Secours en montagne

Posté en tant qu’invité par Francis:

voilà un article paru ce jour (nice matin), vous en pensez quoi

Secours en montagne : vers la fin de la gratuité

Sollicité par les maires des stations françaises, dont le vice-président est Charles-Ange Ginésy, le ministre Patrick Devedjian a répondu favorablement à leur demande de rendre payants les secours en montagne pour les irresponsables aux comportements abusifs. Reste, maintenant, à attendre le décret d’application
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Le principe de la gratuité totale des secours en montagne risque fort de vivre ses derniers jours. Les premiers et seuls concernés : les sportifs, skieurs ou randonneurs, inconscients ou irresponsables. Ceux qui, par exemple, s’aventurent en ski hors piste alors que le manteau neigeux est instable avec des risques d’avalanches extrêmes.

Ceux qui méprisent les règles de sécurité élémentaires, juste pour s’offrir quelques minutes de bonheur en « poudre ». Bonheur qui, parfois, vire à la catastrophe et se solde par des accidents plus ou moins graves. Or, les secours déployés pour venir chercher ces inconscients accidentés sont gratuits. Du moins pour l’instant.

Dernièrement, le ministre délégué aux Libertés locales, Patrick Devedjian a été sollicité par Charles-Ange Ginésy, maire de Péone-Valberg et vice-président de l’Association des maires des stations françaises de sports d’hiver et d’été (AMSFSHE) pour faire en sorte que cela change. Comment ? « L’article 54 de la loi sur la Montagne a prévu de rendre les secours payants pour les sportifs abusifs. Mais voilà, il n’a jamais été appliqué. D’où notre intervention. Et le ministre Patrick Devedjian a répondu favorablement à notre demande. »

Le fauteur payeur…
En matière de paiement des secours, la situation est, selon Charles-Ange Ginésy, devenue absurde. « Pour les accidents de ski alpin et de ski de fond qui surviennent sur le domaine skiable, la facture des secours est à la charge de l’accidenté. Paradoxalement, lorsque l’accident se passe hors piste, c’est gratuit ! L’objectif n’est pas d’interdire le ski hors piste ou toute autre activité de montagne non organisée par les stations. Pas du tout ! Simplement de sanctionner les comportements irresponsables. Pour faire en sorte que ces sportifs fauteurs soient aussi les payeurs. »

Au-delà de la mobilisation des secours classiques (gendarmes ou CRS de montagne, hélicoptère, pompiers) frais assumés par l’Etat ou le conseil général, les stations dépêchent aussi, pour les accidents hors pistes, leurs pisteurs, leurs engins de damage… Beaucoup moins nombreux que les accidents sur pistes (voir encadré), ceux, survenus en dehors du domaine skiable, représentent pour les stations une charge financière importante. Et la pilule est d’autant plus difficile à avaler qu’elles ne perçoivent, jusqu’à présent, aucun remboursement ni dédommagement pour les frais engagés.

Pas étonnant, alors si les maires des stations applaudissent le « oui » du ministre Patrick Devedjian. Pour Fernand Blanchi, maire de Valdeblore, « il est normal de faire payer les secours pour ceux qui abusent. Reste à définir avec précision le niveau d’abus et d’irresponsabilité qui déclencherait la fin de la gratuité. »

Maire d’Isola, Jean-Yves Rami attend avec impatience la signature de ce fameux décret. « Pour secourir les inconscients, on demande aux stations de se doter d’un équipement de plus en plus performant. Il est dès lors normal d’envoyer la facture des secours aux peu scrupuleux. Il y a deux ans, la commune d’Isola a intenté un procès contre deux surfeurs, pour mise en danger d’autrui. Ils s’étaient aventurés hors piste, dans un endroit interdit et dangereux, sans penser aux conséquences pour leur vie et sur celle des secouristes. J’ai été débouté. Mais si l’article 54 de la loi Montagne entre en vigueur, tout cela va changer. »

