Petite question de physique élémentaire

Posté en tant qu’invité par Maurice:

Bonjour !

Le WE dernier, j’ai bivouaqué à environ 3000m d’altitude sur un sommet à l’abri du vent dans un abri - sans toit - monté en pierres plates.

C’était la première fois que je bivouaquais sans tente. J’avais emmené un sursac type Gore-Tex. Au moment de me coucher le ciel était étoilé et la météo n’avait pas annoncé de pluie pour la nuit. Je me dis donc que le sursac est superflu et que, si je l’enfile, cela risque de faire de la condensation et de mouiller mon duvet. Or quand un duvet en plumes se mouille, il devient moins performant.
Je m’endors donc comme un bébé mais je me réveille au beau milieu de la nuit - toujours étoilée - avec mon duvet trempé !
J’ai enfilé le sursac et me suis rendormi mais j’ai eu un peu froid le reste de la nuit (pour info, c’est un duvet Valandré -15°C et il a dû faire -1°C à tout casser dans la nuit…pour preuve le givre au petit matin sur la housse des crampons).

Pourquoi, n’ayant pas mis mon sursac, mon duvet était-il trempé ? Je ne m’attendais pas à ça…

Est-ce que la différence de température à l’interface duvet (chaud)/air extérieur (froid) a provoqué la condensation de vapeur d’eau sur le duvet ?
Comment faire pour éviter cela ?

Au final, le matin, tout était trempé : sursac et duvet…alors qu’il n’a pas plu une goutte de la nuit.

Merci à celui ou celle qui détient la réponse et/ou la solution à ce problème !

Bonne journée à tous !
Maurice

Posté en tant qu’invité par fafa92:

comme tout etre humain tu transpire, donc vapeur d’eau qui passe de l’intérieur de ton duvet vers l’exterieur et qui condense en rencontrant l’air extérieur plus froid, résultat duvet mouillé à l’exterieur et par effet de méche quelque temps plus tard à l’intérieur, quand à la solution pour ce probléme je n’en ai pas, car meme avec un sursac en gore tex le probleme et le meme (amoindri quand meme)
cordialement
fabrice

Posté en tant qu’invité par J2LH:

C’est assez simple : l’air chaud peut contenir plus d’eau que l’air froid.

100% d’humidité ça veut dire que l’air est saturé en humidité et au delà il y a condensation (formation de goutelettes), 100% d’humidité pour un air à 20°C c’est plus de molécules d’eau dans l’air que 100% d’humidité pour un air à 5°C. Quand un air humide mais pas saturé en eau (par ex 80%) refroidit son humidité peut atteindre 100% et il peut y avoir condensation.

L’air qui se trouve entre le duvet et le sursac reste un peu plus chaud que l’air extérieur et peut donc contenir plus d’eau ce qui peut réduire la condensation. Ca reste théorique il m’est arrivé d’avoir du givre (c’est à dire de la condensation gelée) sur le duvet à l’intérieur du sursac.

Posté en tant qu’invité par GLaG:

Cette nuit-là, l’herbe s’il y en avait n’était-elle pas mouillée aussi ? Montagne ou pas, la rosée est fréquente le matin par beau temps…

Posté en tant qu’invité par galibier:

Est-ce que certains on déjà essayer de mettre un genre sac à viande polaire refendu par de dessus le duvet ?

Est-ce que cela serait efficace pour pomper l’humidité ?

Posté en tant qu’invité par olivier:

Désagréable, le duvet mouillé…
En tout cas, les duvets garnis de fibres synthétiques résistent mieux à l’humidité que la plume qui, mouillée, perd de son gonflant. La plume est à proscrire dans les ambiances humides et pour les nuits froides successives (raid polaire par exemple)
Sinon, pas de secret: s’isoler du sol, ne pas dormir en respirant à l’intérieur du sac (le nez dehors, quoi) … et sortir pour boire épicé.

Bons bivouacs

Olivier

Posté en tant qu’invité par Maurice:

Merci pour vos réponses…j’en conclus qu’il n’y a pas de solution miracle.

A+

Posté en tant qu’invité par J2LH:

Maurice a écrit:

Merci pour vos réponses…j’en conclus qu’il n’y a pas de
solution miracle.

