A l'époque de Rébuffat

Posté en tant qu’invité par Beno:

Bonjour, dans la vidéo Etoile et Tempête, on voit Rébuffat grimper dans l’Arête de Marseille avec Maurice Baquet. Ils semblent progresser en corde tendue, sans placer la moindre protection. Etait-ce la norme à l’époque? Il devait falloir sacrément engager… quand je vois que j’ai des sueurs froides dans certains 5sup équipés, 2 ou 3 mètres au dessus du dernier point…

Posté en tant qu’invité par herve:

On pitonnait très peu à l’époque. La voie fut ouverte avec 4-5 pitons relais compris ce qui veut dire que les grimpeurs pratiquaient au maximum l’assurage naturel sur becquet et que le pitonnage était réservé aux seuls passages difficiles.
Les grimpeurs de l’époque remplaçaient la profusion de points d’asurage que nous connaissons aujourd’hui par une très grande sûreté dans le terrain « facile » et un peu d’assurage sur pitons dans le plus dur. Pas étonnant que tu les voies faire du corde tendue dans l’Arête de Marseille.
A titre d’exemple, la face sud de la Meije fut ouverte en 34-35 avec une poignée de pitons sur 800m. Si tu en comptes 10, ça fait un clou tous les 80mètres !!
Pas de doute, la sûreté du premier était l’élément clef de la réussite. Dans le cas contraire, ça finissait mal comme par exemple à l’Arête Victor Martin de Saint Michel d’Eau Douce où le pauvre Victor fit une chute définitive en tentant l’ouverture.

Posté en tant qu’invité par Richard:

Sans compter que l’on s’encordait à la taille et les cordes étaient moins dynamiques que maintenant. Donc, les plombs en premier, s’ils ne te coupaient pas en deux, te laissaient en général des séquelles au niveau du dos, des côtes, …

Posté en tant qu’invité par SB:

"ça fait un clou tous les 80mètres "
Le tout est de ne pas voler vers le 79 mètres…

Posté en tant qu’invité par Vinc:

A titre d’exemple, la face sud de la Meije fut ouverte en 34-35
avec une poignée de pitons sur 800m. Si tu en comptes 10, ça
fait un clou tous les 80mètres !!

Quand on dit « avec 10 pitons », c’est 10 pitons à la ceinture … plantés et enlevés autant de fois que tu veux.

Posté en tant qu’invité par herve:

Vinc a écrit:

A titre d’exemple, la face sud de la Meije fut ouverte en
34-35
avec une poignée de pitons sur 800m. Si tu en comptes 10, ça
fait un clou tous les 80mètres !!

Quand on dit « avec 10 pitons », c’est 10 pitons à la ceinture
… plantés et enlevés autant de fois que tu veux.

Et non Vinc, quand on dit avec 10 pitons, cela veut bien dire avec 10 pitons utilisés sur tout le parcours. A l’époque, on ne parlait pas encore de libre, de à-vue et après travail et le nombre de pitons enfoncés sur la totalité de la voie était un indicateur direct du niveau de maîtrise des grimpeurs.
Tu pourras relire avec intérêt « Au delà de la Verticale » ou « Cassin le 6ème degré » de Georges Livanos ; tout cela est très bien expliqué.
Ainsi faire la Walker avec 80 pitons (sauf erreur de ma part, je crois bien que c’est le nombre de clous plantés par Cassin à l’ouverture) ou 200 pitons montrait bien qui était le plus fort grimpeur. D’ailleurs les 80 pitons de l’ouverture, heureusement que Cassin ne les avait pas à la ceinture, il n’aurait pas pu bouger du relais !
C’est d’ailleurs pour cela que Lucien Devies s’alarmait dans les années 70 des 200 pitons enfoncés dans le Pilier Bonatti aux Drus alors que la première en avait nécessité bien moins d’une centaine. Plus de pitons, cela voulait dire moins de difficultés et la voie avait été surnommée « l’Autoroute du Soleil » !

Posté en tant qu’invité par herve:

Un petit correctif à mes remarques car je me suis un peu emmêlé les chiffres (le soleil du Sud, sûrement !) :

La Walker a été ouverte avec 50 pitons sur tout le parcours et les topos de l’époque indiquaient bien que la voie était ED en utilisant 50 pitons et TD+ avec un nombre de clous plus important. Qui s’en soucie aujourd’hui ?

Quand au Pilier Bonatti, il fut ouvert avec 200 pitons mais en 1974, il y en avait un tout les 70cm en moyenne et les Bleausards le surnommaient « L’Autoroute du Sud ». C’est d’ailleurs ce nombre de pitons trop important qui doit être responsable de l’écroulement du pilier. Tant pis pour Bonatti, ça lui apprendra à ouvrir des piliers peu solides !!

Posté en tant qu’invité par Steveplanche:

Salut Hervé,
En fait Victor martin est tombé en 1905 à une époque ou ni les clous ni les mousquetons n’etaient utilisées ds les calanques…(d’ailleurs les grimpeurs n’existaient pas bcp…)
Le début de l’epoque de Rebuffat c’est la fin des années 30, début des 40…
L’arete Victor Martin a été gravie en 37 soit 32 ans aprés…par M. Ramond
Quand à l’aisance de Rebuffat et sa serenité ds le facile elle est tout simplement légendaire…
Et puis Rebuffat c’etait un trés grand grimpeur de son temps avec entre autres la premiere répetition de la Walker, de la face nord du Badile, les 6 grandes faces nord des Alpes dont certaines avec des clients qui a donné un trés beau bouquin " Etoiles et tempetes".

