Intérêt de dynamiser la chute pour de la dalle ou du vertical ?

Bonjour à tous,

On parle toujours de dynamiser la chute comme l’alpha et l’omega de l’assurage. Pour le dévers, je conçois bien volontiers l’intérêt (pour réduire la force de choc), mais pour le vertical ou a fortiori la dalle (où le premier risque est le choc horizontal), j’ai toujours pensé que c’était surfait. Après tout, ce ne serait pas la première fois que tout le monde prend quelque chose pour acquis alors que ça n’est pas vrai (ou pas totalement).
Mais en y repensant à deux fois, je me dis que je me trompe peut-être : que dynamiser réduit peut-être aussi la vitesse de la composante horizontale de la chute (celle qui fait taper contre la paroi) en permettant à l’énergie cinétique de se dissiper sur une part verticale plus grande (au lieu de se concentrer à l’horizontal une fois la chute interceptée). Je suis perplexe. J’aimerais si possible des réponses techniques, de la physique, des équations, pas juste vos impressions…

Difficile de répondre chaque chute à des composantes différentes, la difficulté est de prendre une décision en un instant… pour moi tout dépend de l’éloignement du grimpeur par rapport à la paroi lors du vol…
si il est important ( évident dans un dévers) je dynamise en effet lorsqu’on explose même en dalle ou lorsqu’on fait un pas dynamique on a tendance à se faire éjecter en arrière et de s’éloigner…
Si il est faible Comme un chat qui sort les griffes et qui dérape j’arrête la chute.
Je ne parle même pas de la présence d’un obstacle sous le grimpeur…

Essaye tu verras la différence…
Quand c’est bien dynamisé, même en dalle tu viendras en douceur sur le mur

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Comment est venue cette interrogation si mystérieuse?

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En dalle couchée le grimpeur a de grandes chances de rencontrer le rocher avant même que la corde ne commence à se tendre donc il ne sert à rien de dynamiser.

En vertical on est proche de ce qui se passe en dévers, le grimpeur va toucher le rocher apès que la corde commence à se tendre, donc on dynamise.

Et quand je parle de dynamiser il s’agit juste de se laisser entrainer par la tension de la corde, par de sauter.

Même avec une bonne trentaine de mètres déployés et un assureur plus léger?

Edit: j’avais pas vu ou t’as ajouté après:

Là ok.
J’appelle pas ça vraiment dynamiser, mais c’est une question de vocabulaire.

ajouté après.

Dynamiser pour moi c’est juste se laisser entrainer par la corde, sauter par exemple est un truc inutile.

Si tu as 30m de corde (et des points correctement disposés) il ne sert à rien de dynamiser, tu vas avoir un facteur de chute de l’ordre de 1/5 au pire

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Par contre lorsque l’assureur est plus lourd, c’est plus difficile de se laisser entraîner…

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J’aime en général bien comprendre les choses par la théorie et ne pas me contenter d’idées reçues. Quant à l’interrogation qui me fait reconsidérer l’intérêt de la dynamisation après l’avoir dénigré, c’est le consensus quasi unanime de grimpeurs en qui j’ai une certaine confiance, tous en faveur de la dynamisation même dans le vertical.

Pour le reste, vous me donnez surtout vos impressions, toujours en faveur de la dynamisation, mais j’aimerais une réponse plus technique. Je pense comme @J2LH que :

Je suis également d’accord avec @J2LH quand il dit qu’avec beaucoup de corde déployée ça ne change plus grand chose.

Mais prenons un cas d’école : un mur parfaitement vertical, sans aspérité ni vire. Le grimpeur chute, l’impulsion de la paroi le faisant légèrement s’écarter de la paroi (c’est généralement le cas en vrai). Si je ne dis pas de bêtise, le mouvement horizontal est rectiligne uniforme (dans le sens opposé à la paroi) et le mouvement vertical est une chute libre d’accélération g. Au moment où la corde se tend, quelle est l’influence du dynamisme (celui de la corde comme celui donné par l’assureur) sur la vitesse horizontale à laquelle on va revenir taper la paroi ? En imaginant le cas extrême d’une corde statique, certes on va mourir du choc de la corde qui se tend, mais il n’est pas évident que le 2e choc du retour vers la paroi soit plus violent qu’avec dynamisme. Il faudrait vraiment qu’un physicien réponde (je vais peut-être en solliciter parmi mes amis !)…

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??

