Pour scientifiques et météorologues

Posté en tant qu’invité par Jan le Yéti:

Salut à tous.

J’ai un altimètre Suunto (modèle X6) et un collègue possède lui un Polar et nous assistons tous les deux au même phénomène.

Je recale mon alti le matin chez moi (précisément) et quand j’arrive au point de départ de la rando, il n’est plus juste (60m d’écart ce matin). On ne peut pas dire que c’est à cause de la température dans la voiture, car le temps de se préparer, l’altitude ne varie pas.
Autre exemple (hier) : j’ai un décalage de 15mètres au début du vallon de la Jasse (vers 1330) et un décalage de 70mètres au sommet.

Et pleins d’autres cas, avec des allers-retours sur certains sommets, je note des variations non expliquées (par exemple 20 mètres au sommet du Moucherotte), alors que la pression atmosphérique ne variait pas (outre les marées barométriques de journée et de nuit).

D’autant plus qu’il n’est pas rare de constater par ailleurs des précisions étonnantes lors de certaines virées d’automne comportant plusieurs sommets, et où les écarts étaient proches de 0 mètre par rapport aux points côtés sur les cartes !!!

Il me semble que cet effet de variation est bien plus marqué l’hiver. On dépasse alors les pourcentages d’erreur admissibles pour des capteurs de pression comme ceux mis dans les montres.

Est ce que cela s’explique par un phénomène d’hiver (lequel ?), des marées barométriques plus importantes, des courants d’airs dépressionnaires ???

Merci d’éclairer ma lanterne…

Bon ski à tous

Posté en tant qu’invité par tophe:

Je rencontre aussi de telle variation avec ma vielle montre casio mais je ne peux l’expliquer.
Bon ski…

Posté en tant qu’invité par Laurent38:

J’ai lu qlq part que les montres bracelets pouvaient avoir des problèmes de ce type en raison de la tp° du corps.

Posté en tant qu’invité par Oncle Bill:

alors que la pression atmosphérique ne variait pas

Comment peux-tu en être sûr ? Il y a presque toujours des variations même minimes. Une variation d’un hPa (c’est quasi rien), ça fait une différence de 10 m. Le 26 février, jour où tu étais à la Jasse, à Annecy, il y a eu une chute de pression de 5 hPa en 4 heures.

(outre les marées barométriques de journée et de nuit).

Je connais le marais barométrique, qui est une large zone de pression à peu près égale et en générale proche de 1015 hPa (pression niveau mer), mais les marées barométriques entre jour et nuit, jamais entendu parlé… et pourtant je suis météorologue professionnel. ;o)

Posté en tant qu’invité par Jan le Yéti:

Salut.

Je ne suis pas météorologue professionnel et ne fais que reprendre un terme employé par JJ Thhillet de Météo France, dans son ouvrage « La météo de montagne ».

P34 : « il existe une variation diurne de la pression : la marée barométrique. Elle se manifeste par deux maxima (en début de matinée et en soirée), et de deux minima (en milieu de nuit et l’après midi). En situation météo stable, l’amplitude de ces fluctuations ne représente guère qu’une petite dizaine de mètres ».

J’ai employé ce terme en tant que « semi-béotien » de la météo. Peut être est-il un « abus de langage » pour permettre à l’observateur lamda que je suis de comprendre le phénomène.
Bref.

D’accord, je n’ai pas « vérifié » que la pression était restée la même, mais par exemple aujourd’hui, sans recaler mon alti, qui était juste ce matin en vallée, était « faux » en altitude, était de nouveau juste de retour chez moi.
Je ne crois pas en l’influence de la température du corps évoquée dans un message plus haut.

D’autre part, pourquoi (semble-t-il) se phénomène « d’erreur » est-il remarquable surtout l’hiver ?

N’y a-t-il donc personne pour me donner une explication scientifique (ramenée à mon niveau de compréhension bien sûr) de cette bizzarerie ???

