Et va falloir s’y faire, parce que là on est parti pour ne plus en mettre. Et la FFCAM n’est pas seule à prendre ce virage.
C’est néanmoins cohérent avec les problèmes d’eau qu’on connaît.
Après la vie n’est qu’un éternel recommencement et je parie que sur des refuges rénovés très prochainement qui n’auront pas de douches (j’ai en tête un très gros qui fait pas mal parler de lui), dans moins de 15 ans les gardiens mettront des douches à l’extérieur avec un tuyau noir enroulé pour pallier l’absence de douche dans le refuge.
Les bâtiments du CAF sont-ils encore des refuges de montagne ?
Il est fort possible que dans l’après-guerre, la FFCAM, ayant des refuges encore en bon état, n’ait pas cru nécessaire de provisionner et de planifier leur entretien. Une planification sur 40 ans avec échelonnement des travaux, c’est moins douloureux qu’une rénovation massive d’un parc de refuges sur quelques années, comme on s’y trouve confrontés aujourd’hui.
En copropriété, par exemple, on a maintenant des fonds travaux et des diagnostics globaux qui permettent, sur une durée de 10 ans, de déterminer quels seront les travaux nécessaires, à quelle échéance et de provisionner un minimum pour leur financement. Dans certaines villes, on impose des ravalements tous les 15 ans (en principe…). En entreprise, pareil : il y a une logique d’amortissement des investissements.
Pour ces refuges anciens objet de l’étude, on n’est pas dans l’optique de démolir complètement et de construire des bâtiments entièrement nouveaux.
Casser et remplacer les sanitaires pour y mettre des toilettes sèches, anticiper les problèmes d’alimentation et de qualité de l’eau en installant une cuve avec le système de filtrage préconisé par l’ARS, ce n’est pas de la rénovation globale lourde. Certains refuges anciens (non FFCAM) l’ont fait.
Il y a des techniques connues pour cela. Des entreprises suisses équipent par exemple des cabanes de bergers et le CAS va y recourir pour ses refuges : https://blueark.ch/news/de-leau-potable-dans-les-cabanes-de-berger-des-resultats-encourageants/). Ce qui démontre que l’argument qui consiste à opposer que cela représenterait une contrainte impossible compte tenu du milieu montagnard dans lequel se trouvent les refuges ne tient pas.
Revenir au fait que certains considèrent le refuge comme un hôtel consiste à déplacer le débat sur un autre sujet, même légitime. On ne parle pas de douches ou de confort, mais effectivement de salubrité de l’établissement dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau ayant quelques conséquences sur la qualité des captages, du stockage et sur l’impact du rejet des eaux usées.
Cela fait effectivement aussi partie de la protection de l’environnement, au même titre que les émissions de CO2 et accessoirement aussi, de la protection de la santé du public, même s’il n’y a pas de prise de conscience des clients à cet égard.
Entièrement d’accord sur ce point et sur l’effet concernant les possibilités d’accueil, avec notamment l’impact des normes de sécurité incendie. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui a conduit la FFCAM à adopter les plans de rénovation que nous connaissons.
Et même des refuges FFCAM.
En fait ce qui est marrant c’est le discours comme quoi les refuges FFCAM seraient mal tenus, qu’aucune réponse ne serait apportées aux demandes des administrations, qu’elle ne sait faire que des rénovations lourdes etc…
Faut relire l’un des premiers messages que j’ai mis quand même. Mais la FFCAM c’est des bénévoles qui œuvrent au quotidien pour prévoir l’entretien des refuges. Tout le monde peut prendre une adhésion et se confronter aux problèmes notamment de budget d’entretien et de planification de travaux.
Et pour ce qui est des travaux d’entretien, il y en a chaque année, sans que ça ne fasse grand bruit dans la presse. Et des travaux d’assainissement il y en a chaque année aussi. Et des travaux de captage d’eau potable, malgré la difficulté administrative de la chose du fait des protections nécessaires des cours d’eau il y en a chaque année. Mais forcément tout ne peux pas être fait en 5 mois. Et comme il y a près de 120 bâtiments on peut mettre en avant un peu ce qu’on veut.
Pas de bol, je suis adhérente depuis 35 ans.
Oui, la FFCAM, ce sont des bénévoles. Il y a les clubs gestionnaires, mais j’espère qu’il y a le soutien de la fédération derrière, avec des ressources juridiques, techniques et l’assistance d’une maîtrise d’oeuvre.
Les projets de rénovation peuvent à présent bénéficier d’aides de l’État, même si cela reste modeste (25% du projet, plafonné à 4 000 000 €)
https://www.fonds-publics.fr/aides/aide-modernisation-refuges-montagne
A la Commission européenne, il y a des programmes et fonds européens également : Possibilités de financements offertes aux ONG - Commission européenne
Par exemple, le programme « LifeSustainHuts » en Espagne :
Oui. Mais entre 5 mois et les 25 ans écoulés depuis, disons, 2000, il y a eu une marge.
Le choix est de faire de la rénovation globale et je pense comprendre que pour obtenir des aides, c’est plus simple qu’avec des micro-gestes.