Progression randonnée alpine

Bonjour à tous,

J’ai 30 ans et je pratique la randonnée depuis plusieurs années et le trail depuis peu. Dans ma progression, je me suis orienté de plus en plus vers de la randonnée engagée et alpine principalement en Chartreuse notamment Granier par le pas des barres, quelques sangles, le Grand Manti par le pas de la Mort et dernièrement un petit tour des 2000m de Chartreuse (Grand Som par l’arête Sud, les deux lances de Malissard et dent de Crolles par la cheminée du Paradis).

Je suis conscient de mes limitations n’ayant jamais effectué de stage d’alpinisme et je ne m’engage pas sur des itinéraires avec des cotations d’alpinisme. Je suis aussi assez prudent sur les conditions météo les jours précédents mes sorties et je n’ai pas peur de faire demi-tour ou d’écourter mes sorties si je me sens fatigué.

Je me pose quand même la question du degré d’engagement et des risques associées à ma pratique car j’évolue seul faute de partenaires. J’aimerai continuer d’évoluer dans ma pratique mais en minimisant les risques.

Est ce que vous pensez au vu de mon expérience que je peux m’engager sur un niveau d’engagement encore plus élévés comme les itinéraires suivants par exemple : Traversée de la Grande Soeur Agathe, des Moucherolles, Rocher de la Balme par le col des Deux-Sœurs et du Pas Morta - Randonnée Vercors - Château-Bernard ou celui-ci Le Grand Parra (2012m) et la Cha (1974m) en boucle par les arêtes et la Pointe des Arlicots (2060m) - Randonnée Bauges - École qui comportent des parties hors sentier ou qu’il vaut mieux me cantonner à des randonnées moins engagées ? Je précise que je m’engage sur ces sentiers avec des chaussures de randonnée Millet semi-rigide avec semelle Vibram mais je n’ai pas de crampons.

Merci à tous !

On analyse bien le retour d’expérience de ses sorties précédentes pour éventuellement monter en difficulté.
Et pourquoi pas on choisit des sorties qui permettent facilement de faire demi tour.
Et un petit stage d’alpi, encore qu’il est souvent pas facile de s’assurer en terrain à chamois exposé.
Et/ou choisir des randos où l’exposition n’est pas trop longue, en bonnes conditions ( absence de neige et d’humidité ).
Et plein d’autres choses

Oui voilà. Quand on n’est pas sûr faut pouvoir s’arrêter avant que ce soit trop tard.
Un peu d’escalade ou alpi ne fera jamais de mal mais la progression par la randonnée juste faire de la montagne comme le fait @kinderlois c’est vraiment la bonne base surtout en se posant la question de ses limites comme il semble le faire.
Et oui seul c’est toujours plus risqué c’est un fait.

Les randos vertige en terrain scabreux c’est souvent bien plus expo qu’un itinéraire assumé alpi/escalade avec pose de protections :sweat_smile: surtout si le topo a plus de 10 ans, les sentes en dévers ont très bien pu se faire éroder et les conditions ne sont plus celles d’origine, voir les commentaires récents ça donne souvent des infos.

Quand j’ai fait la traversée des arêtes de l’Étale jusqu’au mont Charvin on s’est retrouvés dans des traversées écroulées bien expo, j’aurais aimé avoir un piolet par endroit, c’est quelque chose qui pourrait te servir aussi davantage que des crampons en cette saison.

Si tu es attiré par le vertical, tu devrais te former à l’escalade grande voie et à l’alpi rocheux, c’est dans la suite logique, ça te donnera des compétences et des outils de progression et de décision même pour la rando engagée.

J’ai lu en diagonale car je ne connais pas la région dans laquelle tu évolues, mais en vrac et pas dans l’ordre :
Le matériel aux pieds c’est anecdotique, ce n’est pas la chaussure qui te rendra à l’aise. Ou plutôt, une excellente chaussure te rendra à l’aise mais fera de toi une larve peureuse quand tu ne les auras plus aux pieds. Donc ce n’est pas au matériel de supplanter la technique, jamais, alors le mieux est peut-être de continuer déjà avec tes chaussures actuelles.
Concernant l’alpinisme, ce n’est pas la même activité mais surtout pas la même philosophie. Savoir cramponner, taper au piolet et grimpouiller (4 voire 5 max sur de courtes sections) sera toujours utile en rando à chamois, mais là où l’alpi cherche à se protéger en rando à chamois ce n’est pas faisable, la seule protection sont les pieds, la chance et une bonne lecture du terrain (je ne parlerai jamais de talent dans ce terrain). L’exposition fait partie de l’itinéraire, on y va pour ça, pour se faire peur, se sentir fort, avoir sa dose d’adrénaline et d’ego flatté (il ne faut pas se mentir). Le reste, c’est à dire les petites fleurs, le paysage, les animaux, c’est juste pour faire bonne mesure sur les réseaux sociaux (quand on va dans ce genre d’itinéraires on connait par coeur cet environnement, sans dire qu’on s’en fout les petites distractions peuvent se voir sur des randos classiques sans chercher la mort à chaque pas). Il faut donc être en règle avec soi-même, avoir fait les papiers nécessaires pour sa famille, etc… Il y a évidemment plusieurs degrés d’exposition, je dramatise un peu, mais pas trop.
Quant à être seul, à deux ou 15, en vrai plus on est nombreux plus c’est dangereux (inertie de groupe, chutes de pierres, niveaux des participants…). Seul ou à deux ça ne change rien, tu tombes tu es le seul à mourir, ton pote tombe il sera le seul. Les joies de la progression non-encordée. Si vous vous encordez et ne maîtrisez pas la corde courte, ce sera 2 morts suite à une chute.
Faire demi-tour n’est parfois pas une option, surtout dans le T5-6. Il faut avoir la marge pour sortir par le haut, et il faut avoir la marge pour évoluer dans un terrain qui a pris la pluie. Car parfois on se retrouve dans des endroits glauques qui prennent peu le soleil, et pourtant il faut y aller et passer le passage couillon qui fait peur.
Et un truc positif c’est que chaque demi-tour reste malgré tout une occasion de s’exercer, de pratiquer… donc si l’itinéraire n’est pas coché l’expérience est engrangée.