Jan

Posté en tant qu’invité par mp58:

Salut,

Ces écarts m’ont également préoccupé. Les anomalies de pression dues aux variations journalière et aux conditions locales (effet venturi en cas de vent par ex.), etc sont difficilement appréciables et influencent tous les altimètres. Ils sont également étalonnés selon l’atmosphère standard (courbe de référence: altitude - température) et certains possèdent une compensation de température. Ceci est important pour la précision, mais ce n’est pas parfait. Une montre au poignet sous une veste verra une température de 10°C alors qu’en réalité elle est de -5°C. Il va donc corriger l’altitude pour la température ambiante de 10°C. J’ai constaté une amélioration de la précision en fixant la montre sur la bretelle du sac ( et plus facile à consulter que sous la veste avec des gants) et chez moi les écarts sont moins importants en hiver qu’en été !!!

Posté en tant qu’invité par Oncle Bill:

J’ai employé ce terme en tant que « semi-béotien » de la météo.
Peut être est-il un « abus de langage » pour permettre à
l’observateur lamda que je suis de comprendre le phénomène.
Bref.

Peut-être que JJT a raison, mais ça me parait difficilement vérifiable vu la faiblesse des variations. De toutes façons ce n’est pas ça qui influe réellement sur ton altimètre. Je pense que la piste de la température soit à vérifier. Peut-être aussi que ces appareils n’ont pas une précisions suffisante pour rester juste à 30 m près sur de grandes dénivellations.

Posté en tant qu’invité par Olaf Grosbaf:

Dans le dernier Montagnes Mag, il y a un comparatif d’altimètres et il y est dit que les algorythmes de compensation en température ont tendance à surestimer les dénvelés en hiver et à les sous-estimer en été. C’est peut-être là le problème?
Olaf

Posté en tant qu’invité par Jan le Yéti:

Bien bien bien…

Merci à tous pour ces pistes d’investigation.

Je vais essayer de regarder de plus près l’hypothèse de la température, en laissant mon alti à l’air libre le matin chez moi et en rando, en utilisant un thermomètre, les courbes et équations de correction pression/température dans les jours prochains jours…

Et puis l’expérience personnelle est formatrice dit-on…

jan

Posté en tant qu’invité par Marmotte:

j’observe la même chose avec mon altimètre. du coup, je le recale le plus souvent possible en rando, et quand j’arrive à la voiture, je dois encore le recaler (30 m maximum).
par contre, si je ne le recale pas, je prends 50 m de plus au sommet, mais au retour à la voiture, il est juste à 5 m près.
j’essaierai d’en tenir compte le jour où j’en aurai réellement besoin (pour l’instant, je n’ai eu à m’en servir que deux fois en course d’orientation, boussole et carte ont toujours été suffisantes en montagne. mais on sait jamais…).

Posté en tant qu’invité par Ben38:

B’jour,

Les altimetres ne font que « traduire » en variation d’altitude une variation de pression. Pour cela, ils se basent sur un modele standard de fonction liant les deux grandeurs. Ce modele represente une moyenne modelisant le comportement de l’atmosphere dans les basses couches.

Mais evidemment, l’atmosphere reelle rencontree entre 0 et 5000m un jour donné est differente du modele moyen implanté dans la montre. A mon sens, ca explique les ecarts dans une large mesure. Il faut savoir qu’un hPa c’est tres faible comme erreur de pression, mais ca se traduit quand meme par 8 a 10 m environ en altitude !

Donc entre la precision du capteur et la validite du modele un jour donne, les erreurs constatees n’ont rien d’anormales…

Ben a Grenoble
Mon avis n’engage que moi

Posté en tant qu’invité par yoyo:

l’explication scientifique sur le lien: alti

Posté en tant qu’invité par Robert:

Ben38 a écrit:

B’jour,

Les altimetres ne font que « traduire » en variation d’altitude
une variation de pression. Pour cela, ils se basent sur un
modele standard de fonction liant les deux grandeurs. Ce modele
represente une moyenne modelisant le comportement de
l’atmosphere dans les basses couches.

en complément: ce modèle standard est calculé pour une température de 15°C au niveau de la mer. Donc actuellement nous en sommes bien loin, comme on en est loin l’ été quand il fait 25 ou plus. Cela explique que les altis se "dérèglent même si la pression ne bouge pas ce qui est toujours difficile à savoir. Sus le mode d’emploi de ma suunto il y a une formule compliquée pour calculer le décalage.

