Posté en tant qu’invité par Alexis:
Démocratiser la montagne, ce n’est en aucun cas permettre au plus grand nombre d’y aller en facilitant les moyens d’accès. Ces moyens sont tous des moyens négateurs de l’effort, y compris de l’effort intellectuel, ou de la responsabilité. Ce n’est quand même pas très reluisant pour une humanité se réclamant toujours meilleure et en progrès … si ?
Ce n’est pas à la montagne de se mettre au niveau de ceux qui la parcourent, c’est soit à ceux qui la parcourent de se mettre au niveau de la montagne, soit à ceux qui la parcourent d’aller sur une montagne de leur niveau. Il y a actuellement des montagnes d’absolument tout niveau, chacun doit pouvoir y trouver son compte. Démocratiser la montagne, c’est apprendre à chacun à prendre du plaisir là ou il peut aller, c’est montrer qu’on peut s’éclater en montagne sans être un surhomme nietzschéo-wagnérien, et sans prendre l’hélico.
Et puis, si une « élite », accédant à la montagne, se dessine toute seule, sans y être invité depuis que l’amateurisme existe, c’est bien le signe que la montagne est bien plus démocratique qu’un autre secteur dont on loue pourtant Ô combien la démocratie : les études (les enfants issus d’un milieu populaire ont moins de chances aujourd’hui d’acceder à l’X qu’il y a 40 ans*).
Alexis
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- lire à ce sujet le livre de Marie-Laure de Léotard, « Dressage des élites : un parcours pour initiés », Plon.