Mieux connaître l’accidentologie des sports de montagne

Depuis 2012, la Fondation Petzl soutient un collectif de recherche pluridisciplinaire afin d’améliorer les connaissances sur l’accidentologie des sports de montagne.

[quote=La Fondation Petzl|http://www.fondation-petzl.fr/mieux-connaitre-l%E2%80%99accidentologie-des-sports-de-montagne]Nous avons la conviction que les discours de prévention et les contenus des formations techniques de montagne pourraient gagner en efficacité et être mieux ciblés en s’appuyant davantage sur une meilleure connaissance de la fréquence des accidents, des facteurs de risque et des scénarios typiques qui conduisent à une situation accidentogène.

Il existe en France comme à l’étranger de nombreux organismes qui collectent des données sur les accidents. Mais ces données sont dispersées, parfois incomplètes, peu homogènes dans la manière dont elles sont récoltées et de ce fait, difficile à comparer entres elles. C’est pourquoi, il a paru nécessaire dans un premier temps de répertorier, en France comme à l’étranger, les sources qui produisent des données sur les accidents de montagne et de mesurer comment nous pouvions en tirer parti pour améliorer nos connaissances sur l’accidentologie de montagne.

Cette première phase de recherche a donné lieu à un rapport intitulé « Accidentologie des sports de montagne, état des lieux et diagnostic » que vous pouvez télécharger ici.

Résumé de l’étude « Accidentologie des sports de montagne,
état des lieux et diagnostic » :

La prévention des risques liés à la pratique des sports de montagne doit reposer sur une connaissance approfondie des mécanismes accidentels. L’état des lieux présenté dans ce document résulte du recensement et du croisement des données existantes, en France comme à l’étranger, sur les accidents sportifs en montagne. Il ambitionne de mieux connaître l’ampleur du phénomène, les profils des victimes, mais aussi des facteurs explicatifs et contextes propices à l’occurrence d’accidents.

Ce rapport correspond à la première phase d’un projet plus large. En effet, la synthèse réalisée laisse entrevoir des pistes d’amélioration de l’accidentologie. Ce sera l’objet d’une deuxième phase, qui consistera à mettre en œuvre une méthodologie d’analyse régulière des données sur les accidents, destinée à mieux cibler les causes récurrentes d’accidents et à permettre la reconstruction de scénarios type.

C’est grâce à cette connaissance affinée du déroulement des accidents sportifs en montagne que l’on pourra progresser en termes de mesures, de discours et de pratiques préventifs.[/quote]

http://www.fondation-petzl.fr/mieux-connaitre-l’accidentologie-des-sports-de-montagne

Le rapport de l’étude

Vu sur le site du D.L

===> http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2015/01/12/etat-des-lieux-et-diagnostic-de-l-accidentologie

Juste pour faire partager ceci, une étude sur l’accidentologie des sports de montagne.
Bonne lecture pour les intéressés.

[Discussions fusionnées]

Merci pour ce document qui sera certainement très intéressant.
(j’ai téléchargé, reste à lire!)

Merci pour le partage !

Merci pour le lien, très instructif.

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2 fois :
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https://forum.camptocamp.org/t/citations-de-c2c-dans-les-medias/105304/105

je suis pas assez rapide…
Mais au moins j’ai posté dans le bon topic.

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Mai 2026, montagne, ski, alpinisme, accident… La communauté montagnarde meurt de ses silences… Quelques mots de Blaise Agresti… Blaise Agresti est guide de haute montagne et ancien commandant de Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne, le PGHM…
Définition du RETEX : Le retour d’expérience (RETEX) est une démarche permettant d’analyser un événement, d’en tirer des enseignements et d’améliorer les pratiques futures. Il repose sur une approche collective et vise à identifier aussi bien les points d’amélioration que les bonnes pratiques à conserver.

