Posté en tant qu’invité par seb:
Dès fois je me dis qu’on peut devenir aussi dingue de la montagne que d’autres drogues dures.
On commence doucement, avec des potes, c’est bon esprit, puis on rentre peu à peu dans le manège. Au début tout est cool, on se dit qu’on ne connaissait pas la vraie vie avant de découvrir ce nouveau terrain de jeu.Ici, on s’épanouit, les rapports entre humains sont plus vrais.
La sociéte devient alors lourde, oppressante, sans intérêt… Tout autour de nous devient alors très artificiel, perd de l’intérêt, notre vision est occultée par les « montagnes ».
On se laisse même souvent prendre dans cette surrenchère malsaine autour de ces sports médiatisés, où les grimpeurs deviennent demi-Dieu : regarder autour de vous ! Les sites internet, les vidéos, les rassemblements, les magazines plus ou moins racolleurs, même sans aller plus loin, regarder autour de vous à Espace Vertical…Sans compter les marques de vêtement et de matériel qui vous créent un besoin de matériel ultrasophistiqué.Franchement, jetez un oeil sur les publicités de fringues où on voit des gars en situations extrèmes.Et vous ? quelle pratique avez vous ? Est-ce nécessaire de flamber tant de sous pour acquérir je ne sais quelle dernière veste hyper thermiqueimperméablerésistanteapaisanteetjenesaisquoidautres ?
Je m’explique : j’ai 22 ans et je réalise que je ne vis que pour la montagne depuis quelques années.J’ai le sentiment de m’être fait prendre dans ce tourbillon sans fin qui pousse à vouloir avoir toujours plus, aller plus loin, se dépasser un peu plus et soit disant s’épanouir.
Mais la vraie vie n’est-ce pas finalement ce qu’on évite en allant en montagne ? Grimper, c’est égoïste. On laisse des gens sur la touche, nos proches, nos amis qui ne partagent pas notre passion, où plutôt qui n’ont pas goûtés à notre drogue.
Vivre c’est des fois penser aux autres, c’est aussi peut-être s’ouvrir sur ceux qui sont différents.
J’aime la montagne, mais je décide ce soir de me calmer.
Je sors de la partie et ne surrenchéris pas.
Sebastien qui a écrit.
