Post à reptiles

Bonjour à toutes et tous
Bien que je ne sois pas spécialisé dans les reptiles j’ai quand même quelques notions et je me suis dit après avoir lu pas mal de messages se ramenant à ce sujet ( je crois qu’il y a autant d’identifications fausses sur les reptiles que sur les rapaces) que ça pourrait être utile d’apporter quelques précisions. Avant de montrer des critères d’identification en photo ( à venir dans les jours prochains), voici quelques indications.
En général es questions concernent la différence entre vipère aspic et couleuvres. Généralement les critères évoqués et probablement lus sur internet sont inutilisables sur le terrain, j’en reparlerai plus loin.
Pour commencer un petit mot pour les sudistes: la vipère n’est pas présente dans les Bouches-du Rhône (sauf peut-être très exceptionnellement en bord de Durance) pas plus que dans le sud du Var: conclusion il n’y a aucun souci à avoir dans les Calanques par exemple, tout serpent ne peut être qu’une couleuvre même si on est sûr et certain que c’est une vipère; mais c’est parfois très difficile de faire accepter ça …
Autre critère facile , une vipère aspic fait en général entre 50 et 70 cm, et ne dépasse jamais 90 cm: un grand serpent est forcément une couleuvre, et s’il fait plus d’un mètre cinquante on a de très fortes chances que ce soit une couleuvre de Montpellier. ce qui bien sûr ne veut pas dire qu’un petit serpent est une vipère :slight_smile:
La couleur n’est pas un critère pour reconnaître une vipère, par contre la forme de la queue est à mon avis le critère le plus facile à voir instantanément sur le terrain, à condition évidemment que cette queue soit visible: une queue effilée s’amenuisant progressivement pour finir en pointe signe une couleuvre. Un corps se rétrécissant brutalement pour former une queue courte appartient à une vipère.

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Pour quelle raison il n’y a pas de vipères là-bas ?

D’accord avec ça, la majorité des serpents qu’on voit sont en train de fuir donc on n’en voit que la queue. J’avais appris que « trapu = vipère ».

Je ne sais pas, c’est factuel. On peut poser la question pour n’importe quel être vivant: pourquoi présents ici et pas ailleurs, pour certains la réponse peut être évidente, pour la plupart c’est difficile de savoir

Oui je sais. On m’a toujours dit pas au sud de la Durance.
Et dans le 06 il y a une espèce rare. La vipère d’Orsini. Petite et peu dangereuse.
Voilà j’ai étalé toute ma science en la matière. J’espère que c’était pas trop long :slight_smile:

La vipère d’Orsini est bien présente à Lure, c’est même là qu’en général on va la chercher. Elle ne présente en effet aucun danger, elle se nourrit d’orthoptères

Oui à priori je ne suis pas un orthoptère. Je savais qu’il n’y en avait pas que dans le 06 mais je ne savais plus exactement où.

A Marseille on rencontre rarement des serpents. Peut-être quelques serpents-thym dans les garrigues. Les jours de fête.

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Voilà une photo (toutes les photos que je posterai ici sont de moi bien sûr) de vipère aspic. On voit qu’elle est de couleur claire et ne présente pas du tout la teinte et le motif habituellement associés à cette espèce, ce qui montre bien que ces caractères ne sont pas discriminants. Par contre on voit des critères discriminants: pupille verticale, double rangée d’écailles sous l’oeil, écailles du corps carénées, « nez » retroussé … Bien , bien mais franchement qui va voir ça sur le terrain ??? ces critères sont valables sur photo mais quand on est à deux doigts de marcher sur un serpent , voyons examinons la pupille soigneusement, ah il faut que je m’approche,… merde elle m’a mordu cette conne !!! Bon si on reste à distance raisonnable un critère peut être visible, outre la queue dont j’ai déjà parlé ce sont les écailles sur le dessus de la tête: petites et nombreuses (alors que les couleuvres ont de grandes plaques, cf ce qui suivra sur les couleuvres), valable si on voit le serpent de dessus et pas de côté comme ici.
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Cette photo a été prise alors que le serpent est dans l’eau. motif sur le corps semblable à celui fréquemment observé chez les vipères aspic, tête triangulaire où on ne voit pas bien s’il y a des plaques ou des écailles, immédiatement on s’exclame « une vipère !! » Ben non. D’abord le comportement: un serpent au fond de l’eau en train de chasser des poissons c’est pas une vipère. Ensuite, attendons de voir la queue:
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Elle s’amenuise doucement c’est donc une couleuvre: la couleuvre vipérine (qui s’appelle comme ça justement parce qu’elle ressemble énormément à la vipère).