Le jour où tu maîtriseras bien ce terrain à chamois puis que tu feras de l’alpinisme classique (donc les vieilles voies en mixte) ça te fera drôle, les courses te sembleront des promenades nerveusement et techniquement (jusqu’à D-)

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Oui dans ce cas extrême. Mais dans plein d’autres situations le deuxième pourra t’aider de multiples façons y compris en redescendant alerter les secours par exemple si tu te blesses au point de plus pouvoir avancer.

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Pas du tout d’accord !
Lorsque je prépare le matériel d’une sortie, le 1er matos que j’étudie sont les chaussures.
Car ce sont les chaussures qui supportent la plus grosse part de notre poids, et la plupart du temps.
J’aimerais bien te voir descendre une pente d’herbe ou une rive de ravin à 45-50° avec des baskets de trail toutes molles avec des crampons usés, je pense que ça peut faire une bonne vidéo (assez courte, parfait pour les réseaux).

Le 2e matos, ce sont les bâtons :slight_smile:

C’est ta philosophie, mais pas du tout la mienne ! Je ne vais pas en montagne pour me faire peur.
Mais pour faire des itinéraire jolis. Et parfois l’élégance de l’itinéraire demande d’accepter une certaine exposition.
Il y a aussi les itinéraires de réchappe (et les repérage de ces itinéraires), qui bien que pas forcément beaux, sont bien pratiques.
Mais si un itinéraire et expo mais moche, je ne vais pas y aller parce qu’il est exposé, aucun intérêt pour moi.

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C’est ma philosophie aussi. Mais j’ajoute que parfois j’aime aller à la limite et avoir le petit frisson.

Pour les vieux briscards aux genoux cagneux :slightly_smiling_face:

On me fait souvent la remarque pour le matos et au final, à l’usage, ça me conforte dans ma position concernant le matos (chaussures, mais aussi sac, fringues etc…). Chaussures d’alpi, baskets… la technique change mais l’aisance vient de l’individu d’abord à force de pratique, puis ensuite il s’accomode du matos.

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Il m’a l’air assez à l’aise le gars.
Pour le reste je partage. Je n’y vais pas parce que c’est expo. J’y vais parce que ça me tente.
M’enfin ça se discute. Ca peut tenter parce que c’est improbable. Ce qui implique souvent une part dexpo.

Je m’y suis toujours pas résolu aux bâtons :slight_smile:

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Tu devrais, c’est marrant à la descente quand on courre.

Je préfère courir à deux pattes qu’à quatre
Au pire j’ai deux fesses et deux mains ce qui fait six pattes.

J’ai mis le like pour l’ensemble, sauf pour les genoux :grin:
Perso les bâtons me servent bien dans les pentes très raides, que ce soit à la montée, en traversée, ou à la descente, quand c’est glissant par exemple.

les itinéraires que tu cites (Pas de la Barre, Pas de la Mort, Cheminée du Paradis) ne sont pas particulièrement engagés. ça reste de la randonnée sur de bons sentiers et avec des passages équipés pour faciliter la progression.
On est sur une cotation T3, donc « randonnée en montagne exigeante »
(T4 pour le Grand Som par l’arete sud, donc « randonnée alpine »)

La traversée Grand Parra - Arlicot est bien plus exigeante (cotation T5)
ça fait quand même une grosse différence d’engagement avec les expériences que tu cites.

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@kinderlois, évidemment qu’il faut progresser, la rando alpine c’est super :slightly_smiling_face:

Mais si tu veux y aller seul, à mon sens, il y a une règle principale : avoir de la marge. En rando alpine, pour moi, avoir de la marge ça veux dire avoir fait à plusieurs plus dur que ce que je veux tenter seul.
Ainsi, en technique, ça aide de faire de l’escalade, voir un peu d’alpinisme. En recherche d’itinéraire, il vaut mieux avoir fait un peu d’orientation et de savoir lire le terrain pour se sortir d’un mauvais pas. C’est pas idiot non plus d’avoir de la marge en terme de matériel. Une paire de crampon, un bout de corde dans le sac, voir un piolet en début de saison, ça peut aider à se sortir d’une situation difficile.

Il y a des itinéraires T4 et T5 dans le topo qui ont fait l’objet de nombreux CRs qui te permettront de bénéficier des observations antérieures.