Honnold en solo - en direct !

Quoi, on peut plus être péremptoire/juger à l’emporte-pièce sur internet ? :wink:

Mon unique visionnage remonte à la sortie du film, mais je me souviens m’être ennuyé ferme la majeure partie du temps : beaucoup, beaucoup de scènes de vie et d’interviews dont la majorité m’ont semblé jouées (et fausses), un ton global donnant dans le pathos et la psychologisation lourdingues…
Et c’est pas que je trouve la psyché du grimpeur inintéressante/hors-sujet, bien au contraire.

Ça m’a laissé le goût d’un truc très cliché, et j’ai éclaté de rire en entendant la musique du générique de fin, sirupeuse à souhait et complètement à l’image de ce que je reproche au film : on te montre les images dingues d’un gars qui joue avec sa vie à 700m du sol, et on te balance une soupe sonore digne d’une série B un quart d’heure après. On appuye si fort le trait pour essayer de te dessiner la personnalité de ce type hors norme, que c’est l’effet inverse qui se produit, et que tout est bien vide au niveau du discours.

Voilà les mauvais souvenirs que j’en ai. Qui sont peut être faussés par le temps et ma tendance à accumuler de la rancœur contre les films qui ne m’ont pas plu…
Mais, ayant déjà eu le sentiment qu’Honnold avait les deux chaussons dans le sensationnaliste/mainstream avec ce film, je ne suis pas du tout surpris de le voir grimper des buildings en live sur netflix.

Merci pour ton argumentation, que je partage en partie, notamment ce qui concerne le côté mise en scène dramatique, mais bon, on est au cinéma, US de surcroît…
Ce que j’ai apprécié: l’escalade en elle-même, le moment du renoncement, les enjeux individuels versus couple, les narratifs des réalisateurs…

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Pour avoir suivi le live au Dru à l’époque, je trouve que la comparaison ne tient pas la route longtemps :

  • la diffusion du GMHM s’adressait à un public « niche » (seulement 300 personnes regardent le live au moment où ils sortent au sommet), la visibilité médiatique est sans commune mesure avec un truc diffusé sur netflix,
  • le dispositif n’a rien à voir (plans flous et larges filmés au télescope où on distingue les grimpeurs, sans plus)
  • et, surtout, pour moi le propos est radicalement différent : suivre la progression de la cordée de loin, comme si on était au Montenvers, d’une manière très peu intrusive. Le narratif est maîtrisé par la cordée, et naît très majoritairement des updates en visio ou par téléphone de Léo Billon : les moments tendus sont racontés après coup, et en live via le télescope, soit on voit que ça déroule/n’avance pas, soit on ne voit rien du tout. Pas de gros plan sur une situation potentiellement ultra merdique…
    D’ailleurs comme souvent, ils ont bien galéré dans les rappels, et le live était terminé.

Pour moi le point clé, c’est que dans la diffusion de l’ouverture de BASE, le risque n’est pas « marketé », ce qui me semble complètement être le cas de la diffusion d’AH…

Et puis je préfère regarder les Drus qu’un immeuble.