Mais evidemment, l’atmosphere reelle rencontree entre 0 et
5000m un jour donné est differente du modele moyen implanté
dans la montre. A mon sens, ca explique les ecarts dans une
large mesure. Il faut savoir qu’un hPa c’est tres faible comme
erreur de pression, mais ca se traduit quand meme par 8 a 10 m
environ en altitude !

Donc entre la precision du capteur et la validite du modele un
jour donne, les erreurs constatees n’ont rien d’anormales…

Ben a Grenoble
Mon avis n’engage que moi

Posté en tant qu’invité par Lucio:

C’est effectivement dû à l’état de l’atmosphère (donc normal du point de vue de l’altimètre) : ton alti suppose que l’atmosphère est standard (15 °C au niveau de la mer avec -0,65 °C / 100 m). Or, en hiver, l’atmosphère est plus froide que cette référence si bien qu’elle va se « tasser » (contraire de la dilatation estivale) -> si tu montes, la pression réelle va diminuer plus vite que ce que suppose ton alti. Sous-estimant la variation de pression, celui-ci proposera une altitude plus faible. Ainsi en hiver, il amplifie les déplacements, aussi bien dans le sens de la montée que de la descente (si bien que tu retrouves la bonne altitude en bas). Et c’est l’inverse en été. A l’automne, l’atmosphère est au plus proche de l’état standard et il n’est pas rare de vérifier la bonne altitude, d’autant que les variations de pression y sont généralement lentes, en particulier en septembre lors des périodes de beau temps stable.

Il faut bien voir que ceci est uniquement imputable à la température de l’atmosphère, et en aucun cas à la température dans la voiture ou au poignet. Là on touche aux problèmes de compensation en température, qui ont fait l’objet de nombreux posts sur le forum.

Posté en tant qu’invité par Lucio:

Lucio a écrit:

Sous-estimant
la variation de pression, celui-ci proposera une altitude plus
faible.

c’est mal dit (et faux), bref c’est lundi matin : l’alti va mesurer la bonne différence de pression (pas bête le capteur) mais va surestimer l’altitude nouvelle, vu que pour lui la différence de pression enregistrée correspond à une différence d’altitude plus importante que la réalité. Ouf ! :slight_smile:

Posté en tant qu’invité par LAL:

J’ai un suunto advisor depuis oct 2002, et j’ai le même problème : altitude trop basse l’été et trop haute l’hiver (variations allant jusqu’a 5 a 7% environ), mais ok printemps et automne. J’avais fait changé le capteur au bout d’un an mais même symptôme.

Un gars de chez Suunto rencontré sur la salon des Templiers en oct dernier m’a indiqué que ça n’était pas normal, que les altis étaient compensés, et m’a demandé de lui envoyer des relevés qui montraient ces écarts par une pression stable. Un bon moyen de vérifier la stabilité de la pression pendant la sortie est de vérifier la pression ramenée au niveau de la mer après ré-étalonnage de ton alti selon des points IGN.

Manque de bol, je n’ai pas réussi à mettre en évidence des variations anormales à partir de début novembre, alors que j’avais par exemple observé le 5 sept un relevé à la croix de Chamrousse = 2150, alors que l’alti était calé nickel à St Martin d’Uriage au départ et au retour !

