Posté en tant qu’invité par Ararat:
LE MONDE | 27.11.04 | 19h10
Les internautes ont gagné. Ils avaient été nombreux à protester en juin contre la suppression de la gratuité des bulletins météorologiques sur le site de Météo France. Ces derniers étaient devenus accessibles seulement pendant 24 heures, et non plus quatre jours comme précédemment. Les contestataires s’étaient aussi indigné auprès de Que Choisir, la revue de l’Union fédérale des consommateurs (Le Monde du 23 juillet).
Devant l’ampleur de la contestation, Jean-Pierre Beysson, président-directeur général de Météo France, soucieux de préserver l’image de son établissement, avait promis de rétablir une partie de la gratuité vers le mois d’octobre. Il a tenu parole avec un peu de retard. « Nous avons aussi effectué une enquête d’opinion pour cibler avec précision la zone de gratuité », a-t-il expliqué en présentant le nouveau site de Météo France.
Depuis le 25 novembre, les informations météorologiques sont de nouveau gratuites pour toute la France et les régions jusqu’à quatre jours, avec trois échéances intermédiaires chaque jour. Par contre, les informations qui concernent les départements et les 36 000 communes de France restent gratuites pendant 24 heures, avec quatre échéances intermédiaires.
Le nouveau site (www.meteo.fr) comporte aussi la carte de vigilance « grand froid », résultat d’une collaboration entre Météo France, le ministère de l’intérieur, le ministère de la santé et l’Institut de veille sanitaire. Elle complète celles qui existaient concernant les risques d’avalanche, de vent fort, de neige ou de verglas, d’orages et de fortes précipitations. Cette alerte grand froid vise à prévenir le public et les médias de l’arrivée d’une vague de froid intense pouvant provoquer des risques sanitaires (en particulier des risques cardio-vasculaires et pulmonaires).
La nouvelle vigilance tient compte de la température ambiante et de la température « ressentie », calculée à partir de la température de l’air et de la vitesse du vent. Ainsi, une température ressentie de - 15°C correspond à une température de l’air de - 8°C avec un vent de 20 km/h. Les niveaux de vigilance orange et rouge - les plus élevés - seront accompagnés de conseils de comportement au public concernant notamment l’exposition au froid, le chauffage et la ventilation des habitations et l’habillement. Depuis l’hiver 2002-2003 grâce à une convention avec le ministère de l’intégration, de l’égalité des chances et de la lutte contre l’exclusion, Météo France participe à la protection des personnes sans abri contre les risques d’hypothermie en fournissant aux pouvoirs publics des prévisions adaptées.
80 % D’INGÉNIEURS
Les services rendus au public par les données fournies par Météo France sont nombreux. Pour améliorer encore ses performances, cet organisme consacre une part de son activité à la recherche météorologique. Plus de 80 % de ses personnels sont des ingénieurs ou des techniciens de haut niveau. Placé sous la tutelle du ministre chargé des transports, Météo France emploie 3 700 salariés. Son budget s’est élevé à 330 millions d’euros en 2004, provenant pour 55 % des subventions de l’Etat, et le reste étant apporté par les redevances aéronautiques et les recettes commerciales et diverses.
L’établissement a signé lundi 22 novembre un contrat d’objectifs avec l’Etat, dans lequel ont été définies quatre orientations majeures.
Météo France devra d’abord renforcer la concertation avec les usagers pour mieux répondre à leurs demandes, notamment dans le domaine de l’aéronautique. A partir de 2005, l’organisme public devra contribuer à améliorer la détection des fortes turbulences, du givrage, de la grêle, des cisaillements de vent, du brouillard, de la neige et du verglas sur les pistes.
Météo France devra aussi perfectionner la prévision météorologique à toutes les échéances et à toutes les échelles d’espace et de temps. Et pour cela « il devra disposer du meilleur système de prévision météorologique à courte échéance sur l’Europe », précise le contrat d’objectifs. Le nouveau modèle, Arome, dont la mise en service opérationnelle est prévue en 2008, permettra de relever ce défi, avec l’aide d’une partie de la communauté scientifique française. Ce nouveau modèle opérationnel de prévision numérique du temps à une échelle de 2-3 km permettra de mieux prévoir les épisodes orageux, tels ceux qui ont inondé le Gard en septembre 2002.
La troisième orientation du contrat d’objectifs a pour but de préciser l’évolution constatée et prévue du climat et ses impacts à l’échelle régionale, dans le cadre du réchauffement climatique. Dans ce but, Météo France portera ses efforts sur la simulation numérique de l’évolution du climat dans divers scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Ces résultats seront pris en compte pour la contribution française au quatrième rapport d’évaluation du changement climatique du GIEC prévu pour 2007. Enfin, ultime orientation du contrat d’objectif : Météo France devra progresser dans la fiabilité des prévisions saisonnières ou interannuelles.
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