Posté en tant qu’invité par Papy:
…ou « De l’utilité de l’équipeur ».
Pour la première fois de ma vie (il était temps, je sais;-) je suis allé donner un coup de main, et plusieurs de marteau, à un ami qui équipe.
Au programme nettoyage/purge/relookage d’une ancienne voie sportive, un peu (injustement) tombée dans l’oubli et vaincue par la végétation, la terre et autres conséquences d’une fréquentation très réduite. Après un certain nombre d’heures pendus à une stat, à bouffer de la poussière par le nez, la bouche, les yeux… 120 m de 6a/6a+ étaient redevenus propres, sans risques de mauvaises chutes (rajout d’un ou deux points bien utiles), débarrassés de vieux pitons rouillés et inutiles… bref grimpables sans un sécateur dans une main, une brosse dans l’autre et un marteau entre les dents.
Petite précision: c’était la troisième (et dernière) session de nettoyage de cette voie en deux semaines.
Et nous avons pu nous « récompenser » de la journée en remontant en grimpant dans ladite voie. Très belle! Une petite averse pour enlever le reste de poussière et ce sera parfait.
Deux jours après j’ai encore mal aux épaules, aux mains, au dos… presque partout en fait.
Pourquoi je vous raconte tout ça au fait? Ha oui!.. On lit régulièrement, notamment sur ce forum, des critiques sur tel ou tel équipement et/ou équipeur… On entend souvent au pied des falaises des réflexions sur un point trop haut, ou trop bas… une voie qui serait une « bouse » (définition d’une bouse au fait ?)… le tout bien souvent de la part de grimpeurs qui, comme moi, n’ont jamais planté un goujon de leur vie. On se demande d’ailleurs si certains ne croient pas que les falaises sont « nées » avec les points en place ;-)) !
Et bien il serait pédagogique que tout grimpeur aille passer une journée à nettoyer une ligne et à regarder travailler un équipeur : choix de l’itinéraire, nettoyage, placement judicieux des points (mousquetonnage « confortable », pas de risque de mauvaise chute…), perçage, etc… C’est un boulot de malade !
Et même s’ils aiment ça, il faut une bonne dose d’altruisme pour se coltiner des journées entières pendus dans un baudrier et le soir remonter au jumar ou à pied avec des kilos de matos sur le dos.
On peut aimer moyennement (voire pas du tout) une voie, mais ne jamais oublier le boulot qui a été nécessaire pour qu’elle existe.
Voila. C’est juste un témoignage suite à une (belle) journée qui m’a définitivement conforté dans l’idée que nous devons toutes nos émotions de grimpeurs à Christophe, Jeannot (eux je les connais;-)), Hervé, Lionel, Bruno, Xavier etc… et qu’ils méritent à minima la « reconnaissance du ventre » et le respect pour le travail accompli.
Si avec ça j’ai pas droit à un beau collier en plaquettes inox;-))!!!
[%sig%]