Pour l’intérêt de dynamiser quand on va retaper la falaise, si tu as des bases en physique tu peux dessiner le vecteur vitesse des pieds du grimpeur sur une chute séchée (grosso modo la tangente à un cercle de centre le point), et sur une chute dynamisée (en gros en dessous du point tu as une espèce de droite qui fait un angle plus faible avec la falaise.
C’est cette vitesse qui donne l’énergie cinétique qui fait mal quand tu touches la falaise. Quand tu prends la composante horizontale (donc la force qui « t’envoie dans la falaise »), ça réduit drastiquement la valeur et ça fait la différence entre se péter 2 calcanéum et juste retoucher plus ou moins fort.

Bien sur je vais me faire insulter par tous les physiciens mais globalement c’est l’idée.

Bien sur en dalle trop couchée ça impose d’être capable de courir vite en arrière, mais c’est assez rare finalement. La problématique est plutôt les vires ou les bouts qui dépassent, mais dans ce cas on est plus dans une configuration où dynamiser est une question.

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Ben oui, quand on chute, en pratique, on ne rape pas la paroi tout le long jusqu’à ce que la corde se tende. Il y a toujours une petite impulsion en arrière donnée par le fait qu’on était contre la paroi avant de chuter (et c’est d’ailleurs bien salutaire). En plus d’être une hypothèse en phase avec la réalité, c’est nécessaire au raisonnement ici, car sans ça, il faudrait prendre en compte le frottement avec la paroi jusqu’au blocage ! (et compter les égratignures)

tu as déjà fait des chutes ? (dans du vertical ou pas)

donc le raisonnement c’ est:
"comment se faire le moins mal possible en ayant commencé par se mettre en conditions pour se faire le plus mal possible (se jeter en arrière au début de la chute) ? "

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Oui c’est effectivement ce que je pressens. J’essayerai de mettre ça sur le papier…

Je ne suis pas physicien, mais je pense que ton équation va être assez compliquée entre la prise en compte du rapport pois grimpeur/assureur, de la longueur de corde déployée, de l’élasticité de la corde, de la hauteur au dessus du point, de la position plus ou moins rapprochée de l’assureur par rapport à la falaise…

Et cela dans un cas encore très simplifié d’une falaise pratiquement verticale.

C’est pour cela qu’à moins d’être capable de résoudre cette équation en chaque instant où le grimpeur grimpe afin de déterminer si il est intéressant de plus ou moins dynamiser tout ceci me semble très ambitieux.
Et c’est aussi pour cela que le ressenti et l’expérience de la personne qui assure priment dans ce cas.

Ceci dit, je suis aussi très curieux de voir une modélisation de cette situation.
Donc j’attends impatiemment le retour d’un éventuel physicien.

C’est un peu HS, mais perso j’suis incapable de dynamiser en assurant au relais, faudrait peut peut-être que je me mette à jour

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Ben oui. Mais ma plus belle reste une chute « toboggan » sur une dalle, sur les fesses (je m’étais retourné je sais pas comment). Heureusement suffisamment verticale pour que le choc avant la glissade n’ait pas de conséquences. Donc pas tellement applicable au cas présent.
Mais pour corroborer, j’ai deux exemples en tête. Une séance d’école de vol, en SAE, qu’à la différence de ce qui se fait d’habitude, l’encadrant nous a fait faire dans du vertical (et non du dévers), justement pour nous montrer ce mouvement de recul naturel qui se produit (du simple fait de partir de la paroi, sans même spécialement le provoquer). On avait peur de le faire mais on a vite été convaincus.
Et l’autre exemple que j’ai en tête c’est Edlinger dans l’un de ces deux films de jeunesse. Il fait une demo de vol (énorme) à la caméra, dans un mur vertical pur. Il part en arrière, sans se jeter spécialement.
Bon faut que j’argumente encore longtemps ?

Je ne comprends pas. Si tu as la présence d’esprit de te propulser un peu en arrière au début de la chute, c’est justement une garantie de moins te faire mal.

Le lien du vol en question : https://youtu.be/T3SFj7SoLi8?t=313
C’est vertical, il force à peine l’impulsion en arrière. Pourtant quand la corde se tend il est bien loin de la paroi.

C’ est surtout la garantie de revenir sur le rocher comme un V2

Excuse-moi mais ça n’a aucun sens, ce que tu dis. Le but, c’est de se faire rattraper par la corde (c’est pour ça qu’on les fait dynamiques d’ailleurs), pas par le rocher… Tu sembles sous-entendre qu’il vaut mieux se faire rapper contre le rocher sur toute la chute…

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