Posté en tant qu’invité par strider:
eude a ecrit:
Pourquoi ne pas accepter que certaines course sont
effectivement plus dangereuses que d’autres, et ce
indépendamment de la personne qui s’y trouve ?
Et dans ce cas, ne s’agit-il pas de risque objectifs (inhérent
à la montagne) ?
pour rebondir avec ce qui dit eude, il est évident et incontestable qu’il y a des courses plus dangereuses que les autres, l’exemple des grandes jorasses est l’archétype. De même il y a des conditions plus dangereuses que les autres…mais le danger concerne qui? la montagne? elle vit, point barre, elle n’est pas dangereuse pour elle-même, qu’importe le fait qu’elle vive plus ou mois rapidement…le danger s’adresse à l’homme, donc au sujet… le sujet, c’est à dire l’alpiniste, va choisir un tracé qui va varier subjectivement (ce sont des choix à faire) en fonction des conditions, pour éviter des risques qui ne concernent que lui et qui ne vont pas s’appliquer à un aigle pour exemple (lui il risque pas de tomber dans une crevasse). Ce faisant, sa voie lui étant propre, il s’expose à des risques qui lui sont propres. Plus la montagne est potentiellement dangereuse plus la fréquence des moments d’exposition au risque va être importante, mais ces risques sont induits parce que l’alpiniste s’y expose, même si c’est pas volontairement, dans le tracé qu’il a choisi…
c’est pourquoi en montagne tout tracé humain ne va pas de soi, reste subjectif, car adapté à la morphologie humaine en réponse aux conditions de la montagne : c’est le fait que tu passes par là par intelligence du terrain, alors que si t’étais moins malin tu passerais par là ( là où c’est plus dangereux). etc…et puis ne soyons pas des brutes trop pragmatiques et faisons l’éloge de l’inventivité : on passe souvent là parce que c’est beau, parce que cela présente un style de grimpe très recherché et ça c’est très subjectif, non? on s’expose alors à des risques qui nous sont propres étant différents de ceux qu’on aurait eu si on avait choisi un autre tracé plus prosaïque…
il y a donc des voies plus risquées que d’autres certes mais c’est l’homme qui les a choisi, qu’il sache que c’est risqué ou pas, c’est donc des risques inhérent à sa propre nature car répondant à un choix personnel, une capacité à les assumer.
Et puis dire que les risques obectifs n’existent pas, c’est un
peu dire que tous les alpinistes qui ont eu le crane explosé
par une pierre dans une voie normale fréquentée et exposée aux
chutes de pierre, sont moins prudents et moins doués que les
autres cordée présentent ce jours là, alors qu’ils ont
seulement eu moins de chance. C’est presque insultant
il n’y a pas de valeur de jugement dans le fait de dire que c’est subjectif. On s’en gardera bien. Personne n’est parfait et c’est un dilemme que se pose tous les alpiniste, notamment les guides qui ont de lourdes responsabilités. Et il faut accepter la nature contractoire de l’alpinisme, la vie aussi n’est-t-elle pas contradictoire? quand on sait que la plupart des accidents sont domestiques, dans des lieux dits de « refuge »?
on a tous fait des conneries en montagne et on en refera car on n’est pas parfait et puis sur le moment c’est souvent complexe pour nous:
Vous allez me dire que je suis sévère sur la question de la responsabilité mais je peux vous dire qu’ayant failli voir des proches périr dans une crevasse, on s’est dit ensemble que la montagne n’était pas responsable de ça…qu’elle vit simplement et que pour elle une crevasse c’est pas du tout un danger c’est un témoignage de sa vie, de son évolution…le danger ce jour-là c’était pour ceux qui étaient tombés dedans, il n’avaient pas géré ce risque qui incombait à leur propre personne…ils seraient passé 100m plus à droite et il ne se serait rien passé…de même que quand l’hélico est arrivé, ce dernier n’encourait aucun risque de tomber dans cette crevasse…le risque était donc subjectif! et heureusement que les secouristes sont là et restent des gens très humains et professionnels.
je pense que les hommes auront fait de sérieux progrès quand ils auront accepté le fait que les risques qu’ils encourent sont inhérents à leur propre nature, même si c’est dur à accepter. Ils comprendront mieux pourquoi il faut qu’ils se soutiennent les uns les autres.