Posté en tant qu’invité par brozz:
salut jean marc ! tu ferais pas dans le juridique d’ancien régime par hasard ?
Bon, pour revenir, si je peux me permettre, cet édifiant post sur les cotations. (heureusement qu’on les a ces cotations quand même, sans ça on se ferait bien chier dans le petit monde de la grimpe)
à vue versus après travail ? deux modalités différentes pour l’ascension en libre d’une même voie, modalités qui n’exigent pas les mêmes qualités chez le grimpeur.
SAE vs falaise ? mais aussi espace comboire vs gorges du tarn ? nose vs verdon ? des endroits différents, pour le même système de cotations, endroits qui n’exigent pas les mêmes qualités chez le grimpeur.
quel bordel !
pourtant il en ressort quelque chose de ce bordel : c que les qualités du grimpeur sont déterminantes. En effet l’escalade met en jeu de nombreuses ressources (c’est rhétorique of course : toutes les activités humaines mettent en jeu toutes les ressources, c’est juste pour dire qu’on va parler en détaillant pour l’escalade (NDR)) : on peut les classer comme suit :
par exemple :
énergétiques : C dévers ou dalle ? c petites prises ou bacs ? c gros mouv ou il y a plein de pieds ? Ca pète ou ya moyen de pas tirer du tout ?
informationnelles : Elle est où la rouge suivante ?Putain de bombé j vois pas les pieds…Trop blanc ce calcaire on voit pas les réglettesT’as vu tte la cake ? les porcs…
Techniques : Faut se placer là, non c’est une échelle. Putain de pieds !Vla la porte de grange.Mézy une carre externe et enroule !
affectives : Euh, il est loin le clou ? Attention PIERRE, PIERRE !! Trop bon les tapis…Putain je vais pas me prendre un but par jéjé quand même…
Or, les voies ont des dominantes, on est bien d’accord : elles sont particulièrement ceci ou cela, et les péter nécessitera d’avoir de bonnes ressources en ceci et en cela. On va dire que se sont les déterminantes de la voie. Dac ?
En outre le grimpeur, même s’il est très fort, a des points forts et des points faibles (être très fort c surtout en prendre conscience) ; ces caractéristiques peuvent être déclinées selon les ressources précédemment décrites (attention aux pièges, ils sont nombreux. C’est pour ça qu’il faut être fort)
Une fois qu’on a compris ça et qu’on se balade un peu, histoire de vivre le succès et l’échec dans des déterminantes différentes, avec des ressources différentes, on s’aperçoit qu’il y a une certaine logique au système des cotations. En effet, et vous êtes tous d’accord la dessus, la cot est 1-subjective, 2- source d’information…
On peut alors avancer dans le débat puisque
1-La cot est une donnée subjective puis consensuelle : c le résultat conscient de la confrontation des déterminantes d’une voie avec les ressources d’un grimpeur. Si le grimpeur est capable d’une prise de recul (connaît ses qualités, perçoit les déterminants) il est capable de proposer une cot acceptable, c’est-à-dire qu’il est capable de pondérer son impression de difficulté par une analyse objective de la tâche, et de donner une cotation certes approximative, mais néanmoins cohérente dans un système communément employé. Comme c dur, et que personne n’est parfait, il a besoin de ses potes pour moduler sa proposition.
La cot proposée alors est indépendante des modalités d’ascension ou des conditions du jour ou du style de grimpe, car ces facteurs sont compris dans l’analyse.
2- le grimpeur qui débarque dans un site et qui doit choisir une voie pour s’échauffer, pour perfer à vue, pour se mettre un projet ou un gros taquet des familles, pour épater bobonne, dispose de la cotation comme source d’information. Mais il dispose aussi d’autres sources !!! les déterminantes de la voies et ses propres ressources. Toujours dac ? A lui alors de faire le bon choix pour ne pas se gourer.
Et la si tout se passe comme prévu et si le grimpeur en question dispose d’un nombre suffisant de neurones (ça aussi c rhétorique, c’est pour vous forcer à être d’accord, NDR), le grimpeur va arrêter de s’en prendre tout le temps à ces ouvreurs de merde, ces espèces de débiles mentaux qui cotent leur site n’importe comment pour se faire mousser. Pour expliquer son succès ou sa castration il va remettre en cause son escalade a lui, il va s’apercevoir qu’il est mauvais grimpeur à vue, qu’il est bon grimpeur de salle (en général ça va ensemble), qu’il est physique, qu’il est technique, qu’il est solide, qu’il flippe.
Et là c intéressant paske il va pouvoir utiliser la cot proposée par l’ouvreur et ses potes (n’oublions pas que c’est gentil un ouvreur, ça crée des voies qu’on peut consommer peinard) pour quantifier son effort, et utiliser son cerveau pour le qualifier. Ergo il va progresser !! en choisissant des voies adaptées qui lui permettent de travailler ses points faibles par exemple, ou en perdant moins de temps à discuter avec ses potes a lui du plus ou du moins a mettre derrière le 6 a pour avoir plus de temps a consacrer à son analyse objective de la voie.
On peut en conclure que la cot pour facilitante qu’elle soit n’est pas indispensable, et qu’on peut aller dans un site sans topo, paske on a des yeux aussi.
On peut en conclure aussi que quand un grimpeur passe la majorité des 7a à vue, il a un niveau 7a à vue et pas autre chose. C’est pour ça J2LH qu’on précise plutôt le niveau du grimpeur à vue ou après travail plutôt que le niveau de la voie… pour qui le niveau ne change pas : même si c un 7a dur à vue, ou un 7a à doigt, ou un 7a engagé, c’est toujours un 7a, avec une déterminante différente.
Enfin, et c ben paske c’était le thème initial du post et pas le plus intéressant, on peut conclure sur les cotations en SAE : en SAE il ya moins d’informationnel à traiter. Pour une mm cot il faut donc plus d’autre chose ! de l’énergétique par exemple, qui est souvent la déterminante (paske ouvrir une voie technique ça demande des qualités faut pas croire et des prises chères aussi). Le grimpeur qui a de bonnes ressources énergétiques trouvera la SAE surcotée, celui qui gratonne bien trouvera l’inverse. En élargissant leur expérience respective, ils finiront bien par être d’accord.
Voili voila !! J’espère que vous trouvez que le débat a avancé ; je sais bien que c pas parfait et que les cot sont quand mm hétérogènes parfois (pas aussi souvent qu’on le voudrait pour excuser son manque de patate mais quand mm). Il faut dire que dans la ressource affective il y le but à jéjé, et qu’y échapper détermine bien des comportements des ouvreurs, des grimpeurs, de leur femme, et que ça n’a rien a voir avec l’escalade.
A tcho !!!
[%sig%]