Performers vs alpinistes

Posté en tant qu’invité par Bertrand:

Cette fois, yen a marre.

Je m’adresse à vous, tous les grimpeurs qui font un peu de couenne et un peu de
cascade et qui se prennent pour des montagnards.

Ce we à l’éperon Migot, j’ai pu assister (subir) à un spectacle que je ne pensais pas
possible il y a encore 5 ans. Nous étions une vingtaine à l’attaque dont une bonne
moitié n’avait pas le niveau technique requis. Mais plus grave encore, pour arriver les
premiers, certaines cordées (la majorité même) étaient encordées à 2 mètres sur
tout l’éperon pour pouvoir doubler (voire bousculer) les autres en ne faisant évidemment
pas attention aux blocs de glace qu’ils balançaient. Avec un second au taquet, pas de
points de protection posés, que se passe-t-il en cas de devissage ? : on emmene sa
cordée et celles d’en dessous.
Donc, messieurs les performers qui grimpent la montagne comme une falaise
aseptisée, qui ne soucient pas du danger pour eux (ça, à la rigueur, je m’en fous) et
pour les autres, sachez que la montagne ça s’apprend :

  • on s’assure un minimum même en terrain pas trop dur surtout quand le second est
    taquet (par exemple le passage du sérac au migot)
  • on ne pietine pas les autres cordées pour leur passer devant ou, si on est plus rapide,
    (mais c’est vrai que quand on ne pose même pas une sangle, on peut être plus rapide,
    quoi que …) on s’arrange un minimum pour ne pas se gêner.
  • on fait des courses de son niveau et avant de se lancer au Migot, on n’apprend ce
    qu’est l’engagement, le terrain d’aventure et on ne se contente pas d’y aller parce que
    c’est marqué sur Internet que c’était en conditions.

L’autonomie en couenne, ça va vite. En montagne, cela demande du temps et de
l’expérience. Après ce que j’ai vu au début de ce mois dans le coup de sabre et ce we
au Migot, j’ai l’impression que l’alpinisme prend une direction qui n’est pas forcément
la bonne.

Posté en tant qu’invité par chipsocrevettes:

Tu t’adresses à « tous les grimpeurs qui font un peu de couenne et un peu de cascade et qui se prennent pour des montagnards » et tu leur reproches de ne pas savoir ce qu’est l’engagement…
Déjà j’ai l’impression que les deux populations sont différentes, et surtout un gars qui fait de la cascade n’a pas à recevoir ce type de leçons.

Posté en tant qu’invité par Bertrand:

ouais, j’en étais sur.
je n’ai sans doute pas utilisé le vocabulaire approprié. Je ne daubais pas sur tous les gens qui font de la couenne et de la cascade uniquement. Je daubais sur ceux, parmi ces gens là qui confondent falaise aseptisée et montagne. D’ailleurs ta remarque sur la
cascade est intéressante. Beaucoup s’engagent en cascade en prenant ça pour de la
couenne sur glace alors qu’il s’agit véritablement d’une course (l’orientation des pentes
au dessus de la cascade, la nivologie, la météo et la présence de cordées sont des
paramètres à prendre en compte un peu plus sérieusement qu’au 4h à Orpierre).

Attention, je ne dénigre pas les gens qui font de la couenne (d’ailleurs j’en fais pas mal).
Il n’est pas incompatible de faire de la couenne et de la montagne. Je ne suis pas du
genre à me prendre la tête que des problèmes d’éthiques au ras des paquerettes.

En revanche, je m’inquiète de l’évolution de la pratique de l’alpinisme et de l’effet de
mode qui l’accompagne. Honnêtement, j’ai eu peur samedi de me prendre une cordée
sur la tronche et cette peur revient dès que je pars dans une voie un peu connue donc
surfréquentée y compris par des gens qui ne respectent pas les pratiques élémentaires
de sécurité. Franchement, j’aimerais croiser en montagne des gens ayant un autre
état d’esprit que les blaireaux au feu rouge en ville veulent démarrer les premiers
quitte à faucher un landeau.

Posté en tant qu’invité par chipsocrevettes:

j’ai eu peur samedi de me prendre une cordée sur la tronche et cette peur revient dès
que je pars dans une voie un peu connue donc surfréquentée y compris par des gens
qui ne respectent pas les pratiques élémentaires de sécurité.

mmm…bizarre que des gars qui fassent que la couenne ne se chient pas dessus sur des courses où y a pas le spit tous les 2m.
A mon avis, tu ne tapes pas sur les bonnes catégories de population.

Mais, par ailleurs, je suis d’accord avec toi sur le fond.

