Refuge et hygiène en hiver

Bonjour à tous. Je me permets ici une petite interrogation logistique de débutant.
J’ai déjà fait plusieurs jours de bivouacs/refuge en été.
J’ai également déjà fait une nuit en refuge en hiver.
Ce que je n’ai jamais fait, c’est plusieurs nuits en refuge, sans douche, en hiver. Et là, c’est prévu pour le mois prochain.

La toilette au gant, je peux le gérer.

Par contre, c’est sûrement très bête, mais niveau change, vous gérez le truc comment?
En été, j’ai deux jeux de sous-vêtements, je me change le soir et je fais ma lessive pour avoir des fringues propres le lendemain.
Mais j’ai cru comprendre que la ressource en eau ne permettait pas forcément la petite lessive quotidienne sur place.
Partir avec 4 jeux de sous-vêtement/t-shirts/collants me paraît vaguement déraisonnable.
Et même si je suis certain que le mérinos est merveilleux, je crains d’être franchement infréquentable après 4 jours d’effort sans un minimum d’hygiène.

Y’a-t-il donc une bonne manière de gérer, que maîtrisent tous les ski-randonneurs de l’extrême? Si oui, saurez-vous me mettre dans la confidence?

Merci à tous, et bonne soirée.

Ca depend vraiment des refuges - parfois il y a quand-même de l’eau, et si le poêle fonction bien ça le fait bien pour sécher.

Pas d’inquiétude, tout le monde à la même odeur au bout de quelques jours!

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Le secret c’est de ne pas avoir peur d’être infréquentable, idéalement de partir avec du mérinos, et de ne changer que les sous vêtements. Ou rien du tout.

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Venant d’un bouquetin, je ne sais pas ce que je dois en penser.

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Un change propre pour le soir au refuge, pendant que le sale prend l’air et sèche dehors (à moins que tu sois du style arrivé à 22h au refuge) et le lendemain tu remets « le qui pue » et puis l’hiver, au-dessus de 2000 les bactéries se développent beaucoup moins, c’est en redescendant au chaud dans la voiture qu’elle se réveille :grin:

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Caleçon, tee-shirt et chaussettes en laine mérinos ! Sur 4 jours, je ne prend aucun change parce que sac lourd en général.

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Très simple. Je ne prends rien pour me changer et ne me lave pas.

Je n’utilise quasiment jamais du mérinos en montagne car c’est trop fragile, coute cher, est moins respirant que du synthétique, et c’est très pénible à laver. Qd bien même les synthétiques sentent un peu plus que le mérinos, ce n’est pas un critère dans ma pratique montagne (1). De toutes façons, il est usuel de transpirer en faisant une activité sportive. Que les vêtements soient propres et sentent la lessive, ça n’a d’intérêt que le temps de les enfiler et de démarrer l’activité. Ensuite, après qlqs minutes d’efforts, on pue, avec ou sans mérinos (2), voir même sans vêtements.

L’odeur corporel est une convention « sociale ». Dans nos sociétés de riches, avec la climatisation, l’eau chaude à volonté, le lave linge et le sèche linge, on a pris l’habitude de vouloir ne rien sentir, de se laver X fois par jours et de ne porter des vêtements que pendant 1 journée, voire moins. Grosso modo, l’absence d’odeur corporelle est un symbole de richesse. L’odeur est perçu comme un truc de « prolos ». C’est très bien pour des boulots de sédentaires ne nécessitant pas d’efforts physiques et où l’apparence est essentiel. Par contre dès qu’on bouge et qu’on transpire, on pue et c’est normal.

(1) Si on part en couple, et/ou qu’on souhaite pratiquer des activités nocturnes à plusieurs en refuge, il faudra bien évidement une autre approche : 1 change et 1 morceau de savon avec gant de toilette font des miracles.

(2) J’utilise le mérinos à la « ville », au bureau où l’absence d’odeur corporelle est préférable/nécessaire. Sous une chemise, c’est imbattable pour avoir chaud, sans odeur et sans avoir besoin de les laver tous les jours. Le lavage et le séchage sont un gros inconvénients du mérinos, nécessitant des conditions spécifiques, avec donc souvent un lave linge quasi vide, beaucoup de temps pour le séchage à plat …

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Le minimum se gère avec le minimum qu’on a (change) ou qu’on peut trouver (eau).
Le bivouac ou les refuges d’hiver sont une chose, on n’y reste pas très longtemps, mais lors d’aventures prolongées en altitude (ou dans un désert), lors d’expés ou séjours loin de toute civilisation, là où la moindre goutte d’eau est rare et précieuse, il faut bien s’adapter avec… rien.
Vêtements et sous-vêtements en mérinos (les protège-slip ne sont pas exclusivement réservés aux filles), quelques lingettes ; rien de plus.
Une hygiène plus que minimaliste se gère sans problème 8 / 10 jours. Nous jouissons de cet acquis d’occidental riche dont on se réjouit au quotidien, mais c’est loin d’être culturellement présent dans toutes les sociétés. Il y a 50/60 ans, tous les logements français n’avaient pas de salle de bain voire de WC à l’intérieur. Aujourd’hui encore, dans certains villages d’Afrique ou d’Asie il faut faire chaque jour 1 heure de marche pour aller chercher de l’eau qui ne servira sûrement pas pour prendre une douche.

