Faut-il arrêter les compétitions sportives en montagne?

Pas plus que toi ou Mr tout le monde.
Mais quand tu as l’exclusivité du label de la compétition des plus grands trails du monde et que tes sponsors s’appellent Hoka, Dacia ou The North Face, non seulement tu es à l’abri du besoin (toi et ta famille), mais tes fins de mois sont très confortables.
Si ce n’était pas le cas, je vois mal ce qui inciterait la plupart des marques « outdoor » à participer au grand raout de l’UTMB. J’irais même jusqu’à penser que pour elles, c’est devenu un moment important à ne pas rater.
Ceci étant, ça n’a rien de honteux, mais on est passé d’une pratique nature à un évènement du sport-business avec ses inévitables dérives. Que l’on s’interroge sur ce glissement (ce dévoiement ?) comme les interrogations de certains participants il y a quelques années et que l’on cherche à freiner son gigantisme et ses effets néfastes comme le nouveau maire de Chamonix me semble de ce fait pertinent.

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Pas forcément… Ci-après, quelques données financières de la société UTMB GROUP… Pas trouvé plus récent que 2022, mais à cette époque, avec un CA de 10 M€, le résultat net ressort déficitaire à - 500 k€…

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C’est bien pour cette raison que j’avais écrit qu’il fallait entrer dans les détails et faire un bilan. L’UTMB est une classique grand public, c’est aussi et surtout du sport de masse. J’ai plusieurs collègues alpins qui y sont allés, et c’est très bien si le protocole d’inscription incite à participer sans bagnole. À nouveau, c’est bien mieux que toutes les manifestations sportives, et même mieux que la pratique loisir de la quasi‑totalité des pratiquants.

Le sport de haut niveau est un autre sujet. De toute façon, ils mazoutent sur toute la planète, UTMB ou pas. Jornet ne fait d’ailleurs pas mieux, y compris en crachant dans la soupe. Mais il n’a pas vraiment le choix, comme la plupart des sportifs professionnels. Il faudrait changer de métier ou accepter de supprimer ses revenus. Je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien de mazouter pour gagner sa croûte, mais c’est une problématique différente du sport loisir, que ce soit en compétition ou hors compétition.

Nous allons en montagne pour nous amuser, pour occuper notre temps libre. On peut donc très facilement réinventer ses règles et s’amuser autrement en intégrant une approche décarbonée de ses déplacements dans sa pratique sportive. C’est certains que le chrono s’en ressent mais c’est juste une autre façon de percevoir la pratique. Pas moins marrante.
Que le championnat du monde de trail incite à se déplacer sans sa bagnole me semble donc une très bonne chose pour changer les mentalités (y compris sur les réseaux sociaux), même si les résultats sont à des années lumières de nos objectifs.
Dés qu’on parle de la bagnole, c’est comme si on coupait un pied. Homo n’a pas conquis la planète en Hummer climatisé mais à pied.

A partir du moment où le trail s’est professionnalisé, l’UTMB a toujours été un événement de sport business.

Pour le sport nature, tu prends ton vélo pour aller courir dans la montagne à coté de chez toi. Rien n’a changé en 30 ans pour le sport nature. Hormis que même M Mimuch préfère des chaussures basses et un petit sac. En copiant les stars, il a maintenant un Hummer climatisé pour se garer devant la terrasse climatisée ayant du réseau pour boire sa bière fraiche tout en racontant ses exploits dans l’Alpe homicide sur les réseaux sociaux.

Le sport nature de l’UTMB, c’est comme la nature du slip merinos à 100€. C’est du branding pour augmenter les ventes en donnant bonne conscience au client. Péter dans du mérinos n’est pas plus nature que dans du polyester, c’est juste plus cher.

Même pas certains que la main mise de l’UTMB sur le trail mondial soit pire que dans une fédération sportive. Juste diffèrent et probablement plus réactif aux tendances du marché, car bien évidement c’est un marché. Si on oublie le coté pollution, c’est pas mal que des frenchies aient décroché la timbale. Il y a assurément l’habituel critique de la réussite dans bons nombres de réactions franchouillardes. Les Poletti me semblent pas si pire qu’une approche totalement américaine qui s’assoit généralement sur l’impact en ne regardant que le chiffre en bas à droite.

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