Comme chaque hiver, la dérive positive a repris en décembre, mais entre-temps, j’ai trouvé « une explication scientifique ramenée à mon niveau de compréhension » sur http://www.barlou.com/altimetre-suunto/fonctionnement.php. Actuellement, j’ai régulièrement +30 à +50m / 1000m
Je me suis donc fais une raison, et ré-étalonne donc mon alti le plus souvent possible lorsque je randonne

ps : la t° en statique ne change rien : mets l’alti dans ton congel, tu verras que la pression (et l’altitude donc) ne varie pas

Posté en tant qu’invité par Robert:

Lucio a écrit:

C’est effectivement dû à l’état de l’atmosphère (donc normal du
point de vue de l’altimètre) : ton alti suppose que
l’atmosphère est standard (15 °C au niveau de la mer avec -0,65
°C / 100 m). Or, en hiver, l’atmosphère est plus froide que
cette référence si bien qu’elle va se « tasser » (contraire de la
dilatation estivale) -> si tu montes, la pression réelle va
diminuer plus vite que ce que suppose ton alti. Sous-estimant
la variation de pression, celui-ci proposera une altitude plus
faible.

C’est l’inverse: altitude trop basse en été et plus haute que la réalité en hiver

Ainsi en hiver, il amplifie les déplacements, aussi

bien dans le sens de la montée que de la descente (si bien que
tu retrouves la bonne altitude en bas). Et c’est l’inverse en
été. A l’automne, l’atmosphère est au plus proche de l’état
standard et il n’est pas rare de vérifier la bonne altitude,
d’autant que les variations de pression y sont généralement
lentes, en particulier en septembre lors des périodes de beau
temps stable.

Il faut bien voir que ceci est uniquement imputable à la
température de l’atmosphère, et en aucun cas à la température
dans la voiture ou au poignet. Là on touche aux problèmes de
compensation en température, qui ont fait l’objet de nombreux
posts sur le forum.

Posté en tant qu’invité par Robert:

LAL a écrit:

J’ai un suunto advisor depuis oct 2002, et j’ai le même
problème : altitude trop basse l’été et trop haute l’hiver
(variations allant jusqu’a 5 a 7% environ), mais ok printemps
et automne. J’avais fait changé le capteur au bout d’un an mais
même symptôme.

Un gars de chez Suunto rencontré sur la salon des Templiers en
oct dernier m’a indiqué que ça n’était pas normal, que les
altis étaient compensés,

Le gars de chez suunto il avait pas lu leur mode d’emploi. ces variations n’on rien à voir avec la compensation qui compense la température du capteur mais pas celle de l’athmosphère.

et m’a demandé de lui envoyer des

relevés qui montraient ces écarts par une pression stable. Un
bon moyen de vérifier la stabilité de la pression pendant la
sortie est de vérifier la pression ramenée au niveau de la mer
après ré-étalonnage de ton alti selon des points IGN.

Manque de bol, je n’ai pas réussi à mettre en évidence des
variations anormales à partir de début novembre, alors que
j’avais par exemple observé le 5 sept un relevé à la croix de
Chamrousse = 2150, alors que l’alti était calé nickel à St
Martin d’Uriage au départ et au retour !

Comme chaque hiver, la dérive positive a repris en décembre,
mais entre-temps, j’ai trouvé « une explication scientifique
ramenée à mon niveau de compréhension » sur
http://www.barlou.com/altimetre-suunto/fonctionnement.php.
Actuellement, j’ai régulièrement +30 à +50m / 1000m
Je me suis donc fais une raison, et ré-étalonne donc mon alti
le plus souvent possible lorsque je randonne

ps : la t° en statique ne change rien : mets l’alti dans ton
congel, tu verras que la pression (et l’altitude donc) ne varie
pas

Posté en tant qu’invité par Lucio:

Oui oui, j’avais rectifié ! Je me relirai la prochaine fois :slight_smile:

Posté en tant qu’invité par Nat:

Euh… si y’a tous ces problèmes, à quoi ça sert de payer si cher un alti avec « la compensation en température », alors que pour nettement moins cher on a un alti « non-compensé » ?