Posté en tant qu’invité par yann:

La relation debutant/expert m’interresse au plus haut point mais genre de sujet c’est un peu le serpent qui se mort la queue, c’est un peu comme le bon chasseur et le mauvais chasseur… Faire de la couenne, de la montagne, de la cascade ne veut rien dire en soit, c’est la qualité de l’homme qui lui dicte son comportement: soit de penser à sa gueule, soit de penser ausi à la communauté et ce en mer, en montagne, sur la route, dans son bled…

En effet, le phénomène de mode, dont je suis peut etre le pur produit puisque je ne fais de la montagne que depuis 4 ou 5 ans y est pour quelque chose. Peut etre brulons nous des etapes, peut etre faisons nous les choses de la mauvaise manière… Mais comment s’en sortir??? En prenant un guide ou en faissant des stages a des prix prohibitifs où en prenant petit à petit de plus en plus de risques seuls ou entre amis.
La question profonde est comment se former quand on voit des alpinistes confirmés se réunir en camptocamp contest souligné « pas un stage de formation » , débutants s’abstenir ce que comprend aisement, ou voyant certains regards railleur quand je me balade encordé sur un glacier sans danger à priori??? Les gars vous qui etes expert, sachez dire sur le moment aux gars « là tu deconnes » , si c’est un gros con il vous enverra chier, sinon, et là il mérite votre clémence, il va vous écouter et modifier sa conduite.

Je suis peut etre très optimiste et idéaliste mais messieurs les experts (je ne trouve pas de mots plus aproprié), que je respecte infiniment, sachez aussi adopter un discours préventif qui prendra le pas du discours représsif…

Merci

Yann

PS: continuons à en discuter, ma reflexion est un peu confuse, j’espère neénmoins m’etre fait comprendre, vos critiques feront évoluer celle ci et me permettrons d’etre plus clair

Posté en tant qu’invité par Alexandre:

salut Yann,

Comme tu dis, ça n’est pas facile de savoir quelles sont les « bonnes » pratiques et les mauvaises pratiques, on pourrait toujours dire que celui qui survit a raison…

Pour ma part, j’ai la même impression que Bertrand, c’est-à-dire qu’on réduit la montagne a des cotations techniques, alors que d’autres facteurs expérientiels interviennent : gestion de l’horaire, des conditions de la voie (neige, glace, etc.), des conditions météo, la letcture de l’itinéraire, la présence d’échappatoires, la pose de protections, les échappatoires, etc. C’est quand on a conscience de son engagement et de ses limites qu’on devient (peut-être ?) un peu montagnard…

Dans ce sens, et pour te répondre directement, quand j’ai mentionné que l’alpi contest de juillet 2004 n’était pas un stage de formation, je signifiais que les gens réunis devaient être autonomes concernant l’escalade en terrain d’aventure, peu ou pas équipée : savoir faire des rappels, poser des coinceurs, lire un topo, etc.
Cela exclut de facto beaucoup de monde, et cela indique que parmi les participants les relations ne seront pas des relations guide à client (qui peuvent être excellentes ou bien exécrables) et que donc on n’aurait pas à perdre des heures parce qu’un tel ne sait pas mettre un friend, un tel ne sait pas faire un auto-bloquant…
Tu vois ce que je veux dire ?
Cela n’empêche pas qu’une telle rencontre (qui n’est pas une compétition je le répète !) sera l’occasion de confronter nos expériences et d’améliorer nos pratiques (pose des coinceurs, technique d’escalade en verrouillage, etc.)

En tout cas merci d’avoir posé la question, Yann, j’espère que j’ai bien répondu ;o)

Pour l’encordement sur glacier, c’est un sujet tellement fréquent…des milliers de gens font le dôme des Ecrins chaque année encordés à 2m, alors que des crevasses de plus de 30m se trouvent sous leurs pieds…

A+
Alexandre

Mais comment s’en sortir??? En prenant un guide ou en faissant
des stages a des prix prohibitifs où en prenant petit à petit
de plus en plus de risques seuls ou entre amis.
La question profonde est comment se former quand on voit des
alpinistes confirmés se réunir en camptocamp contest souligné
« pas un stage de formation » , débutants s’abstenir ce que
comprend aisement, ou voyant certains regards railleur quand je
me balade encordé sur un glacier sans danger à priori??? Les
gars vous qui etes expert, sachez dire sur le moment aux gars
« là tu deconnes » , si c’est un gros con il vous enverra chier,
sinon, et là il mérite votre clémence, il va vous écouter et
modifier sa conduite.

Je suis peut etre très optimiste et idéaliste mais messieurs
les experts (je ne trouve pas de mots plus aproprié), que je
respecte infiniment, sachez aussi adopter un discours préventif
qui prendra le pas du discours représsif…

Merci

Yann

PS: continuons à en discuter, ma reflexion est un peu confuse,
j’espère neénmoins m’etre fait comprendre, vos critiques feront
évoluer celle ci et me permettrons d’etre plus clair

Posté en tant qu’invité par yann:

Salut et merci Alexandre,

D’abord salut parceque tu reponds de manière sincère et sympathique, et merci parceque tu gardes un esprit constructif. Comme je l’ai dit précedemment je comprend effectivement très bien que dans les contest vous ne vous « embarrassiez pas de debutants » c’est normal et compréhensif… cet exemple n’etait pas du tout destiné à toi, ou du moins n’était pas une attaque.

Au fait alors il se fait ce contest??? si oui, bonnes courses.