De la rando en raquette au canyoning
Le domaine d’application de l’article 54 ne se bornera pas au ski hors piste. Il peut aussi concerner la rando en raquette, le canyoning, l’escalade, la randonnée pédestre et toute autre activité de montagne non organisée par les stations. « Ce sera à chaque maire de préciser les activités sportives concernées, en fonction de dangerosité des sites. Dans ces cas bien précis, le principe de la gratuité des secours sera levé à la seule et unique condition que la personne concernée a eu un comportement abusif. Il est hors de question de faire payer un sportif qui, ayant respecté toutes les conditions de sécurité, s’est fait piéger par la montagne. Seuls sont visés les comportements irrespectueux, inconscients, désinvoltes et imbéciles. Pour que leurs auteurs soient sanctionnés. »

La philosophie du paiement des secours en montagne est donc réglée. Reste à attendre le décret d’application, qui devrait intervenir avant la fin de la saison hivernale…

Posté en tant qu’invité par julien:

reste a trouver la limite entre irresponsable et responsable…
ca va faire jazzer ca c’est sur!

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

Je me demande combien ça lui coute le sauvetage à l’inconscient à ski par rapport à l’amende que se prend un chauffard qui roule à 200 sur l’autoroute avec 2 grammes d’alcool dans le sang (et qui se prendra un « homicide involontaire » s’il tue quelqu’un et poupourra reprendre la route après quelque temps…)?

Posté en tant qu’invité par Olaf Grosbaf:

Et la clope, et l’alcool, c’est pas sciemment mettre sa vie en danger?
Olaf

Posté en tant qu’invité par Stephane:

Oui mais ça sa rapporte de l’argent a l’etat,c’est pas pareil

Posté en tant qu’invité par Francis:

Parce que vous croyez que les chauffards, cà rapporte de l’argent et le coût économique des accidents de la route

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

Et la clope, et l’alcool, c’est pas sciemment mettre sa vie
en danger?
Olaf

ben euuuh oauis mais moi je parlais de ceux qui mettent en danger la vie des autres. Me suis je mal fait comprendre?

Posté en tant qu’invité par Olaf Grosbaf:

Et la fumée passive?
Olaf

Posté en tant qu’invité par Olaf Grosbaf:

Les pratiquants de sport de montagne rapportent aussi de l’argent aux communes. Que serait Chamonix si l’alpinisme n’existait pas? Et c’est énervant ce principe: c’est dangereux, mais ca rapporte, allez-y, bousillez-vous! C’est dangereux et ca coûte, malheur aux imprudents!
Olaf

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

ben ouais ch’ui bien d’accord avec toi.

Posté en tant qu’invité par Francois:

C’est l’agonie d’un principe démocratique de répartition solidaire des charges. Et ça va bien dans le sens de l’ultra-libéralisme actuel (voir aussi les retraites, par exemple).
Tu peux payer, t’as tous les droits
Tu peux pas payer, crève la bouche ouverte et les doigts de pied en éventail, personne ne lèvera le petit doigt pour toi.

Posté en tant qu’invité par âlex:

L’article n’arrête pas de faire référence aux gentils sportifs responsables et aux vilains abuseurs qui coutent cher à la société.
Dans le fond je pense que personne n’est vraiment contre de faire payer ceux qui abusent grave. Le problème c’est que dans la pratique on n’arrivera jamais à faire une distinction objective entre les gentils et les méchants. D’ailleurs l’article restent bien flou la dessus. Moi je vois bien venir le coup du « vous inquiétez pas c’est que les salauds qui vont payer » alors qu’on va se diriger gentiment vers des secours payants pour TOUT le monde faute d’une distinction claire (de toutes facons si ca coute cher d’aller chercher les abuseurs, ca coute pareil voire plus d’aller chercher les blessés en mauvais état donc y a aucune raison que ces dits maires et stations ne souhaitent pas finalement etre aussi remboursés pour ces secours).
En gros bientot il va falloir avoir une méga assurance pour toutes les activités…

Ca m’énerve un peu ces histoires pasqu’on a l’impression que les législateurs ne voient souvent pas plus loin que le bout de leur nez (et surtout de celui de l’opinion public qui voit pas grand chose non plus). Si les secours en montagne deviennent payants alors que c’est un service public (ou ca devrait l’etre) qui profite à tout le monde, pourquoi on fait pas payer pour l’intervention de la police ou des pompiers ou des secours sur les accidents de la route.
S’ils veulent vraiment réduire les couts publics, il ferait mieux de jeter un coup d’oeil sur les gabegies de fonctionnement de l’Etat ou sur les autres projets hyper couteux à utilité contestable.