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Bonjour,
je profite de ce que nous sommes en compagnie de spécialistes pour soumettre une question qui m’a toujours intrigué, et auquel aucun herpétologue n’a jamais su répondre : pourquoi n’y a-t-il pas de vipères en Corse ?
Je ne vois que deux réponses possibles. 1°, explication physique : l’environnement ne s’y prête pas (géologie, végétation, faune, climat, etc.) ; si certaines ont pu débarquer sur l’île, elles n’y ont pas trouvé les conditions requises pour y survivre ou laisser une descendance. 2°, explication historique : les vipères pourraient fort bien vivre sur l’île, mais elles n’ont jamais trouvé l’occasion de traverser l’étendue maritime qui les sépare du continent
Ce qui me rend perplexe quant au 1er point, c’est que l’environnement corse ne semble guère différer des conditions offertes par bien des régions où on les rencontre sur le continent. Quant au 2d point, depuis le temps que les humains traversent entre Continent et Corse, les occasions n’auraient pas dû manquer pour certaines de jouer les passagers clandestins.
La même question se pose d’ailleurs pour les pies : il y a des geais en pagaille en Corse, et quoi de plus facile pour une pie que d’emprunter un ferry ?
Si vous avez des lumières là-dessus…
Amicalement.
Patrick Dupouey

Je m’avance peut-être mais à mon avis on n’en sait rien, comme je l’ai déjà dit pour les Bouches-du-Rhône entre autres, l’insularité n’explique pas grand-chose pour la pie selon mon point de vue. Par contre ça peut expliquer l’absence de vipères, de la couleuvre de Montpellier ou des coronelles …

Magnifique photo (mais un peu terrifiante pour moi). C’est rare une vipère aspic blanche ?
Les renflements au niveau de son cou correspondent aux glandes à venin ?

Quand tu dis blanche tu veux dire claire ? Comme sur la photo ? On ne voit pas beaucoup de photos comme ça je suppose donc que ce n’est pas très courant, mais je n’ai pas assez de connaissances pour te le garantir.

Non mais ça a un rapport: ce sont les muscles utilisés lors de l’injection du venin, ils appuient sur la glande. Donc ici où ils sont plus apparents que d’ordinaire j’ai deux hypothèses: soit ce sont des muscles plus développés que la normale, soit les glandes à venin sont chargées à bloc et leur volume a une incidence sur la place des muscles (et si c’est ça méfiance !!)

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Ces photos concernent la même espèce. A gauche un adulte de couleuvre à échelons à droite un juvénile. les échelons (les barreaux de l’échelle) sont visibles sur les juvéniles mais disparaissent chez les adultes qui se reconnaissent alors avec leurs deux traits longitudinaux parallèles (les montants de l’échelle). Cet adulte faisait 1m40 de long, le juvénile autour de 35 cm. La taille maximale peut être de 1m60 c’est donc déjà un beau morceau. C’est l’espèce la plus agressive que je connais, ( lors de la photo de l’adulte je me méfiais) mais non venimeuse. Mais normalement avant l’attaque (qui n’a lieu que si le serpent se sent coincé) elle se gonfle et souffle.
J’ai mis cette photo pour montrer les écailles de la tête qui sont de grosses plaques (9) au contraire des vipères qui ont de nombreuses petites écailles. Ces plaques écailleuses sont présentes chez toutes les couleuvres.
couleuvre à échelons

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« à échelons » juvénile attrapée la semaine dernière en balade nocturne sur la terrasse et remise plus loin dans le jardin :grin:
échelons transversaux juvéniles bien visibles

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Excellente illustration !

