[Digression] Pour ou contre le GPS en rando ?

On est bien d’accord.
Le post de @randorama74 qui suit illustre bien les limites du GPS dans ce type de terrain.
C’est bien pour ça qu’une trace GPS, en soi, non seulement n’est qu’indicative, mais peut même représenter un danger dans certains endroits pour peu qu’on la suive sans lever le nez. Les gars du PGHM doivent avoir une flopée de secours engagés uniquement pour cette raison.

2 Likes

Mais peut-être pas pire qu’avant quand il n’y avait pas de GPS, et qu’il fallait lire une carte, ce qui est quand même plus complexe.

Le problème ne vient pas du GPS en lui‑même, mais du fait que des pratiquants avancent sans lever le nez, quel que soit les outils qu’ils utilisent. Bien avant la généralisation du GPS, le PGHM intervenait déjà pour secourir des personnes qui s’étaient engagées dans des itinéraires inadaptés, simplement mal compris ou en étant mal préparés. L’imprudence et le manque d’anticipation ne datent pas du GPS.

Si le nombre de secours a augmenté au fil des décennies, c’est surtout lié à l’arrivée du téléphone portable. Le simple fait de pouvoir appeler les secours facilement a mécaniquement fait grimper le nombre d’interventions. Cela ne signifie pas forcément que la montagne est devenue plus dangereuse ou que les pratiquants sont plus incompétents, mais plutôt que le seuil de déclenchement des secours a baissé.
La vraie question est donc de savoir si le taux d’accidents rapporté au nombre de pratiquants a réellement augmenté. Or, les données disponibles montrent souvent une hausse du nombre total de pratiquants, une diversification des profils, et surtout une médiatisation accrue des secours.

Le GPS n’est qu’un outil parmi d’autres. Comme une carte, une boussole, une application météo ou même un topo c2c sans trace, le GPS peut être utilisé intelligemment ou de manière « irresponsable ». Il peut aider à mieux se repérer, mais il peut aussi donner un faux sentiment de sécurité à ceux qui s’y fient aveuglément. Ce n’est pas l’outil qui crée le risque, mais la manière dont on s’en sert. C’est exactement la même chose pour les topos c2c (y compris ceux sans trace).

Si on devait censurer ces traces, alors pourquoi ne pas censurer aussi les topos cotés T5 ? Sur un site grand public, ce type d’itinéraire est bien plus dangereux qu’une simple trace GPS. D’autant plus que les descriptions textuelles comportent parfois des imprécisions, voire des erreurs, qui peuvent induire en erreur un pratiquant peu expérimenté.
C’est là que la logique de la censure devient bancale : prétendre protéger les utilisateurs en supprimant des traces, mais laisser en ligne des topos exigeants, parfois mal décrits, qui nécessitent un solide jugement et une vraie expérience. Si l’objectif est réellement de réduire le risque, alors il faudrait appliquer la même rigueur à tous les contenus potentiellement dangereux, pas seulement aux traces GPS. Grosso-modo, on ferme c2c.
Mais, censurer systématiquement reviendrait à nier la diversité des pratiques et à infantiliser les pratiquants. La montagne comporte des risques, et l’information, même imparfaite, fait partie des moyen permettant de les gérer. Supprimer des traces n’empêchera jamais de se mettre en difficulté. En revanche, cela peut priver des personnes d’un élément utile pour préparer et réaliser leur sortie.

Le vrai enjeu n’est donc pas de censurer, mais d’éduquer : rappeler que les topos, les traces et les descriptions ne remplacent ni l’analyse du terrain, ni la compétence, ni l’expérience. Et que, quel que soit le support, l’erreur humaine reste toujours possible. Ceci étant dit, l’expérience est un facteur de risque significatif en montagne (cf thése de Maud).

2 Likes

C’est bien ce que j’ai fait, mais sans fichier gpx comme point de départ. Il y a de nombreux topos sans traces, et cela m’a bien amusé de tracer ces lignes.
Elles sont parfois approximatives, mais également assez réaliste.
Un relevé réel peut être bien perturbé par les parois verticales. Il faut toujours la relire et la corriger car on voit souvent des brusques mouvements dans les relevés réels.
Cela donne une info sur la carte, mais rien ne remplace l’expérience d’une lecture visuelle adéquate sur le terrain.

