Posté en tant qu’invité par seb:
21h30, la nuit est tombée, le vent aussi, le froid même s’il n’est pas extrême me brûle les poumons derrière mon écharpe. Mais est ce vraiment le froid ou plutôt ce que nous alpinistes appelons parfois ‘‘mal des Rimayes’’, car il est vrai que je m’avance vers ma première face Nord en solitaire.
Je sors doucement de la jungle d’épineux qui barre l’accès à la paroi et m’avance dans l’ombre de la face, à l’abris des regards des tribus mystérieuses qui peuplent les abords de la paroi. Après avoir resserré mon sac à dos et mes chaussures, je m’élance dans la face dont j’ai depuis longtemps repéré l’itinéraire à la jumelle. Je ne compte pas sortir au sommet car je ne peux rester que la nuit dans la paroi, sinon les sauvages du bas me repéreraient et m’attaqueraient aussitôt, je vais m’arrêter dans une niche au milieu de la paroi qui me semble des plus accueillante. L’escalade, bien que soutenue n’est pas des plus extrêmes et j’atteins bientôt mon objectif. Après avoir posé mon sac, je me laisse envahir par le plaisir résultant de mon ascension.
Mais déjà je dois repartir, pour avoir quitté la paroi avant le lever du soleil. Une fissure me permet de desescalader rapidement la face et quelques minutes après avoir retrouvé le plancher des vaches (à supposer que l’on trouve des vaches dans le coin), je suis débarrassé du danger que représentent les sauvages indigènes. Ces êtres effrayants qui s’attaquent aux grimpeurs escaladant les parois locales, on me les avait décrit ainsi : tout de bleu sombre vêtu, avec des bottes de cuir noir et luisant qui leur remonte jusqu’au mollet et un drôle de couvre chef rond et rigide à visière. Je rejoins bientôt mon VTT et moins d’une heure après j’ai rejoins mon camp de base, heureux mais épuisé par la tension nerveuse et physique accumulée pendant cette nuit.
Des ascensions depuis j’en ai réalisé de plus difficiles techniquement mais durant aucune d’entre elle je n’ai couru autant de risques que pendant celle là. Pour ceux qui voudraient tenter une répétition, je n’ai pas de cotation technique à donner mais pour ce qui est de l’engagement c’est assez sévère alors bonne chance. Ah! J’allais oublier de donner le nom de la voie : directissime de la fenêtre de chambre de ma copine, face Nord de l’immeuble de ses parents, vous comprenez maintenant pourquoi ça engage la viande…
Bon bin voilà ma première contribution au récits de C2C, bien sur tous les fait rapportés dans cette histoire sont faux et je remercie les parents de ne pas me balancer de pavés sur la tête la prochaine fois que je vais faire de l’Urban Climbing, je n’en veux pas à leur fille (sauf si elle est agée de 18 à 25 ans, mignonne, célibataire et consentante).
Pour le style qui ne vaut surement pas nos conteurs habituels désolé je n’ai pas autant d’expérience mais je suis privé d’escalade pour raison de santé donc je m’occupe, en plus ça m’embettait d’être un simple consomateur des récits des autres.
Seb
14 février 2006
et j ai l impressio qu elle y envoie !