Très jolie !
Mais comment fais-tu pour l’attraper ? Je ne m’y risquerais pas, même si elle n’est pas venimeuse. J’ai pas mal de réticences avec les serpents.

bloquée derrière la tête avec un bâton ; cette fois prise (délicatement) par la queue (d’autres fois derrière la tête).

  • Tenue par la queue : ça gigotte et ça a tendance à remonter la tête très près de la main pour cette petite taille (proportionnellement ça remonte moins près de la main avec une couleuvre plus grande)
  • tenue derrière la tête, ça s’enroule un peu autour du bras. Le plus délicat est de trouver la bonne force de serrage. Trop ça l’étouffe, pas assez ça se barre :sweat_smile:

Pour terminer ce petit aperçu des serpents rencontrés en rando ou escalade (mais n’oublions pas les différents lézards) un mot sur la couleuvre de Montpellier, l’espèce qui à l’âge adulte peut atteindre des dimensions impressionnantes (je me souviens d’un spécimen hallucinant sur les crêtes des falaises soubeyrannes): elles peuvent dépasser deux mètres de long, être épaisses comme mon poignet et atteindre deux kilos. Comme pour d’autres espèces l’apparence d’un juvénile et d’un adulte est différente. Sur la photo mâle adulte en haut, juvénile en bas (les femelles gardent des taches blanches comme chez le juvénile)
couleuvre de Montpellier
Contrairement à ce qu’on dit souvent elle est venimeuse mais sans danger pour l’homme. Pourquoi ? C’est une espèce opistoglyphe c’est-à-dire que les crochets sont situés dans la gorge derrière la mâchoire, fixes et tournés vers l’arrière. Pour se faire envenimer il faut le chercher; j’ai des copains qui l’ont été plusieurs fois mais seulement parce qu’ils les attrapent et les manipulent, mais ces envenimations restent légères (oedème éventuel, étourdissements…) En pratique si on se fait mordre c’est plus la morsure qui fera mal, c’est presqu’impossible de se faire envenimer à moins d’enfoncer un doigt dans la gorge du bestiau ou qu’elle ouvre tellement la gueule que les crochets puissent être en contact avec la main… (les vipères sont solénoglyphes, les crochets sont situés à l’avant de la mâchoire, repliés contre le palais au repose et se déploient lorsque la vipère ouvre grand la gueule; j’en profite pour re(?)dire qu’une morsure de vipère peut être sèche (sans injection du venin) et que la quantité de venin injectée peut-être faible, une morsure de vipère n’est pas forcément grave)

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" Combien de morsures de vipère sont recensées en France ?
Chaque année en France, environ 300 morsures de vipères sont recensées, dont moins de la moitié sont suivies d’une envenimation. Les morsures sont majoritairement accidentelles et ont le plus souvent lieu en été et en journée. Elles concernent aussi bien les enfants que les adultes, avec une prédominance masculine dans toutes les tranches d’âge."

" occasionnant un décès seulement tous les 5 à 10 ans. Pour comparaison, les guêpes, abeilles et frelon entraînent 15 décès par an,"

"Sa morsure est alors très brève, de l’ordre de quelques centièmes de seconde seulement, et n’est accompagnée d’une injection de venin - dite envenimation - qu’une fois sur deux en moyenne.
La moitié des morsures de vipères sont donc dite « sèche », à savoir sans injection de venin.

" Le venin de la vipère est toxique pour l’homme, puisqu’il est nécrosant et neurotoxique : une envenination importante et non prise en charge par une injection d’un sérum antivenimeux (antivenin), peut effectivement être mortelle. Mais le venin ne tue pas en quelques minutes, ni même en une heure ! Une personne mordue, si elle se rend tout de suite aux urgences, aura le temps d’être pris en charge efficacement " rassure l’herpétologue.
La plupart du temps, les morsures de serpent sont localisées sur un membre de la victime : main, pied, jambe ou bras."

"On évite en revanche absolument : de sucer la plaie (risque d’absorber le venin par la bouche), d’utiliser un aspivenin, de faire un garrot de compression ou un bandage compressif, de donner de l’aspirine, "

Morsure de vipère : que faire, danger, combien en France ?

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