2 Likes

(message supprimé par son auteur, sera supprimé automatiquement dans 100 heures à moins qu’il ne soit signalé)

Je suis bien d’accord avec ça (et y compris avec le reste de ton post), mais justement, le GPS en lui-même invite à avancer sans lever le nez. C’est pratique (on télécharge la trace sur son propre matériel), c’est numérique donc d’une certaine façon quelque chose d’acquis et forcément juste qu’il suffit de suivre.
Alors qu’une carte, même si on peut se planter pareil, c’est quand même différent: une représentation du terrain qui nécessite forcément de lever le nez pour identifier -c’est le mot- ce qui est marqué sur le papier ou l’écran et ce que l’on voit en vrai.
Le GPS: c’est la trace qui importe d’abord par rapport au milieu (et c’est super utile pour ne pas se planter si brouillard, jour blanc ou terrain paumatoire).
La carte: c’est identifier le milieu où on est et dans lequel ensuite il y a un chemin (un sentier, une voie, une vire, un cairn, etc…).

(message supprimé par son auteur, sera supprimé automatiquement dans 100 heures à moins qu’il ne soit signalé)

Dès qu’on parle de GPS, on retrouve toujours les remarques récurrentes (s’cusez le pléonasme) « garder le nez sur l’écran » ou « suivre aveuglément la trace ».
Alors si on garde le nez sur l’écran, autant rester chez soi et suivre la trace dans le canap’, c’est moins fatiguant.
Quant à suivre la trace aveuglément, il faut un chien d’aveugle, et qui sache lire un GPS.

Avec une montre GPS un peu bien foutue et l’habitude de savoir s’en servir, on passe bien bien moins de temps à regarder sa montre qu’à regarder une carte papier (sortir la carte du sac ou de la poche, déplier, regarder, replier, remettre dans le sac). Ce n’est pas pour rien que c’est imbattable en trail. A fortiori sur des trucs un peu long. Qd tu fais des boucles de 50km et plus, la carte est pénible. Pour peu que cela tombe mal, il te faut 3 cartes, et donc le poids d’une enclume (3 x 100g tout de même). Sans même parler de la pluie.
Même le téléphone est plus rapide à utiliser que la carte papier.

Regarder un GPS avec sa carto, ou une carte papier, c’est quif quif en terme de peu d’intérêt.

Sortir la carte de la poche, carte déjà pliée de façon à être directement sur le secteur concerné…
J’en ai rien à faire d’abîmer un peu ma carte je vais pas la garder en conserve. Et le gros avantage c’est que je peux voir ce qu’il y a autour le nom des sommets etc…
Perso le téléphone j’ai horreur en rando pas du tout pratique.

1 Like

Sur une 1/25 000, 10 cm font à peine 2,5 km. On ne va pas bien loin avec ça.
Le seul avantage de la carte papier est d’avoir plus facilement une vision globale.

1 Like

Ben après tu regardes l’autre côté :slight_smile: tous les 2,5 km c’est gérable :joy:

Tout est gérable, d’autant plus qu’on l’a géré pendant des siècles.
N’empêche que cela prend plus de temps que la montre + le téléphone. Ce n’est pas pour rien que c’est imbattable en trail : pas besoin de s’arrêter. En VTT, la carte sur le guidon, c’était juste très chiant.

Pour résoudre ce problème, j’ai simplement ajouté en remarque du topo que la trace GPX est approximative. Quand on la regarde de près, c’est évident ! Un point tous les 100-200 m, qui ne suit même pas les gros talwegs (faut traverser en highline ?).

Et bien si, maintenant ça le fait, avec la multiplication des constellations de satellites GPS.
Aujourd’hui, en terrain dégagé, avec mon tél j’ai souvent plus de 50 satellites GPS visibles et utilisés pour le calcul de la position.
Au pied d’une falaise, on a la moitié environ, donc souvent 20 à 30 satellites. Même si implicitement ils sont dans un angle solide 2 fois plus faible, la précision est encore suffisante. On a souvent une précision de 10-15m, contre 2-4m en terrain dégagé.
Pour l’altitude c’est pareil. En terrain dégagé c’est 2 à 5m. Maintenant je mesure l’altitude de l’attaque et du sommet des voies par le GPS (sur AlpineQuest, peut être que ça fait un mix avec le baromètre ?). Pour vérifier, il faut aussi mesurer une fois au retour au pied de la voie (si on y repasse).
Par contre pour obtenir cette précision, il ne faut pas avoir allumé le GPS 5s avant la mesure, il vaut mieux attendre 30s à 1min, même si on a déjà fait une mesure 10min avant. Comme je ne n’active pas la mesure de la trace de ma sortie, je n’ai pas le GPS allumé constamment.

