Posté en tant qu’invité par Arnaud Clère:
Michel C a écrit:
L’autonomie c’est surtout question de caractère.
Tu es autonome dès lors que tu connais tes limites. Quel que
soit ton niveau à partir du moment où tu sais ce que tu peux
faire et ce que tu ne peux pas, tu es autonome dans le sens
où tu peux t’engager sous ta propre responsabilité sans te
mettre inconsidérement en danger (attention, il s’agit de
toutes tes limites : physiques, psychologiques, connaissances
techniques, etc).
Je pense qu’on a trop tendance à mythifier l’expérience en
montagne qui même si elle a son importance a trop souvent
tendance à remplacer le bon sens (c’est pas vrai pour la
neige où à mon sens rien ne remplace aujourd’hui l’expérience).
Il me semble que beaucoup de personnes ne se sentant pas
autonomes sont en fait des personnes qui manquent de
confiance en elles et qui se laissent trop impressionner par
le mythe qui entoure la pratique de l’alpinisme (bon, faut
pas tomber non plus dans l’excés inverse certainement plus
dangereux).
L’autonomie ne s’apprend pas (faut quand même apprendre les
règles de bases) mais se prend. Je veux dire par là qu’il
s’agit d’une démarche personnelle pour s’assumer, assumer ses
choix et faire confiance à son jugement.
En 3 semaines de pratique de l’alpinisme, on a largement eu
le temps d’apprendre les règles de base permettant de
progresser avec une sécurité raisonnable. Continuer au delà
de ça à sortir « encadré », ça n’aura pour effet que de reculer
le moment où il faudra franchir le pas mais ça ne facilitera
pas beaucoup son franchissement (probablement un peu quand
même).
Tout à fait d’accord, l’autonomie c’est un état d’esprit.
Un bémol cependant : On peux apprendre rapidement les qqs règles de sécurité et techniques de progression utiles, mais il faudra plus de temps pour les intégrer comme des réflexes. J’imagine que bcp de victimes d’accident par « imprudence » (excluant les très nombreux cas de malchance), savent ce qu’ils auraient dû faire, mais n’y ont simplement pas pensé à temps. D’où la nécessité de sortir au plus vite en situation de premier de cordée pour exercer son attention et ses réflexes.