Il est pour le moins rapide d’écrire que la communauté meurt de ses silences. Par contre, ça ne fait pas toujours la une des réseaux sociaux et de TV Mountain. Un peu de lecture :

Accidentologie des sports de montagne : combiner les approches quantitatives et qualitatives pour définir des axes de prévention, Maud Vanpoulle, thèse de doctorat,18/05/2022

Ce travail de thèse traite des risques corporels en alpinisme et en ski de randonnée à partir de trois axes principaux : 1) l’évaluation quantitative et la caractérisation du phénomène accidentel à travers l’analyse des données rassemblées par les services de secours en montagne (Système National de la Sécurité en Montagne et Base du Secours en Montagne de la gendarmerie nationale) ; 2) l’analyse qualitative de 281 retours d’expérience (REX) librement partagés sur le site communautaire camptocamp.org. ; 3) la question du rapport au risque des pratiquants grâce à questionnaire auto administré diffusé sur internet (n = 2 100 individus). Du point de vue de l’évaluation quantitative, l’axe 1 a révélé que l’alpinisme (en neige, glace et mixte) (NGM) et le ski de randonnée sont les activités les plus présentes en termes de volume d’accidents. La cascade de glace, suivie par l’alpinisme NGM entraînent les proportions les plus élevées d’accidents mortels. Les hommes de 30 à 39 ans sont les plus fréquemment secourus ; le risque d’être blessé ou décédé croît avec l’âge. Le croisement avec l’axe 3 révèle que les 20-29 ans sont davantage secourus, notamment en tant qu’indemnes ; les hommes sont plus fréquemment victimes de décès mais aussi plus souvent secourus indemnes ; les plus de 60 ans sont proportionnellement moins secourus et encore moins avec le statut d’indemne. Ces travaux rappellent les difficultés pour évaluer rigoureusement le phénomène accidentel, ainsi que la nécessité de coupler des sources de données primaires et secondaires afin de relativiser les chiffres bruts par la prise en compte du volume et/ou de la durée d’exposition au danger ainsi que des caractéristiques sociales des pratiquant(e)s. En termes de circonstances d’accident et de facteurs de risque, la chute du pratiquant constitue l’événement le plus fréquent et le plus porteur de conséquences corporelles en alpinisme et en ski de randonnée. Bien que l’avalanche s’avère particulièrement mortelle en ski de randonnée, la chute est en effet à l’origine de volumes considérables d’accidents et de décès pour les deux activités. Le croisement des axes 1 et 2 suggère des circonstances récurrentes dans les processus accidentels : chutes en particulier sur terrain NGM, parcours habituel, classique et/ou d’apparence facile, présence de divers perturbateurs de la vigilance, biais décisionnels, altérations de la communication et de la gestion du temps. La majorité des répondants perçoivent le danger associé à la situation dans laquelle ils s’engagent tout de même, et débouchant sur les mésaventures relatées. L’axe 3 révèle que la probabilité d’avoir vécu un accident au cours d’une carrière d’alpiniste augmente avec les facteurs suivants : pratique à niveau élevé, prolongation de l’exposition, pratique en expédition et forte acceptation et valorisation du risque. Du point de vue du rapport au risque des alpinistes, l’axe 3 fait émerger une organisation en trois catégories : l’acceptation et la valorisation du risque ; le doute sur ses capacités (à l’origine d’un sentiment de vulnérabilité) ; la gestion des risques et la sensation de contrôle. Le positionnement des individus sur ces trois dimensions varie en fonction de déterminants à la fois culturels, sportifs (niveau, fréquence et type d’activités pratiquées) et individuels (âge et sexe). Ces différences se structurent autour d’une base commune renvoyant aux risques principaux et à ce qu’il s’agit de faire, en matière de sécurité, pour tenter de s’en prémunir. Le croisement de différentes sources de données et types d’analyse (quantitatives/qualitatives, primaires/secondaires, analyse accidentologique/analyse du rapport au risque) apporte un regard inédit sur les risques inhérents à ces pratiques et tente, autant que possible, d’atténuer certains biais courants en accidentologie.

On se rappellera également du travail et du financement de la fondation Petzl dès 2012, comme l’indiquait Martin dans le post de départ. Mieux connaître l’accidentologie des sports de montagne

On peut bien évidement penser que ce n’est pas suffisant. Mais certains ne se sont pas réveillés en septembre de l’année passée. Quant à comparer avec l’aéronautique, ça ne semble pas très judicieux. La sécurité est assurément un sujet bien plus central dans l’industrie mais les conséquences d’un pépin y sont autrement plus impactantes (AZF, Tchernobyl, Bhopal …) y compris pour des populations n’ayant pas choisies de s’exposer délibérément à ces risques, ce qui est une différence essentielle par rapport aux sports de montagne.