Conditions Fontainebleau

c’est sûr, le réchauffement climatique dû aux activités humaine n’y est pour rien …

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Parce que les incendiaires ont une haute conscience écologique ?

je suis du petit village,juste en dessous de Fontainebleau, Thomery, et j’ai crapahuter dans la foret toute mon enfance, aujourd’hui je suis dans le sud, et quand j’ai vu l’incendie, au infos, j’ai pleuré.

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Franchement faut pas dramatiser. Pour la forêt c’est certes dommage mais pas rédhibitoire.
L’essentiel est qu’il y ait pas de victimes pompiers ou habitants.

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Il y a eu de très nombreux incendies. Je me souvenais que pendant la 2e guerre mondiale, les Allemands avaient passé les 3 Pignons au napalm (déjà) pour en déloger les résistants. Je ne sais pas combien de temps il aura fallu pour redonner à ce massif son côté forêt, mais cela a modifié durablement la nature du site. (Je crois que la mer de sable date de cette époque, mais à confirmer.)

En attendant, j’ai trouvé ce site qui répertorie l’histoire des feux en forêt de Fontainebleau. Bien, bien, bien ! On y apprend un truc étonnant :

La grande sécheresse de 1976 est la cause de plus de 160 incendies, mais la détection obtenue grâce aux tours de guet permet de limiter les dégâts à moins de 80 hectares détruits.

On parle de 80 ha, contre 2000 aujourd’hui ! Il est vrai aussi qu’on ne voit plus trop de tours de guêt…

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S’il y en avait en 76 je ne vois pas pourquoi elles auraient disparu. En tout cas dans le sud on a plutôt tendance à en ajouter ou à en placer à des endroits plus stratégiques (meilleur champ de vision)

Un incendie ne signifie pas la mort de la forêt. Il y a juste un laps de temps à respecter (je ne sais plus combien mais c’est quelques années peut-être 10 ou 15) à respecter entre deux passages de feu au même endroit pour qu’elle ait le temps de se régénérer. Si ça arrive trop souvent oui c’est problématique.

En 76 les températures et la durée des jours caniculaires n’avaient rien à voir avec cet été notamment.
Il y a quelques jours on annonçait par exemple 325 départs de feu, uniquement en une journée…

Oui c’est exactement cela le problème, avec le climat actuel cela va être très compliqué aux forets de se régénérer si cela brule tous les x années de façons rapprocher, sans parler des températures qui grillent tout malheureusement et notamment les jeunes arbres.

Ca ne repasse pas forcément au même endroit …

Oui et heureusement, par contre pas la chaleur et les températures extrêmes.

On évolue avec la technologie et aparament cela a servi et sert en ce moment

Des pylônes télécoms transformés en vigies anti-incendie à Fontainebleau — Feux de Forêt Des pylônes télécoms transformés en vigies anti-incendie à Fontainebleau — Feux de Forêt

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Justement, parlons-en, des tours de guet. Mon père est ancien colonel du SDIS77, en poste notamment à Melun pendant et dans le département, où il a fait toute sa carrière. Il se trouve que pendant des années, on a effectivement salarié des étudiants, particulièrement l’été, pour veiller dans les tours de guet. Récemment, on a arrêté ce service, si bien que les tours de guet sont aujourd’hui désertes. On a pensé que la solution du tout numérique, avec drones et recours à une IA déployée récemment, permettrait de tout voir, mais ce n’est pas encore ça (En forêt de Fontainebleau, une IA d'un nouveau genre s'entraîne à détecter les feux de forêt). Les drones et caméras thermiques, pour l’instant, ne voient pas tout. Je ne suis pas sûre qu’on ait gagné à faire des économies de bouts de chandelle (sans jeu de mots), en cessant ces emplois étudiants l’été.

Pour le reste, c’est certain. La situation n’a plus rien à voir avec celle de 76. Cet incendie sur 2000 Ha est sans commune mesure avec les feux précédents, qui ne couvraient pas autant de surface et avaient pu être maîtrisés rapidement. On a eu une conjonction de plusieurs facteurs défavorables.

Mais au delà de ces facteurs, ce qui arrive était prévisible et suite à un feu important survenu à Poligny en 2004, mon père avait conçu un dispositif, cartographiant toutes les zones de posé hélico en forêt, avec la nécessité d’avoir des hélicos bombardiers d’eau à demeure sur Melun-Villaroche, où se serait en outre trouvé un pélicandrome capable de ravitailler un DASH. Ce projet ne coûtait pas très cher en maintenance (beaucoup moins que le projet d’Airbus géant et que faire venir des moyens aériens d’Albertville, d’Angers ou de Nîmes, comme cela vient d’être le cas).

