Posté en tant qu’invité par Agnès:
Matthieu a écrit:
Je suis entièrement d’accord sur le fait qu’il faut sauvegarder
la faune et flore de nos montagnes, mais je ne suis pas
toujours favorable aux réintroductions, surtout les
réintroductions de grands prédateurs tel que l’ours ou le loup.
Je trouve que la réintroduction est un moyen de préservation
qui n’est pas naturel. La préservation est à faire en aval.
Bon on va encore le ré-écrire une fois parce que c’est pas encore bien clair pour tout le monde : le loup (contrairement à l’ours) n’a pas été réintroduit dans les Alpes. Il est en expansion naturelle (depuis les Apennins en Italie, d’où il n’a jamais disparu).
je ne suis pas d’accord en tout point non plus sur les moyens
employés pour cette sauvegarde. Prenons l’exemple du bouquetin
(animal que j’affectionne tout particulièrement et que je suis
régulièrement dans les aravis) : il était en voie de
disparition, il a été décalré comme espèce protègés. Cette
protection lui a permis de repeupler nos montagnes. Mais
maintenant, il est en surpopulation, engendrant des maladie
consanguines. Ce que je trouve dommage c’est qu’il n’y ait de
système de régulation, comme pour le chamois par exemple : de
la sorte ou protège sans surpeupler.
Mais bien sûr qu’il y a une régulation des populations ! Même dans les parcs nationaux il existe des plans de régulations des ongulés, en attendant que les grands prédateurs reprennent leur place et jouent ce rôle !
Pour ce qui est de tes propos sur le pasteuralisme, je ne suis
pas d’accord avec toi. je suis moi aussi professionnel de la
montagne (accompagnateur en montagne) parcourant de nombreux
massifs et issue d’une famille d’agriculteur, ce qui fait que
je cotoie tres régulièrement bon nombre d’agriculteurs, de
différents massifs. Je peux t’affirmer que des agriculteurs que
je connais, aucun ne laisse ses bêtes en alpage seules sans
surveillance. Les vaches ne vêlent pas seules sans suivi (elles
sont redescendues avant la mise bas, il n’y a pas d’agnélage
systèmatiques sauvages. Si tu regardes bien, lorsque tu as un
troupeau, tu as tres fréquement un berger pas bien loin, tu ne
le verras pas systèmatiquement car il est discret. (je parle
pour les alpes, ne connaissant pas les pratiques des pyrénés).
L’agriculteur assume toujours son métier avec les contraintes
associées : l’été la famille se partage en deux : une partie
vas en alpage et l’autre reste en bas pour fouaner. Les
techniques évoluent, mais la tradition reste la tradition,
surtout pour ce milieu.
Matthieu
Enfin, faut quand même être honnête, même si un certain nombre d’agriculteurs font effectivement bien leur boulot , il y a quand même pas mal de dérives et des troupeaux sans bergers, il y en a, ce n’est pas une vue de l’esprit ! En quelles proportions, je n’en sais rien (je ne m’avancerai pas) mais il ne faut pas nier l’évidence !
Les mutations des pratiques d’élevage sont indéniables et profondes, et même si tu connais bien ce milieu, ta vision des choses me semble bien idyllique…
Agnès