que Benjamin Védrines a bénéficié de très bonnes conditions de neige pour descendre bas à ski et probablement que Jornet a perdu qlqs minutes qd Jacquemoud est tombé. Cela aurait permis à Benjamin Védrines de rattraper les 20 minutes de retard prises à la montée, cad une tôle de 8-9%. C’est déjà plus logique que les gros poumons soient toujours largement devant sur la montée.
Cela signifie donc également qu’il y a encore beaucoup de progression possible en fonction des conditions (cf chrono de William Boffelli à 4h34 dont 1h02 à la descente).
Ca rappelle également l’importance des conditions.

Perso je ne vois pas du tout ma pratique comme une compétition. Je n’ai aucune envie d’être le champion et aucun sentiment d’être un perdant.

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Bientôt 1 siècle pour :
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On n’a pas tous la même pratique de la montagne, rien de nouveau.

Je pense qu’il y a ceux qui confondent parfois compétition et performance (je ne dis pas que tu le fais). Personnellement, j’aime parfois chercher un peu de « performance » (à un niveau compatible avec mes compétences et ma forme physique) alors que je n’ai jamais cherché de la compétition.

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J’ai pas lu le bouquin de Pierre Alain. Il est bien pour quelqu’un qui s’en fout pas mal de la compétition ?

Je dirais pareil pour moi. La performance est importante dans mes motivations (j’aime bien ça ne soit pas trop facile), mais pas la compétition (je m’en fout de faire mieux qu’un autre).

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