De toute évidence, Victor Martin était un grimpeur prodigieusement audacieux et visionnaire
mais 30/40 ans aprés, tout le monde ne grimpait pas comme Rebuffat…

A lire et relire: des rochers et des hommes de Barney, Etoiles et tempetes de Rebuffat, Au dela de la verticale de Livanos, des Calanques au face nord de la Marquise d’Albertas…
Apluche

Posté en tant qu’invité par abruti:

ton propos est hors sujet concernant le libre . relis les recit de rebuffat , bonatti , desmaison : le premier de cordée pitonnait et le second depitonnait pour que le premier de cordée puisse se reservir des memes pitons …

Posté en tant qu’invité par Steveplanche:

Salut abruti…
Tu fais comment toi qd tu vas grimper? tu abandonnes tous les pitons derriere toi??
c’est le bon sens qui incite à les récuperer, ca a tjs été comme ca et si tu lis « La Meije » tu verras bien que ce que dis Hervé est bien réel, Allain et Leinninger n’ont planté qu’une dizaine de pitons pour 800m d’escalade « 100%Libre »
mais t’as eu raison de nous inciter à relire tous ces bouquins…au cas ou hervé ai oublié comment on fait pour arriver en haut de la montagne avec au moins autant de pitons qu’au pied…

Posté en tant qu’invité par abruti:

ke tu es drole !!! vraiment excellent ta réplique ! on devrait te donner la palme d’ or du post avec ton ami j2lh. je me casse de ce forum niais et trop naif

Posté en tant qu’invité par Steveplanche:

… : )

Posté en tant qu’invité par Fred:

La Walker a été ouverte avec 50 pitons sur tout le parcours et les topos de l’époque indiquaient bien que la voie était ED en utilisant 50 pitons et TD+ avec un nombre de clous plus important. Qui s’en soucie aujourd’hui ?

Moi. :slight_smile: Les propos de Rebuffat sur l’équipement de la sud de la noire sont tout autant d’actualité que les propos sur la Walker. Tout est possible en 2007, une minimisation des équipements à demeure est indispensable pour que le jeux ait encore un sens.

Posté en tant qu’invité par abruti:

comme si les grimpeurs comptaient le nombre de fois ou ils avaient tapés sur les pitons… ils avaient autre chose a faire que de compter ça non ? n imp

Posté en tant qu’invité par J.Marc:

abruti a écrit:

comme si les grimpeurs comptaient le nombre de fois ou ils
avaient tapés sur les pitons… ils avaient autre chose a
faire que de compter ça non ? n imp

Avant l’avènement de l’escalade libre, de ses règles et de la cotation « précise » longueur par longueur, le moyen le plus objectif de mesurer la difficulté d’une voie était de compter le nombre de pitons plantés… sachant que ces pitons servaient autant à s’assurer qu’à progresser.
Les topos de l’époque, et notamment ceux des premières, donnent souvent ce nombre.
Pour info, compter ce n’est pas très fatiguant, quand on sait bien sûr ;-))

Posté en tant qu’invité par J.Marc:

abruti a écrit:

ton propos est hors sujet concernant le libre . relis les recit
de rebuffat , bonatti , desmaison : le premier de cordée
pitonnait et le second depitonnait pour que le premier de
cordée puisse se reservir des memes pitons …

Je ne crois pas qu’hervé ait besoin de relire ces ouvrages…

Posté en tant qu’invité par J.Marc:

abruti a écrit:

je me casse de ce forum niais et trop naif

Heureusement que tu étais là pour en relever le niveau…

Posté en tant qu’invité par pierre:

herve a écrit:

C’est

d’ailleurs ce nombre de pitons trop important qui doit être
responsable de l’écroulement du pilier. Tant pis pour Bonatti,
ça lui apprendra à ouvrir des piliers peu solides !!

Merci, herve de tes informations/ précisions …etc.

Mais là, franchement, tu m’étonnes.
Beaucoup.
Et même : très beaucoup !

Je serais vraiment surpris que l’on puisse ouvrir une montagne en deux en tapant sur des clous. Un peu comme l’on fend une bûche avec des coins de fer.
D’après moi, il doit falloir des forces d’un tout autre ordre de grandeur, pour ça.
Du genre que à par Gée, je ne voit pas beaucoup d’autres postulants.

Mais je ne suis pas un spécialiste.
Si d’autres plus savants que moi voulaient réagir sur ta décapante hypothèse …

Posté en tant qu’invité par Papy:

Je serais vraiment surpris que l’on puisse ouvrir une montagne
en deux en tapant sur des clous. Un peu comme l’on fend une
bûche avec des coins de fer.
D’après moi, il doit falloir des forces d’un tout autre ordre
de grandeur, pour ça.

Si! Si! Le pas en haut de la première longueur de l’arête de marseille n’existe pas à l’origine. Mais à force de pitonner… l’arête s’est ouverte. Et voilà!

Posté en tant qu’invité par herve:

Je plaisantais Pierre. Encore que dans certaines voies, on a vraiment l’impression qu’un coup de marteau malheureux pourrait suffire à tout envoyer en bas !