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si je croise un torrent en vallée avec un accès facile et pas dangereux, j’ai plaisir à me rincer.

Sinon, comme tout le monde ou presque, pas de change. éventuellement une paire de chaussettes et un t shirt que je garde propre pour la soirée/nuit. du coup si plusieurs jours, je remet le matin le t shirt de la journée de la veille, ça fait un t shirt sale et un presque propre.

Lingettes pour se nettoyer la tronche et les mains pour éviter de crader le duvet.
Des sous-vêtements propres le soir ou un sac à viande, toujours pour éviter de crader le duvet, très important.
Plus important que l’odeur de 4 barbus dans la voiture en rentrant.

Porter ou puer, telle est la question. Perso j’ai choisi.

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Pareil que d’autres: je prends un rechange pour les soirs/nuits, après m’être lavée au gant s’il y a de l’eau au refuge, et le lendemain, je remets les vêtements « qui puent » . Pas de lavage de linge car les vêtements n’ont pas le temps de sécher, l’hiver.

Et je suis partie une fois en expédition l’hiver et on a été 9 ou 10 jours sans eau (autre que celle que l’on pouvait obtenir en faisant fondre la neige, mais il fallait économiser le gaz). J’avais emporté quelques lingettes, mais de toute façon, comme il faisait très froid (j’ai mesuré -17° sous la tente, et dans la cabane où nous avons passé quelques jours, il faisait -5à -10°), les bactéries ne devaient pas se développer beaucoup.

P’tit’ étoile.

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Okok, je crois que j’ai l’idée générale, je reste donc sur une tenue de jour, des sous vêtements semi propres pour la nuit, et je laisse mon honneur à la maison.

Pour complément, y’a-t-il une vraie plus value au merinos? Je n’en ai actuellement pas, je pensais en acheter un jeu tshirt/collant/slip avant le départ, mais CHNOS ci-dessus semblait dire que ce n’était pas si ouf que ça.

Qu’en pensent les autres?
Bonne soirée.

Le gros plus c’est l’odeur, ou plutôt moins d’odeur. En particulier comparé au synthétique.

Pour un mec comme moi qui transpire énormément, ça sèche relativement vite, ça évacue bien mieux que du coton (mais moins bien que du synthétique sur ces 2 points), mais surtout ça ne pue pas trop même après plusieurs jours à le tremper de l’intérieur. Et c’est souvent complémentaire avec du thermique (pour les T shirts manches longues en particulier).

Par contre ça coûte assez cher.

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Au delà de la propreté avoir des sous-vêtements secs le soir (t-shirt slip chaussettes) ca permet d’avoir moins froid. Perso j’arrive pas à me passer de ce petit luxe même en rando été même si en été la lessive est plus facile à gérer.
En hiver ça veut dire que tu les mets pas quand tu randonnes. Pour le t shirt peut-être moyen de s’en passer en jouant avec les différentes couches.

J’en ai eu un, je n’ai pas trouvé que ça sentait moins que le synthétique…

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Le mérinos fonctionne très bien en ville parce que l’on reste généralement propre et que l’on transpire peu.
En montagne, après quelques minutes, heures ou jours d’effort sans se laver, l’odeur corporelle provient à la fois du corps et des vêtements. La laine mérinos limite la prolifération bactérienne dans le tissu, ce qui réduit l’odeur du vêtement, mais elle n’empêche évidemment pas l’odeur corporelle elle‑même.

Pour ma part, je n’utilise pas de mérinos pour le sport, car c’est moins respirant que les premières couches synthétiques, plus fragile, et cela sèche moins vite. L’entretien est également plus contraignant : lavage délicat, séchage à plat, stockage avec antimites… Cela oblige souvent à faire une lessive séparée avec une machine presque vide, et le séchage est long. Sans compter que le mérinos coûte nettement plus cher.

Les premières couches synthétiques modernes sont traitées pour limiter la prolifération bactérienne. On est très loin des produits d’il y a 30 ans, où l’odeur devenait insupportable après seulement quelques heures.

pour la plue-value du merinos, je ne trouve pas pour ma part.
J’ai cédé à l’appel du merinos après avoir lu plein de retours très positifs … et j’ai été déçue. Je trouve que ça fait beaucoup plus transpirer que les tissus synthétiques, ça évacue moins bien la transpiration et ça met plus de temps à sécher (en comparaison avec des tissus synthétiques de bonne qualité, très respirant, prévus pour le sport).
Le fait que ça mette du temps à sécher est un vrai problème pour la rando hivernale itinérante, à moins d’aimer passer plusieurs jours avec les vêtements toujours un peu humides… A choisir, je préfère des vêtements secs qui puent.
ça, c’est pour des textiles en 100% merinos. J’en ai des 50% merinos/50% synthétiques que je trouve un peu meilleurs en terme d’évacuation de la transpiration, tout en sentant moins que les 100% synthétiques.

Les t-shirts « mérinos » (en fait un mélange mérinos/synthétique) chez Décat ne sont pas trop chers et tiennent bien dans le temps je trouve. Côté odeur du t-shirt, il n’y a pas photo avec du pur synthétique pour ma part.

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