La plus belle histoire

Posté en tant qu’invité par moino:

C’était la nuit avant noël, le nuit après la Samain en fait, juste quelques jours après la pleine lune, enfin on ne sait plus bien. Plantons le décor. Il y avait un brave garçon enfermé chez lui à cause de la pluie. En ces temps moderne il fallait bien travailler pour subsister et s’acheter un ordinateur capable de faire des tas de choses qui nous obligées à faire des tas d’autres et d’autres encore si bien qu’à la fin on n’avait plus de temps pour soir. Plus de temps pour ses amis, pour sa femme et ses enfants si on en avait, enfin plus de temps pour vivre et encore moins pour aller dehors. Dehors cela faisait peur, il y avait les forêts, immenses malgré tout, les rivières infranchissables, les chemins caillouteux ou pire encore pas de chemin du tout. Enfin, vos voyez le tableau. En plus en cette saison il y avait la nuit, froide, humide, terrible, et les feuilles mouillées et rousses recouvrez le sol terreux et accidenté. Malgré que l’on tue les derniers loups, l’imagination des hommes des grands bourgs étaient encore pleine de ces animaux sauvages. La complainte du loup remplacé, au coeur de la nuit, le bourdon des machines, parfois, dans le creux des mortes saisons.
La lumière blanche et crue des écrans faisait oublier celle plus blafarde et plus douce des nuits de pleine lune comme celle de la Samain. Au fond des hommes bas le coeur des premiers âges. Peur ancestrale des orages, de la ténèbre, des bruits inconnus, même au fond de la caverne moderne. En plus de la forêt, le monde sauvage, la nature, comprenait les cîmes. Un nom sublime pour une horreur de roc. Une beauté fatale, le froid, la douleur, le risque. La vie. C’est le cri du bloc de glace qui se décroche et qui se fracasse dans la crevasse. La vie. En bas elle t’appelle, chaude et lassante, en haut elle te lacère et tes minutes sont des jours. On y vivrait donc paradoxalement plus vieux dans ces fichues hauteurs. N’y vivrait t’on pas simplement plus intensement.
Les premiers conquérants de « l’inutile » nous ont enlevés une part du plaisir, celui de la découverte. Nous mettons 20 heures pour le Mont Blanc quand des guerriers des cîmes, autrant plus valeureux que nous mettaient des années. Mars.
Je me souviens des jours anciens et je pleur. J’étais jeune et avant que la société ne me handicap je revais aux montagnes du monde, aux sommets à jamais enneigés que l’on ne foulerais pas de manière définitive, qui resteraient un mystère. Je rêvais aux hauteurs invisiblent ou se perd le regard au dernier rayon de soleil avant que le jour ne se meurt et que le froid ne nous prenne comme la main de Gaïa notre mère. Je rêvais à un antarctique de randonnée ou l’on croiserait son âme à chacun de nos faux pas si près de la mort. Je rêvais à la vaillance de la jeunesse devant les vents catabatiques contraignant le continent de glace mais pas l’homme suavage que je serai alors.
J’embrassais chaque jour un peu plus les rochers calcaires, blancs et chaud en été, comme mes frères, unique récompense du monde. Je pleurais au sommet et le vent me consolait, sécher mes larmes, me comprenait et me faisait signe de redescendre en soufflant plus fort, en grondant.
J’étais sans frères et là haut j’avais cent frères.
Ô montagne. Ce Ö vodrait vous invoquer, c’est son rôle. Mais en réalité il est le cri de ma détresse de ne pas être au près de vous, en votre sein, vivant tous les jours comme ceux d’un amour fou.
A la bougie du milieu de la nuit ma prose est vacillante et mon âme aux sommets s’envole.