Posté en tant qu’invité par Francis:

dans mon cas être naître c’était déjà irresponsable

Posté en tant qu’invité par Archie:

Tout a fait d’accord.
Le boucher qui a fauche 6 personnes au bord
de la route avec 2g d’alcool ne paye pas les secours,
mais le randonneur ( a pied, ski ou raquette) qui prend
un sentire dangereux et se prend un glacon, caillou ou
plaque edvra payer parce qu’il est passé dans un endroit
dangereux ?? Genial…
Et quand je paye un guide ou bien que c’est autorise par
une station, c’est gratuit. Les stations de ski auront donc
le droit de decider de ce qui est risque ou pas…

En plus j’imagine la scene: 2 equipiers au fond d’une
crevasse, un autre en haut, pas moyen de les remonter.
Appel a la VHF:

  • secours demandé.
  • vous etes ou ?
  • glacier de Seguret Foran, altitude 2754, rive gauche
  • ah, c’est un endroit dangereux. Il me faut votre
    numero de carte bleue, ou bien faxer moi un RIB ou
    une attestation de solvabilite de votre banque.
  • j’en ai pas.
  • Desole, a une autre fois… (tu parles)

Par contre, si on est a la limite entre deux communes,
on peut faire jouer la concurrence.
Cher pompier de Trifouillis, j’ai la mairie de la
Laurezette qui me fait -20% sur l’helico. Vous vous
alignez ou je signe chez eux??

Bon OK j’en rajoute un peu, mais franchement ca peut
mener a des situations hallucinantes, j’en suis sur.

Apres les petitions CAF + FFME, qu’est ce qu on peut faire ?

Posté en tant qu’invité par Stephane:

ça me fait penser a une pub sur les assurances.

Posté en tant qu’invité par Yeti:

Puisque la politique s’immisce timidement je propose, avec ironie et aucun prosélytisme, la raffarinade du jour :
« Ami pauvre, reste dans ta citée et laisse la montagne aux nantis ».
Et oui souvenez-vous, avec son « le chemin est droit mais la pente est raide » notre premier ministre (français) parlait droit au cœur des skieurs. Pourtant la traduction est « On monte droit dans l’pentu, tant pis pour ceux qui suivent pas ».

Posté en tant qu’invité par beber:

En payant avec la carte Egg ,tu gagnes du pognon

Posté en tant qu’invité par l’indigène:

petit detail, le secours n’a rien de gratuit en france, simplement il est payé par une majorité de gens qui ne mettent jamais les pieds en montagnes et qui payent forces impots et taxes diverses…

Posté en tant qu’invité par Loïc:

Et sur quel barème les communes vont-elles faire payer les secours ? Comment vont-elles estimer le tarif ? Si elles s’équipent en matériels divers, sur combien de secours vont-elles amortir leur investissement ? Et ne risquent-elles pas de faire passer sur le budget secours des équipements qu’elles n’auraient pas acheté autrement (ex : achat d’une chenillette, qu’elles utiliseront surtout pour d’autres usages mais qu’elles feront payer aux quelques victimes secourues avec). Ca sent l’arnaque à plein tube.
Et c’est qui les irresponsables dangereux ? Est-ce que le seul fait de skier hors des pistes ne peut pas être considéré comme un acte irresponsable et dangereux ? On est en train de se faire n… profond par ces e… de maires de stations ! Il faut que CAF, FFME, Mountain Wilderness, que sais-je encore, fassent le forcing et qu’on les soutienne massivement (bien que si c’est aussi efficace que pour le tunnel sous le Mont Blanc, la cause est perdue d’avance).
Loïc l’anarchiste

Posté en tant qu’invité par Olaf Grøsbåf:

C’est le principe de base d’une assurance, quelle qu’elle soit: tout le monde paie, seul une partie des assurés reçoivent, mais tous les assurés sont sensés pouvoir recevoir.
Olaf