Le plaisir du vide

Posté en tant qu’invité par Antoine:

Un post de « Zwav » sur le forum alpinisme concernant un article passionnant.
Ici

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par M@t:

Très bon article, bien documenté et facile à lire. C’est pas dans ‹ grimper › qu’on risque de lire ce genre d’article !

Posté en tant qu’invité par DaF:

Article facile à lire faut le dire vite quand même !!! Y’a quand même certaines phrases qui demandent un minimum de concentration

Ceci dit, le fond est quand même intéressant et mérite qu’on y passe quelques minutes !

Quelques extraits…

« Il est cependant possible d’analyser ce phénomène d’autonomisation des pratiques de l’escalade libre vis-à-vis de l’alpinisme en se centrant non plus sur le groupe mais sur l’individu ; particulièrement en étudiant les fondements des plaisirs ressentis par les pratiquants de ces deux activités au travers d’une approche psychanalytique »

« [le grimpeur] y trouve les plaisirs liés au vertige par lâchage. Au cours de son évolution psychique, l’individu se rend compte qu’il est séparé de l’objet de ses désirs »

« Cette approche psychanalytique des fondements du plaisir ressenti au cours de ces activités nous permet de répondre à une question : de quoi parle-t-on lorsqu’on parle d’escalade et d’alpinisme ? En corrolaire, elle permet de construire un objet de recherche, circonscrit autour de ces pratiques, fondé sur des données subjectives. En effet, à l’intérieur des discours des pratiquants (données subjectives), nous pouvons mettre en évidence des structures psychiques inconscientes (données objectivables) qui correspondent à certains types de relation à l’objet. Dès lors, nous pouvons proposer des définitions de l’alpinisme et de l’escalade qui tout en prenant en compte le discours des usagers (des acteurs) se réfèrent à des substrats psychiques dont ils n’ont pas conscience. »

Posté en tant qu’invité par Valérie:

Très intéressant,
Merci

Posté en tant qu’invité par gilles:

Je trouve que ce texte date un peu (environ 1994).
Il y a aujourd’hui 3 type de pratiques :

  • escalade d’une longueur, style Buoux, Céüse … voire mur artificiel
  • voie de plusieurs longueurs en falaise style Presles, Mont Aiguille, Ailefroide contreforts …
  • alpinisme, voie rocheuse en haute-montagne de plusieurs longueurs, Pic ss Nom - aurore nucléaire, Ecrins pilier Sud …
    La pratique de l’escalade permet d’améliorer son niveau technique (exemple : passer du 6a+, 6b en libre à vue), les friends et coinceurs câblés permettent de se protéger en grandes voies de falaise ou d’altitude et le port des chaussons rapprochent les pratiques et le ressenti des grimpeurs.
    Certes en haute-montagne, la perspective d’une chute importante n’est pas réjouissante et diificilement envisageable (et on se prémunit contre), mais on se lance parfois dans un pas d’escalade limite avec la possibilité de vol à condition qu’il soit bien protégé.
    Il y a à la fois - comme dit l’article - plaisir du lâchage dans le vide et fusion (caractéristique de l’escalade pure) et plaisir par expansion (caract. de l’alpinisme).

Contrairement à ce qui est écri, la rupture n’est plus consommée entre l’alpinisme et l’escalade libre comme elle pouvait l’être en 1990, et l’escalade « libre » a réintégrée pour partie son cadre de référence antérieur, la montagne.
Patrick Bérhault était un excellent grimpeur, comme R. Messner et tant d’autres… et je connais un certain nombre de sextrogradistes qui après 7, 8 ans de couennes sont retournés en grande voie, sinon en haute montagne comme moi-même.

Posté en tant qu’invité par Yohann:

Je comprend ta réflexion concernant la diversité des pratiques qui font qu’il est parfois difficile de les classer simplement dans une des deux catégories, escalade ou alpinisme.
Cependant, je suis d’accord avec l’article pour dire qu’il existe une rupture entre les deux mondes.
Effectivement, s’il existe certains individus qui pratiquent la verticalité dans toutes ses facettes; couennes, grandes voies, blocs, glace, couloirs, arrêtes rocheuses, alpinisme engagé (dont je fais partie), je pense que la majorité des alpinistes et des grimpeurs ont une conception de la grimpe diamétralement différente (pas forcément opposée).