Yann

Posté en tant qu’invité par Alexandre:

oui ça devrait se faire (10personnes pour l’instant), on va grimper des voies au peigne et à Blaitière si les conditions sont bonnes

je pense que le 1er jour je ferai l’arête des Papillons, classique et très « montagne », probablement avec les gens que je ne connais pas (comme ça on pourra un peu échanger nos expériences)
et le 2eme jour une voie plutôt « type Piola », du genre « Nabot Léon », ou « le ticket » ou « Williamine Dada », etc. plus difficiles techniquement mais moins engagées
par contre les gens qui se connaissent déjà pourraient dès le premier jour faire des voies plus techniques, mais bon je pense que tout le monde a envie de grimper avec un peu de marge le 1er jour car les cotations des fissures chamoniardes sont plutôt sèches ;o))

cet été je pense qu’on pourrait également faire un « escalade-équipée-contest » sur des longues voies montagne en spits, je pense que c’est une bonne approche des grandes voies et dans les Ecrins elles fleurissent (sialouze, pic N des Cavales, Meije, Soreiller…)

A+
Alexandre

yann a écrit:

Salut et merci Alexandre,

D’abord salut parceque tu reponds de manière sincère et
sympathique, et merci parceque tu gardes un esprit constructif.
Comme je l’ai dit précedemment je comprend effectivement très
bien que dans les contest vous ne vous « embarrassiez pas de
debutants » c’est normal et compréhensif… cet exemple n’etait
pas du tout destiné à toi, ou du moins n’était pas une attaque.

Au fait alors il se fait ce contest??? si oui, bonnes courses.

Yann

Posté en tant qu’invité par le.yeti:

Ce vendredi, sur le même éperon Migot, nous n’étions que deux cordées . Je débute en alpinisme (mais pas en escalade) et j’ ai adoré l’expérience. Pas sûr que mon enthousiasme eut été aussi grand si j’avais assisté à la foire que décrit Bertrand.
Je me permets juste de me faire un peu l’avocat des débutants : pourquoi toujours confondre inexpérience et grossiereté irresponsable ?

Pour ma part, je pense que si j’avais vu une dizaine de cordée au pied du Chardonnet, je me serais abstenu d’y aller : la foule, en montagne ou ailleurs, c’est con.

Posté en tant qu’invité par mahi:

Mais comment s’en sortir??? En prenant un guide ou en faissant des stages a des prix prohibitifs où en prenant petit à petit de plus en plus de risques seuls ou entre amis.>>>>>>>>>>>>>

la je t’arrete, j’ai demarré la montagne en 83 et je faisais parti du GUM à cette époque. on faisait 40 à 60 sorties par an en ski de rando et alpinisme essentiellement du rocher et peu de couloir.

les club c’est fait pour ça.

Posté en tant qu’invité par yann:

là c’est moi qui t’arrete tu habitais à Grenoble… La montagne reservée aux habitants des departements « montagneux »… et oui pour moi la montagne n’est qu’un lieu de vacances…

Désolé

Yann

Posté en tant qu’invité par mahi:

je vois pas le rapport. j’ai simplement dis que tu n’as pas besoin de guide ou de faire des stages pour progresser en montagne.

Posté en tant qu’invité par yann:

Moi je te dis que trouver des clubs dynamiques qui proposent des sorties régulières à plus de 500km du premier massif c’est difficile (hormis à Paris je suppose)…Et crois moi sur parole, je préférerais me tromper…

yann

Posté en tant qu’invité par mahi:

OK , bien que n’ayant jamais fréquenté le CAF? je pensais qu’il était présent et bien actif sur une bonne partie du territoire.

Posté en tant qu’invité par yann:

plus ou moins, on fait ce qu’on peut… Bravo le GUM à l’air un truc tres bien…y’a qu’à voir le site

Posté en tant qu’invité par Francois:

Il y a des CAF un peu partout qui organisent des sorties en montagne. Au sujet du Migot, il faut savoir qu’il y a des classiques à éviter pendant les ouiquandes.

Posté en tant qu’invité par Nitro:

Moi j’ai découvert l’alpinisme avec le caf (Haute Savoie), mais l’année dernière je me suis payé un stage de perfectionnement avec un guide.
Et bien les 600 euros valaient le coup d’etre dépenser, car la sécurité en montagne ca n’a pas de prix.Je pense avoir beaucoup plus appris en 5 jours de stages, que lors de mes sorties avec le caf.(un dizaine de courses)
Rien ne vaut l’experience d’un professionnel, le caf je trouve c’est ideal pour s’initier mais si on vise l’autonomie le stage est indispensable.
Enfin ceci n’engage que moi.

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par yann:

Salut,

A 600 euros la semaine de stage je suis preneur…avez vous des adresses fiables.
MErci

Yann

Posté en tant qu’invité par le.yeti:

Bernard Muller (www.stages- expeditions.com). Ils proposent des stages de « perfectionnement » pour acceder à l’autonomie. C’est bien fait, responsable, et interessant. Et ça coute 650 €. On est un groupe de 3 ou 4 avec un guide.
J’en reviens, j’en suis ravi.

Posté en tant qu’invité par c.l:

600 oeufs pour 5 jours avec guide, ou c’est ce plan ?