Le covoiturage n’est pas intrinsèquement négatif. Il peut, dans certains cas, optimiser l’usage d’un véhicule déjà en circulation. Mais l’évaluation pertinente doit se faire à l’échelle du système de mobilité, et non à celle de l’individu. Dès lors que le covoiturage se substitue à un transport en commun, il produit un effet net défavorable : il retire des passagers aux modes collectifs, fragilise leur viabilité économique, et renforce la dépendance structurelle à l’automobile. Ce mécanisme reste valable en zones rurales ou de montagne, où l’argument de l’absence d’alternative sert souvent à justifier une extension du bagnolage plutôt qu’à interroger les conditions de son maintien.
La décarbonation implique une réduction massive de l’usage de la voiture individuelle. Cela suppose d’accepter de moins bagnoler, voire de ne plus bagnoler du tout pour certains trajets. Toute approche qui contribue à pérenniser le modèle automobile, même sous une forme présentée comme vertueuse, y compris électrique, retarde la transition vers des mobilités bas carbone. En ce sens, les dispositifs qui encouragent ou facilitent l’usage de la voiture, y compris le covoiturage lorsqu’il remplace un mode collectif, participent à la reproduction du système existant plutôt qu’à sa transformation.
Une voiture électrique n’est pas neutre. C’est peu ou prou les mêmes soucis en moins pire que la voiture thermique. A titre individuelle, je comprends bien que le mazout à 2,5€/L pousse à Blablacarer et/ou à passer à un véhicule électrique.
Mais avec un Président faisant le buzz en montrant ses muscles en jet-ski, il est pour le moins compliqué de vouloir avancer collectivement sur la voie de la décarbonation.