Le projet avait surtout l’avantage de mettre les capacités d’intervention aérienne à dispo à tout moment et à moins de 30 minutes, permettant de coiffer le feu dès son départ. Une fois que c’est parti, c’est en effet trop tard et les pompiers en sont réduits à « courir après le feu » en tirant des tuyaux dans des zones accidentées, ce qui a une efficacité réduite et coûte beaucoup plus cher.

Mais il faut comprendre que certains acteurs ont un intérêt financier à le faire (les volontaires, qui sont payés à l’heure, les avionneurs comme Airbus sont aussi en train de pousser leurs intérêts, alors que, comme le dit le député européen Allionne, avec lequel mon père était d’ailleurs en contact, ce n’est pas la solution miracle.

Il faut développer des HBE et des capacités sur la base de Villaroche.

En 2005, un gradé du département s’y était opposé, expliquant : « Mais Monsieur le Préfet, mon collègue nous emm… avec ses canadairs et ses HBE. La forêt de Fontainebleau, c’est un grand square ! ».

Eh bien, ils ont vu.

Ce n’était que trop prévisible.

Je conclus par un point qu’il faudrait enfin aborder : les test de personnalité à l’entrée dans le corps des sapeurs-pompiers, afin de détecter les profils de pyromanes. Pour l’heure, on se fonde essentiellement sur des épreuves physiques et de résistance au stress. C’est à revoir, mais c’est un autre sujet.

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Comme quoi le bien public n’est pas toujours la motivation des décisions (je dirais même de moins en moins).

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Je n’y connais rien, mais je vois pas tellement comment détecter un profil de pyromane ?

Effectivement, en 76, la dette publique était de 16 % du PIB, contre 110 % aujourd’hui.
Alouer du budget pour la surveillance et la protection incendie est certainement une bonne idée, mais comme pour tout le reste il y a un arbitrage budgétaire à faire.

Oui, et l’absence de connaissance du terrain aussi.

Un détecteur de mensonge ? Un examen psy sous la torture ?
Je blague un peu jaune parce que je n’y crois pas.

Il existe déjà des tests psychotechniques il me semble parce que ramasser les morceaux sur la route ou se lancer dans un feu pour pouvoir l’éteindre, il faut quand même se montrer solide.

Pour le reste sur tout ce qui a été dit, je suis entièrement d’accord et c’est triste que des voix comme celle du père de @Walkyrie ne soit pas entendue.

Effectivement. Mais il faut prendre en compte, si je puis dire, que les fonds sont gérés par des bureaucrates pour qui le terrain n’existe pas. Ce qui existe, ce sont « les dossiers ».

Deux HBE et un pélicandrome à demeure à Villaroche, des étudiants dans les tours de guet en job d’été, ça coûte moins cher que faire venir trois Canadairs de Nîmes, d’organiser des norias de DASH depuis Angers, de payer 800 pompiers, dont une forte proportion de volontaires payés à l’heure, de mobiliser des fourgons et de les faire venir d’autres régions, quand il y a un mégafeu qu’on ne s’est pas donné les moyens de fixer avant qu’il ne prenne de l’ampleur.

On économise trois sous pour en dépenser bien davantage.

Sans compter que c’est courir le risque d’impacter toute l’économie de Fontainebleau et des alentours (les 15 millions de visiteurs par an seront forcément moins nombreux après), sans même évoquer les risques pour les habitations et le développement des communes alentour. On chiffre ce qu’on économise en dépenses à court terme, mais on ne chiffre pas les pertes.

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Certes, après un incendie ça aurait coûté moins cher de.

Cela dit, le principe c’est quand même que ça n’arrive pas souvent. (quoique, avec les températures maintenant…)

Et c’est d’autant plus imprévisible quand c’est criminel (donc plusieurs départs de feu à plusieurs endroits).

Dans certains cas, le côté « profil psychologique » n’a aucune utilité: l’appât du gain, par contre… (on a déjà vu des feux déclenchés pour cette raison).

Tiens, un article sur le sujet.

On y découvre que si la majorité relative des feux est volontaire (+/- 30 %), ce sont rarement des pyromanes qui en sont à l’origine (3 à 5 % des 30 %, soit 1 à 1,5 % en gros)

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/16/incendies-derriere-les-flammes-qui-sont-les-auteurs-des-feux-de-forets_6723787_4355770.html

Le feu de Landiras en 2022, qui avait brûlé 30 000 hectares (300 km2) était d’origine humaine accidentelle (un véhicule utilitaire qui avait pris feu).