Notamment en ce qui concerne le risque et l’engagement mais aussi la notion d’effort.
Petit exemple: souvent le falaisiste réchigne à faire la marche d’approche qui sera toujours trop longue à son goùt (d’ailleurs en grimpant il cherchera l’économie de l’effort pour être performant dans le geste), en gros il préfère les efforts explosifs à l’endurance pure.
L’alpiniste quand à lui, doit cultiver un véritable goùt de l’effort, voir de la souffrance!
Il faut savoir dépasser ces sensations pour tendre vers le but qu’on s’est fixé.
Il va marcher pendant des heures, répéter les mêmes mouvements en se demandant parfois ce qu’il fait là, lutter contre la fatigue, le froid, le manque de sommeil…

Désolé, mais je n’ai même pas l’impression de caricaturer!

Donc, même si je fais partie de ceux qui sont polyvalents et que l’on peut toujours citer des grimpeurs connus qui le sont aussi, il existe bien une rupture entre les deux activités.

Personellement, je trouve ça un peu dommage car toutes les facettes du monde vertical sont exaltantes et peuvent être complémentaires.
Mais je comprend que les publics touchés par ces différentes facettes sont très différents et se sont de plus en plus diversifiés avec les années…

Posté en tant qu’invité par Pioupa:

Merci Antoine pour cet article, il est interessant.

Posté en tant qu’invité par jozles:

Très interessant quoiqu’un peu trop axé « danger ».
L’aspect « kinestésique » de la grimpe en général (sensations corporelles, d’équilibre etc.) est, à mon avis, minoré. Si le discours des grimpeurs épingle la chute, c’est qu’elle est facile à commenter. Notre vocabulaire est bien moins riche pour parler de ce que nous sentons dans notre corps pendant et après l’escalade, ce qui rend le « compte-rendu » plus maigre sur le sujet. Je pense que pour la plupart des grimpeurs c’est une part prépondérante de l’attrait ressenti.

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par M@t:

Tout a fait d’accord avec toi jozles, mais c’est vraiment difficile de mettre des mots sur les sensations que l’on a en escalade. Je pense aussi que grimper des voies difficiles (pour soi) permet d’atteindre un niveau de concentration que l’on a rarement ailleurs. L’escalade, c’est bref, mais intense.

jozles a écrit:

Très interessant quoiqu’un peu trop axé « danger ».
L’aspect « kinestésique » de la grimpe en général (sensations
corporelles, d’équilibre etc.) est, à mon avis, minoré. Si le
discours des grimpeurs épingle la chute, c’est qu’elle est
facile à commenter. Notre vocabulaire est bien moins riche pour
parler de ce que nous sentons dans notre corps pendant et après
l’escalade, ce qui rend le « compte-rendu » plus maigre sur le
sujet. Je pense que pour la plupart des grimpeurs c’est une
part prépondérante de l’attrait ressenti.

Posté en tant qu’invité par jozles:

D’accord aussi sur l’aspect concentration. Il y a des moments de pure fusion comme avec d’autres disciplines (tai chi, yoga etc.).
Par contre sur l’aspect bref je suis moins absolu. Il m’arrive (rarement (hélas?)) de mettre une heure à enchainer une voie (mes sincères condoléances à mon assureur). Sur une séance le temps cumulé en voies dépasse généralement les 2,5 heures ce qui n’est pas si bref. Je ne suis pas très fanatique de l’enchainement « en courant » (moins de 10 minutes) d’une voie connue par coeur, où le seul objectif est la perf à tout prix. Même dans les voies les plus dures (pour mon niveau) j’ai besoin d’avoir le temps d’apprécier tout ce qui a été dit (sensations, concentration etc.).

Posté en tant qu’invité par Valérie:

Bien sûr. MAis n’oublions pas qu’il s’agit d’une « Approche psychanalytique des relations aux vertiges … »

Posté en tant qu’invité par Pierre:

Je suis plutôt déçu. Beaucoups de mots pour peu d’idées.

Posté en tant qu’invité par jozles:

Comme souvent avec la psychanalyse… :wink:

Posté en tant qu’invité par fred ==> ==> J2LH:

Sur la notion du vide on peut donc dire que J2LH est un alpiniste sur falaises aseptisées… Bref un alpiniste qui ne consumme pas sa relation avec le vide mais qui ne veut pas se risquer à aller en montagne. Un alpiniste des falaises. Oui c’est exactement ça !!!