Posté en tant qu’invité par Maurice:
Salut tout le monde,
Je vais mettre à contribution votre expérience de la montagne au travers de ma question :
Je viens de faire une longue course d’arête cotée ADsup (7 h d’escalade) et nous avons eu une discussion avec mon premier de cordée.
Je plante le décors : mon premier de cordée (appelons-le S.) est un montagnard averti qui pratique l’alpinisme depuis plus de 25 ans. Autant dire qu’il a le « pied montagne ».
Pour ma part, j’ai nettement moins d’expérience.
Son avis est que pour ce genre de course (pas de grosse difficulté technique mais de l’ambiance) mieux vaut ne pas s’encorder tout le temps.
En montagne, rapidité = sécurité puisque plus on termine la course rapidement et plus vite on sera en bas donc à l’abri d’un orage qui nous coincerait sur la voie.
S. dit que la progression sur arête avec assurage en mouvement (le premier a des anneaux de corde, on utilise les becquets…)retarde considérablement la cordée et donc => risque.
En revanche, si on se décorde on progresse plus vite.
Je suis d’accord sur le principe mais dans la pratique…je n’ai pas réussi à me passer de la corde sur certains passage.
Suis-je trop timoré ? Toujours est-il que des pas de dé-escalade avec 500 m de vide en dessous, j’ai eu du mal à les faire. Le plaisir disparaît alors et est remplacé par la peur de la chute (je tiens à préciser que je ne suis nullement sujet au vertige).
C’est sûr, ce n’est pas du 6a en solo intégral mais bon…c’est quand même du IIIsup montagne avec de part et d’autre de l’arête des à-pics de 500 à 800m.
Je suis tout à fait d’accord pour dire que la montagne n’est pas un milieu aseptisé et que l’on est obligé d’accepter une certaine « dose de risque ». Ce n’est pas comme du tennis, j’en suis conscients bien sûr.
Mais là, j’ai trouvé le risque trop important. Ca m’a gâché la course. Aucun droit à l’erreur sinon la sanction est immédiate.
Et 8h de course…c’est long. Niveau tension nerveuse ça fatigue et qui dit fatigue dit placement de pied un peu moins sûr avec les conséquences pré-citées.
La conclusion de notre discussion a été la suivante : « Ca va venir. T’as pas encore l’habitude mais tu verras que tu feras pareil bientôt. »
Mouais…j’en doute. Pourtant j’aime vraiment être là-haut mais l’idée du « ton pied zippe, t’es mort » me gâche tout.
Voilà, je voulais juste connaître l’avis d’autres montagnards plus chevronnés que moi. Sont-ils tous de l’avis de S. ?
Merci pour vos réponses.
Maurice