Je dors souvent à la belle étoile avec un sac en duvet et un sursac et je n’ai pas de gros problèmes de condensation, ça reste superficiel. Comme je l’ai expliqué, mais peut-être pas clairement; l’humidité ne vient pas uniquement de l’intérieur du sac mais également et surtout du refroidissement de l’air extérieur et le sursac semble une bonne solution.

Posté en tant qu’invité par Nicolas:

galibier a écrit:

Est-ce que certains on déjà essayer de mettre un genre sac à
viande polaire refendu par de dessus le duvet ?

C’est le plus efficace contre la rosée qui est très courante les nuits claires : quand je campe à la belle pas loin de la voiture, je mets une vieille couverture en synthétique qui se charge de recueillir la rosée, le duvet en-dessous est tout sec. Ca marche aussi pour la bruine.

Par contre, ce n’est pas léger, 1 ou 2kg… Avec de la micro-polaire traitée déperlant, ça doit pouvoir le faire aussi, mais tu as vite fait de rajouter 500g au moins.

Bons bivouacs
Nicolas

Posté en tant qu’invité par Cyril de l’Oisans:

C’est tout simple : c’est de la rosée qui se dépose sur ton duvet comme elle le fait sur les herbe et les toiles d’araignée (et c’est pas la toile qui va produire de la vapeur qui va condenser).

Jean-Luc a en partie expliqué l’histoire avec la quantité de vapeur d’eau que l’air peut contenir selon sa température.

Je vais donner un exemple avec des chiffres farfelus mais le principe est là.
A l’endroit du bivouac, à 18 heures, il fait 10°C et à ce moment là, y’a 1000 molécules d’eau sous forme de vapeur dans un m3. Or, à 10°C, le taux d’humidité de 100% est atteint pour 1200 molécules par m3.
Plus tard, à 21 h : 5°C. Or, le nombre maximal de molécules d’eau sous forme de vapeur est de 800 par m3 à 5°C.
Donc, sans changer le nombre de molécules d’eau dans un même volume, en faisant s’abaisser la température de la masse d’air de 10 à 5 °C, tu vas te retrouver avec 200 molécules d’eau « en trop » dans l’air. Et ces 200 molécules vont soit faire des nuages, soit se poser instantanément sur ton duvet ou la toile d’araignée qui se sont refroidit moins vite que l’air et sont alors un poil plus chaud que ce dernier, favorisant ainsi la condensation…

Dans une tente, la masse d’air à l’intérieur de la tente se refroidit beaucoup moins rapidement que l’air extérieur (que de la conduction et pas de convexion) limitant ainsi grandement ce phénomène de condensation.

Suis-je clair ou bien ?

Pour l’effet de Foehn, c’est le même principe qui s’applique…

Posté en tant qu’invité par 996carrera2:

pas mal, mais la condensation s’ effectue sur les surfaces froides ( ou les moins chaudes) par exemple sur la glace dans la salle de bain, parce que le verre est un corps froid, comme le métal ; dans une salle de bain, il n’ y a jamais de condensation sur la serviette posée sur le radiateur (c’est bien ça permet de s’ essuyer sans se remouiller !!!)
donc, il y a une question à se poser sur la nature du tissu du duvet, qui semble favoriser la condensation … il doit être à base de fibres froides ?

Posté en tant qu’invité par Cyril de l’Oisans:

En fait, c’est principalement la différence de température qui fait la condensation.

Expérience menée y’a 15 jours avec un bivouac au col sud des lacs dans les grandes rousses (2450m). A peine le soleil parti, il a pas fallu 30 minutes pour que tout ce qu’on avait laissé dehors soit trempé : de la gamelle au sac à dos, au thermarest, aux gobelets, aux sacs plastiques sauf nous et les vêtements que nous portions, la chaleur dégagée (produite en continu) par notre corps évaporant instantanément la moindre goutte qui se liquéfiait sur nous.

Posté en tant qu’invité par rahan:

bonjour,

bon ben apparemment, vu les réponses, ça a pas l’air d’être élémentaire.

mais si au lieu de condensation sur une surface froide, l’eau "en trop"dans l’air, c’est à dire qui se condense par refroidissement de l’air(comme expliqué précédemment), tombait simplement comme de la pluie (en plus fin, enfin c’est une image)?

en fait, l’été, quand on reste dehors le soir, chez nous (un coin reculé de campagne) on dit que la « fraicheur tombe ». on a en fait les épaules mouillées.

ainsi, je pense que le fait de se couvrir d’une toile par dessus le duvet peut amoindrir ce problème.

mais c juste une hypothèse (la fraicheur tombe) et ptêt je me plante.

mais je pense qu’il faucrait creuser du côté du phénomène de rosée nocturne.

faites comme les escargots, emmenez votre maison.

tchô.