C’est plutôt une bonne nouvelle.
As-tu fait des essais sur une falaise comme Presles, par exemple pour le secteur des Buis ou des Chrysanthèmes avec un accès par le bas et une succession de voies sur une sente collée à la paroi. Est ce possible de géolocaliser précisément (moins de 5 m) les points de départs des voies ?

En 2009, ça fonctionnait pour les voies avec accès par le haut mais pas pour les voies avec accès par le bas. C’est notamment pour cela que j’avais renoncé et préféré faire un schéma

Qd je regarde les rares traces de sortie c2c depuis 2025, ce n’est tout de même pas extraordinaire. Mais je ne connais pas le type de GPS utilisé dans les sorties. Pour trouver le point de départ des voies, il faut considérer une erreur/incertitude double : l’incertitude du relevé de la trace avec 1 GPS + incertitude de la lecture de cette trace avec un 2ème GPS. Là, l’incertitude me semble tjrs trop important au pied de la paroi pour que cela soit utilisable sur le terrain compte tenu de la forte densité de voies à Presles…
canvas b

Sur la visualisation de l’altitude, on voit bien que le GPS est aux fraises dès qu’on colle à la paroi, avec peut etre 200m d’erreur. C’est moins pire pour x et y, mais ça m’étonnerait que la précision soit suffisante pour permettre de trouver les attaques à Presles. Mais je ne sais pas si c’est un vieux GPS ou un multibande :
canvas e

Qui se dévoue pour grimper à Presles avec un GPS utilisant les satellites GPS, Glonass, Galileo et BeiDou.

Là c’est plutôt bien, mais est-ce un relevé exact ou juste un traitement de la trace Capture d'écran 2026-03-12 155858

1 Like

Oui et non. J’ai longé le pied de plusieurs falaises, mais la paroi n’était pas verticale. Dès qu’on peut avoir un satellite côté paroi (car elle n’est pas verticale et/ou on est à 5-10m du pied en horizontal), la précision s’améliore.
Par contre dans un cirque ou renfoncement, il y a moins de satellites visibles qu’au pied d’un large pilier. Donc on n’a pas une bonne précision partout.
Entre une mesure GPS en trouvant les bonnes conditions (beaucoup de satellites) et les photos aériennes pour recaler si besoin (si un détail est visible, du style gros bloc au pied, ou un arbre isolé, etc), on peut obtenir une très bonne précision pour géoréférencer l’attaque (moins de 5m).
Par contre quand on utilise ce géoref pour trouver l’attaque sur le terrain grâce au GPS, il faut considérer qu’on a 10 à 20m d’erreur. Donc une bonne description de l’attaque et des photos seront toujours utiles. Surtout au cas où une nouvelle voie attaque 1m à droite (pour s’éloigner rapidement, mais au début on peut avoir une ligne de plaquette évidente avec un point tous les 1,5m, alors que la voie qu’on cherche a sa première plaquette à 5m et peu visible).

1 Like

Presles est vertical, comme la plupart des falaises de grimpeurs. :slight_smile: Avec une sente d’approche parfois au pied de la paroi, et surtout une forte densité d’itinéraire.
Ca ne fonctionne donc probablement pas plus aujourd’hui qu’en 2009.

L’idée était de repérer très précisément les attaques car il y a une très forte densité de voies à Presles. Quand on découvre la falaise, c’est parfois difficile de se repérer précisément. Si la précision était suffisante, il suffirait d’une demie journée pour mapper les attaques d’une centaine de voies en faisant un AR du parking jusqu’au pilier du souvenir et Fhara Kiri.

Au Salève, sur une vire au milieu de la falaise, les GPS seront donc tout autant aux fraises. C’est très probablement impossible de ne pas s’en rendre compte quasi immédiatement => zéro risque d’utiliser une trace sur cette vire.

Voir aussi :

Merci d’avoir retrouvé la discussion. Pour ma part, j’en étais resté à :

Compte tenu de l’expertise de @Gros et de ses informations, je serais très étonné que cela ait significativement évolué pour les GPS grands publics.

La crainte qu’une trace GPS (bonne ou mauvaise) soit utilisée en rando sur une vire comme au Salève est donc tout autant un non sujet en 2026 : le GPS sera aux fraises.

1 Like

Si ca peut aider, il y a aussi :

citant notamment :

https://www.vtno.fr/la-falaise/accès/ (avec GPS)