Posté en tant qu’invité par J2LH:

996carrera2 a écrit:

pas mal, mais la condensation s’ effectue sur les surfaces
froides ( ou les moins chaudes) par exemple sur la glace dans
la salle de bain, parce que le verre est un corps froid, comme
le métal ;

En réalité le miroir de la salle de bain n’est pas plus froid que le mur (plus froid que la serviette posée sur le radiateur quand même). Mais on s’éloigne un peu du sujet là.

Posté en tant qu’invité par Burnatorocles:

Une expérience vécue : j’étais avec mon cousin et un pote à lui au col de l’Allimas, histoire de faire quelques observations céleste. 3 couvertures de survie. 2 ont servi de tapis pour sac de couchage, l’autre a servi au télescope (d’après mon cousin ça évitait la condensation sur le miroir)… Résultat, quand la Lune, chiante pour qui veut scruter le ciel profond, s’est enfin couchée, vers les trois heures du matin, mon cousin et moi-même qui avions utilisé les couverture de survie étions bien au sec, quand le troisième larron, qui disposait d’une couverture en tissus, s’est retrouvé trempé. Le télescope, nickel, pas de condensation…
Je ne me perdrai pas en hypothèse, mais je recommande vivement la couverture de survie sous le sac de couchage… Il est à noter, en guise de confirmation, que j’avais mis mes pompes sur ma converture, et que l’une a glissé : résultat celle qui était sur la couverture était sèche, l’autre trempée… Serait-ce que la condensation passe nécessairement par le sol (plus froid qu’un sac évidemment) avant de contaminer, par capillarité ou autre…, tout ce qui est prompt à s’imbiber?
Il faudrait aussi que quelqu’un essaye avec deux télescopes, l’un « protégé » et l’autre non, pour vérifier les dires du cousin…

Posté en tant qu’invité par Burnatorocles:

peut-être aurais-tu dû acheter les duvets proguard du loup? …

Posté en tant qu’invité par galibier:

En ce qui me concerne, avec un duvet sur un matelas mousse, à la belle étoile, sous le duvet c’étais sec, mais sur le dessus et les côtés c’était trempé y compris les plumes à la périphérie du sac.

altitude 2000m , tempé le matin 6-8°, le sol était en herbe.

Il y a peut-être au moins 2 facteurs :

  • La transpiration s’évacuant à l’extérieur du sac, et se condensant à la périphérie froide, sous le duvet il fait chaud, donc pas de condensation.

  • humidité remontant du sol et stopper par une couverture de survie, ou un matelas, sous un tapis de sol de tente sur l’herbe, le dessous est systématiquement trempé.

pourquoi pas…

Posté en tant qu’invité par Marie B:

J2LH a écrit:

En réalité le miroir de la salle de bain n’est pas plus froid
que le mur (plus froid que la serviette posée sur le radiateur
quand même). Mais on s’éloigne un peu du sujet là.

Oui, on s’éloigne du sujet mais toutefois, si quelqu’un pouvait nous expliquer rapidement au passage pourquoi il y a de la condensation sur la glace de la salle de bain et pas obligatoirement sur les murs carrelés et froids, ca m’intéresse.

Marie

Posté en tant qu’invité par J2LH:

Marie B a écrit:

Oui, on s’éloigne du sujet mais toutefois, si quelqu’un pouvait
nous expliquer rapidement au passage pourquoi il y a de la
condensation sur la glace de la salle de bain et pas
obligatoirement sur les murs carrelés et froids, ca
m’intéresse.

Il y a plus ou moins autant de condensation sur le carrelage que sur la glace mais sur la glace c’est bien plus visible.
Sinon pour expliquer les différences ça vient à mon avis de différences de conductivité de la chaleur des différents matériaux. Les échanges caloriques s’effectuant plus vite sur le verre que sur le plastique par exemple la condensation se fait plus vite sur du verre que sur du plastique.

Posté en tant qu’invité par pepette:

Et la nature vit. l’herbe respire. C’est ptêt pour ça aussi qu’il ya de la condensation sous des tapis posés sur l’herbe.